Comment atteindre l’autosuffisance alimentaire en Guinée : comparaison entre le système centralisé et le système décentralisé
[dropcap]E[/dropcap]n pratique, l’autosuffisance alimentaire est davantage un concept relatif qui se définit de façon perpétuelle selon l’évolution de la population d’un pays. Mais la conceptualisation de l’autosuffisance alimentaire le long de l’évolution d’un pays comme la Guinée peut aider à faire avancer le débat de manière plus productive et révèle qu’il existe un certain nombre de cas où la poursuite de politiques visant à accroître la production alimentaire d’un pays pour la consommation intérieure peut être bénéfique tant sur le plan économique que politique.
Qu’est-ce que l’autosuffisance alimentaire et comment la mesure-t-on?
Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’Agriculture), «le concept d’autosuffisance alimentaire s’entend généralement de la mesure dans laquelle un pays peut satisfaire ses besoins alimentaires à partir de sa propre production intérieure ».
Cette définition la plus élémentaire peut s’appliquer au niveau des individus, des pays ou des régions. Si j’applique cette définition de la FAO à la Guinée, il faut savoir que la Guinée actuelle n’est pas au niveau de subvenir à sa propre autosuffisance alimentaire, car elle compte surtout sur les pays asiatiques (l’importation du riz) pour son alimentation. Alors quels sont les remèdes palliatifs à ce phénomène? Comment la Guinée peut subvenir à son autosuffisance alimentaire?
Exemples de modèles mathématiques de la consommation alimentaire interne guinéenne
Je commence par définir les paramètres de la fonction quadratique de la consommation alimentaire interne guinéenne comme suit:
(1) Ct(I, E) = P.I2 + P.E2
Ct est la fonction de la consommation à un temps t,
I indique la production et la consommation interne guinéenne,
E indique la production externe consommée en Guinée,
P est la production intérieure et extérieure; donc la consommation alimentaire guinéenne dépend de sa production interne et externe. Par conséquent, la multiplication P x E2 constitue deux variables exogènes dont la valeur est déterminée en dehors du modèle (1) et imposée au modèle.
En revanche, la multiplication P x I2 sont deux variables endogènes dont la valeur est déterminée dans le modèle (1).
Donc, la Guinée peut définir et déterminer sa production agricole interne afin de subvenir à son autosuffisance alimentaire. Dans ce cas, la Guinée peut dans sa politique agricole se fixer des objectifs pour changer les données de sa production agricole externe. Puisque les pays Asiatiques par exemple où la Guinée importe son riz, ses pays ne demandent pas l’avis de la Guinée combien de tonnages de riz ces pays doivent produire. Ça revient à la Guinée de changer les données.
C’est dans cette idée que les économistes aiment utiliser le ‘‘Théorème de la Fonction Implicite” pour mesurer la valeur du changement d’un variable dans une équation (1).
(ii) L’équation (2) ∂Ct (I, E)/∂I es la dérivée de fonction de la consommation a un temps t par rapport à la production et la consommation interne guinéenne.
(iii) L’équation (3) ∂Ct (I, E)/∂E es la dérivée de fonction de la consommation à un temps t par rapport à la production externe consommée en Guinée. Par exemple, le riz blanc produit à l’extérieur et consommé en Guinée.
(iv) L’équation (4):
∂Ct (I, E)/∂I
∂Ct (I, E)/∂E
Est l’application direct du ‘‘Théorème de la Fonction Implicite” selon les économistes et que: ∂E/∂I = -1 a plusieurs implications et indications.
a. En ignorant le chiffre “1”, le signe négatif devant le chiffre “1” indique que la production agricole interne guinéenne décroit par rapport à la production agricole externe consommée dans le pays. Cela veut dire que la Guinée consomme plus de produits agricoles provenant de l’étranger que les produits agricoles produits en Guinée.
Une vérité qui est soutenue par la réalité, car dans le journal Guinee360 dans son article “Marché de la Tannerie: des vendeuses de la banane d’allocos se plaignent des pertes de leurs marchandises”, Nemané Guilavogui, une vendeuse d’allocos, raconte : «Actuellement, on se procure des bananes en Côte d’Ivoire parce qu’il n’ y a presque plus de banane à Nzérékoré, mais avec la crise électorale qui prévaut là-bas aussi et la fermeture des frontières, difficilement on trouve quoi revendre. Donc depuis que les élections sont passées, il y a des chauffeurs qui n’acceptent pas de transporter les fruits et ceux qui acceptent augmentent le prix du transport avec l’état des routes. Nous rencontrons d’énormes difficultés quant à l’acheminement de cette marchandise de la Côte d’Ivoire jusqu’en Guinée».
Le signe négatif devant le chiffre (1) dans l’équation (4) indique que l’exportation des produits agricoles guinéens décroit face à l’importation des produits agricoles due à la consommation guinéenne. Une réalité qui joue fortement sur la balance commerciale guinéenne, car la Guinée importe plus de produits agricoles pour sa consommation qu’elle n’en exporte. Ce qui est contraire au temps du 1er régime quand la Guinée exportait de la banane et de l’ananas, surtout en France.
b. Le signe négatif dans l’équation (4) indique que la Guinée cherche plus à ouvrir son marché et sa consommation agricole interne au monde que le monde veut des produits agricole guinéen puisque la Guinée produit très peut de denrées alimentaires exportables même dans les pays limitrophes.
Alors, comment la Guinée peut-elle subvenir à son autosuffisance alimentaire ? Il faudra d’abord signaler qu’à un moment de l’histoire post-indépendance guinéenne, le pays avait quand même atteint son autosuffisance alimentaire sous le 1er régime. Malheureusement, c’était un régime centralisé. Donc comment la Guinée a-t-elle pu attendre son autosuffisance alimentaire sous le 1er régime, mais pas dans la 4e République.
Comparaison entre le système centralisé (1er régime) et le système décentralisé (4e République)
J’affirme que pour maximiser le bien-être de la société (guinéenne), les décideurs devraient maximiser le surplus des producteurs (aussi peu qu’il y en a) plus le surplus des consommateurs guinéens. Ce qui équivaut à maximiser le bien-être total de la société guinéenne. Une fois que le bien-être total de la société guinéenne est maximisé, cela sous-entend la maximisation de la production et de la consommation agricole donc l’autosuffisance alimentaire.
En outre, par le mathématicien Français Léon Walras, dans les années 1800, pour assurer l’économie du bien-être, le(s) planificateur(s) central (centraux) devait forcer un changement dans les dotations initiales par un transfert forfaitaire. À noter que la modification des dotations initiales doit impliquer le transfert de quantités fixes d’un consommateur à l’autre (transferts forfaitaires). Tout autre type de transfert impliquerait une distorsion créant des pertes sèches. C’est-à-dire, si c’est un système centralisé, alors le planificateur central décide de transférer (diviser) la production (agricole) totale de la société à chaque individu.
(i) Système centralisé (1er régime):
Dans le 1er régime, c’est le planificateur central, le père de la nation, Camarade Sékou Touré qui décidait de la quantité de la production agricole. Pour cela, il avait militarisé (les miliciens) la société guinéenne de telle sorte que chaque individu devrait participer à la production agricole de la société. Ce système centralisé d’une part était bien puisque le guinéen était forcé de travailler et la Guinée avait atteint l’autosuffisance alimentaire.
Malheureusement, le 1er régime centralisé était communiste et socialiste. Ce type de régime demandait le travail force’ et le service communautaire.
Par exemple, lors de l’élection présidentielle passée, j’ai de très bons amis patriotes qui expliquaient à ma mère à Kissidougou comment et pour qui voter ? J’appelai un ami, pour lui féliciter pour son patriotisme et lui demanda d’aller nettoyer le marché Sogbela de Kissidougou qui n’est pas aussi sale comme le marché de Matoto pour plus montrer son patriotisme? Il me dit “Non”. Par conséquent, cet ami dira “Non” à l’actuel Président de la République si celui-ci lui demandait d’aller cultiver dans un champ de riz communautaire de la Guinée.
Donc le 1er régime communiste était mauvais puisque ça impliquait le travail force’ et le service communautaire forcé. Par conséquent, comment atteindre l’autosuffisance alimentaire dans un régime libéral de la 4e République ?
(ii) Système décentralisé (4e République)
Rappelle-toi que Léon Walras a dit que pour assurer l’économie du bien-être, le(s) planificateur(s) central (centraux) devait forcer un changement dans les dotations initiales par un transfert forfaitaire. Donc l’économie du bien-être peut être atteinte dans un régime centralisé comme dans un régime décentralisé. Dans un régime décentralisé comme les USA par exemple, le President, le Congrès et le Senat décident de taxer au taux plus élevé les riches pour subventionner les pauvres. Ils le font en transférant de quantités fixes d’un consommateur plus riche à l’autre plus pauvre, comme l’indiqua Léon Walras.
Par exemple, le Congrès et le Sénat indiquent au millionnaire Donald Trump que chaque mois, ils vont transférer (le taxer) 1 million de ses millions de dollars et subventionne’ les pauvres. Là aussi, la planification devient possible selon Léon Walras car si chaque mois, le Congrès et le Senat devrait taxer Donald Trump d’un montant d’argent variable alors sa planification et la planification en général devient difficile.
Dans le système libéral guinéen actuel, il faudra une politique soutenue au sommet de l’Etat comme dans certains pays Asiatiques (Chine, Malaysie, Singapour, Vietnam, Corée du Sud…) dans les années 1980, ces pays ont adopté une politique agricole mécanisée qui leur a permis d’arriver aujourd’hui à l’autosuffisance alimentaire.
Par ailleurs, dans un pays comme la Guinée qui s’il adoptait une politique agraire ferme, cela serait avec des conséquences. C’est dans ce cadre que certains économistes soutiennent depuis longtemps que les politiques d’autosuffisance alimentaire sont malavisées, au motif que les politiques conçues pour les soutenir sont généralement inefficaces et faussent les échanges (Naylor et Falcon, 2010, p. 710). La Guinée devrait continuer d’ouvrir davantage son marché agricole au monde tout en comptant sur sa propre production agricole pour sa consommation.
La politique agricole mettant en œuvre des restrictions commerciales, d’imposition de tarifs et les subventions au nom de l’autosuffisance alimentaire sont considérées comme des politiques dangereuses et coûteuses. La Guinée devrait seulement subventionner les agriculteurs domestiques. Donc faire de l’agriculture une activité génératrice d’emplois et de gains monétaire, comme le faisait la Côte d’Ivoire sous la Présidence de Félix Houphouët-Boigny.
Dans le cas échéant, l’opposé continuera à se produire et le signe négative restera devant la constante définie dans l’équation (4). C’est dans ce cadre que de nombreux d’économistes soutiennent que de telles politiques compromettent la sécurité alimentaire à long terme parce qu’elles bloquent les opportunités de réaliser des gains d’efficacité. Ce qui peut entraîner une baisse de la production alimentaire et des prix alimentaires plus élevés.
En tant que tel, les critiques soulignent qu’il existe un compromis direct entre l’efficacité et l’autosuffisance. Dans ce sens, un certain nombre d’études empiriques ont cherché à démontrer qu’il est plus efficace de cultiver des cultures de rapport, comme le coton, et d’importer des cultures vivrières, comme le blé, dans des pays comme le Soudan (Hassan et al., 2000). D’autres ont souligné que l’accent mis sur l’autosuffisance alimentaire au niveau national a détourné l’attention du gouvernement de la résolution des problèmes de sécurité alimentaire des ménages (Von Braun et Paulino, 1990). Cette idée va dans le sens que l’on peut cultiver quel produit agricole dans telle partie de la Guinée ? Ayant déjà identifié la fertilité des terres guinéenne depuis le 1er régime, donc l’identification des terres agraire ne pose pas de problèmes à la 4e République. De telles politiques agricoles existent aux Etats-Unis où l’on sait quoi cultiver et dans quel Etat.
Reconnaissant que la Guinée est loin d’être l’autre face du miroir des USA, comment la Guinée avec le régime libéral décentralisé de la 4e République peut atteindre l’autosuffisance alimentaire ?
Conclusion
Pour arriver à l’autosuffisance alimentaire dans le système libéral de la 4e République il faut :
a) Créer des cercles agricoles (qui se fixent des objectifs) directement rattacher à la Présidence. Ces cercles agricoles vont se fixer des objectifs qu’ils peuvent atteindre à court et long termes en augmentant la production agricole.
b) Aider les agriculteurs en association avec l’agriculture mécanisée. Le temps de l’agriculture à la daba est révolu.
c) Créer des banques qui soutiennent directement les agriculteurs. Par exemple, la “Nouvelle Banque d’Investissement” peut être reconvertie en “Banque d’Agriculture”.
En outre, il y a plusieurs autres recommandations qui peuvent être adaptées au mode de vie en Guinée et qui permettront à notre pays d’atteindre son autosuffisance alimentaire sous la 4e République.
Ibrahima Tamba YARADOUNO
Economiste
Doctorant, Professeur Adjoint d’Economie à la Wayne State University
Detroit, Michigan USA
Tamba_y@yahoo.com



Avec ton gros ventre americain et tes bretelles…LOL.
Il faut venir en guinée cultiver aux champs pour produire les denrées alimentaires.Car,on ne mange pas tes formules mathématiques américaines.Comme disent les ivoiriens,on ne mange pas de gros mots et de l’air…Il faut travailler la terre avec des moyens financiers appropriés.