[dropcap]L[/dropcap]a position adoptée par le gouvernement relative au prétendu détournement de 200 milliards de francs guinéens par la ministre de l’Enseignement technique ne plait pas au président de l’Assemblée nationale. Amadou Damaro Camara ne passe pas par quatre chemins pour exprimer sa grande déception vis-à-vis de l’attitude de l’exécutif dans cette affaire.
En novembre dernier, suite à des révélations dans la presse mettant en cause la ministre Zenab Nabaya Dramé, le gouvernement a apporté un démenti catégorique.
‘’Les allégations, sans fondement, ni preuves avérées de détournements de deniers publics par des fonctionnaires et agents de l’Etat, sont de nature à ternir l’image, la réputation, la crédibilité et la légitimité de l’institution présidentielle et du gouvernement’’, avait mentionné le Premier ministre Kassory Fofana dans un communiqué.
Le président de l’Assemblée nationale estime que le gouvernement est allé vite en besogne dans ce prétendu détournement de 200 milliards de francs guinéens.
‘’Dans cette histoire de prétendue détournement, j’avoue que je n’ai pas apprécié le communiqué du gouvernement en la matière. Le gouvernement aurait dû dire qu’il laisse la justice faire son travail. Il n’a pas à se prononcer là-dessus. Il faut que la justice nous dise de quoi il s’agit’’, a-t-il confié à Semaine po sur Evasion TV.
A la question de savoir pourquoi son institution n’a pas mis en place une commission d’enquête parlementaire sur cette affaire, l’honorable Damaro Camara répond : ‘’Nous avons la possibilité d’envoyer des commissions d’informations et d’enquêtes, mais à condition que le parquet ne se saisisse pas du problème. Dès lors que le parquet se saisit du problème, l’assemblée nationale attend les résultats’’.
Et mieux encore, détaille-t-il, ‘’même si on s’était saisis de l’affaire, en cours d’enquête, si le parquet se saisit du même dossier, nous arrêtons la procédure au niveau de l’assemblée nationale. Sinon, nous étions sur le point de lancer une commission d’informations quand le parquet a annoncé son auto-saisine’’.
Selon le patron du parlement guinéen, ‘’même si on trouvait quelque chose qui n’est pas orthodoxe dans cette affaire, c’est au parquet de juger de l’opportunité d’engager des poursuites ou pas’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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