Ultimate magazine theme for WordPress.

Ecrire comme William Sassine pour dénoncer les problématiques guinéennes

0
Soutra

[dropcap]W[/dropcap]illiam Sassine, le romancier guinéen est l’un de ceux qui a le mieux pris le pouls de la Guinée. Il écrivait sur toutes les thématiques, il dénonçait les maux du pays avec âpreté et malice à l’image de l’écrivain Voltaire il maîtrisait la satire, l’ironie et l’humour.

Dans un pays comme la Guinée où la moindre critique peut être mal interprétée il faut adopter un ton à la ‘’Sassine’’, un style décontracté mais en même temps assassin voir tueur, il faut utiliser l’humour noir pour dénoncer les problèmes en Guinée, ce n’est pas par envie ou désir de plaire qu’il faut recourir à l’ironie c’est par nécessité, car dans un pays où les mots peuvent blessés, il faut faire une perfusion pour calmer la douleur, et cette analgésique c’est la plume ironique celle qui dans des pays où la presse est scrutée berce en dénonçant.

Pour illustrer mon propos, je me rappelle encore de cette scène dans le roman le Zeheros de William Sassine où un prisonnier prend une échelle et se met à citer la sentence de ses codétenus en accompagnant d’un sourire chaque sentence. Il citait les noms et en suite leurs peines, à titre d’exemple Bangoura (pendaison) et puis il ricane, Thiam (fusillade), il ricane et ainsi de suite. Arrivé au tour de celui qui s’était fait juge, c’est tous les prisonniers qui ricanaient. C’était au camps Boiro.

Cet exemple est le résumé du style de Sassine, c’est-à-dire parler de problématiques sensibles, mais avec un ton doux, voire comique.

Il faudrait ainsi que nos écrivains et journalistes, hommes de plumes s’inspirent de William et adopte le plus souvent ce ton pour dénoncer, mais aussi se protéger surtout dans des contextes où on assiste à des points de non convergence où les opinions et les sensibilités divisent. Le rire est un épurateur, il permet de toucher sans heurter, de dénoncer sans blesser.

Les problématiques en Guinée aujourd’hui sont nombreuses tant sur des aspects politiques que sur des considérations économiques. Il faut ainsi que le quatrième pouvoir joue un rôle de contrôle mais sans enflammer la situation.

Il est très difficile d’être mesuré dans un pays où les extrémismes sont rois et où l’injustice ou son sentiment n’est pas rare chez les individus. Là encore, par une plume douce et drôle on peut essayer de panser les plaies, William Sassine avait compris la société guinéenne et il adapta son style pour trouver un échos dans cette société. Il faudrait marcher sur ses orteils…

Alseny Thiam

Soutra
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info