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Ce que je plaide pour la diaspora durant cette transition

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Soutra

[dropcap]J[/dropcap]e commence cet article par cette citation célèbre du président John F. Kennedy qui disait « ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays. »

Ma présente communication, fait suite à l’importante déclaration du 5 Septembre, 2021 de monsieur le Président du CNRD le Colonel Mamadi Doumbouya, annonçant la prise du pouvoir par l’armée.

Dans sa déclaration, il appela solennellement le peuple de Guinée à se joindre au CNRD pour bâtir ensemble une république démocratique. Il lança particulièrement un appel à la diaspora guinéenne pour jouer un rôle primordial dans cette phase critique de reconstruction de notre pays.

Et depuis mardi 14sSeptembre, le président du CNRD a initié une large concertation nationale avec toutes les couches sociopolitiques du pays. Les discours sont rassurants ! Comme pour lier les paroles à l’acte, ces gestes du président du CNRD sont hautement salutaires à savoir :

  • La libération des prisonniers politiques dès sa prise du pouvoir
  • La levée des PA installés par l’ancien régime pour museler les opposants
  • Le casernement des militaires dès après l’accomplissement de leur mission régalienne qui mit fin à la dictature de monsieur Alpha Condé
  • L’ouverture des consultations nationales en cours
  • L’abrogation du prélèvement des salaires des fonctionnaires de l’Etat

Après plus de deux décennies passées aux Etats-Unis, je décidais en 2012, après l’appel lancé à la diaspora par les autorités d’alors, de venir en Guinée pour apporter ma contribution à mon pays. Ainsi, en novembre 2012, je créais mon entreprise. Depuis près de dix ans maintenant, j’évolue dans les secteurs formel et informel.

Malgré les difficultés rencontrées à presque tous les niveaux, je peux dire que la Guinée est un vaste chantier qui a sans doute besoin des hommes et femmes qui ont un esprit d’entrepreneurs. Les opportunités sont multiples puisque tout est à construire ! Mes dix ans d’entrepreneuriat m’ont permis de tisser de bonnes relations avec des hommes d’affaires et des responsables de l’administration au plus haut niveau.

Ainsi, n’ayant pas pu participer à la rencontre au palais avec le président du CNRD, parce qu’absent du pays ; et c’est fort de mon expérience de terrain en Guinée que je plaide pour la diaspora à travers les 5 points énumérés ci-dessous :

  1. Abroger l’exigence de visa pour ceux de la diaspora qui ont la double nationalité

Pour faciliter leur voyage vers la Guinée, les compatriotes disposant d’une double citoyenneté ne doivent pas se munir d’un visa d’entrée et de sortie. Aujourd’hui, c’est tout un casse-tête pour nos compatriotes qui ne résident pas dans des villes où la Guinée dispose d’une ambassade ou d’un consulat.

Il leur faut se déplacer des centaines de kilomètres, ou dépêcher leurs passeports par courrier aux consulats les plus proches. Beaucoup de nos compatriotes perdent leurs documents dans cette procédure. D’autres ne peuvent voyager à temps pour venir au secours d’un parent gravement malade ou assister à l’enterrement d’un de leur décédé.

Cette procédure inefficace, est une perte de temps, et surtout très couteux pour nos compatriotes ! Matériellement, le coût du visa n’apporte presque rien aux caisses de l’Etat comparé à l’apport de la diaspora à travers leur transfert des capitaux vers la Guinée. Il faut donc y mettre fin à cette affaire de visa pour nos compatriotes qui ont la chance d’avoir une double nationalité !

  1. Arrêter les harcèlements au niveau de nos frontières aéroportuaires et terrestres

Même avec tous les documents en règles, nos compatriotes de la diaspora subissent des traitements parfois humiliants à leur arrivée en Guinée ; alors que les étrangers blancs ou asiatiques qui y arrivent sont vénérés. Il faut mettre fin immédiatement à ce complexe d’infériorité de nos agents en uniforme et du personnel des services de l’administration aéroportuaire ! C’est dégoutant ce qui s’y passe à ce niveau. Nos compatriotes qui arrivent en Guinée doivent avoir un traitement spécial. Ils doivent se sentir chez eux à première vue.

  1. Exiger aux banques primaires et agences de microcrédits à jouer pleinement leurs rôles

Les banques primaires et les agences de crédits pratiqueraient une discrimination flagrante envers nos compatriotes pour l’obtention des crédits de financement. Ces institutions auraient l’habitude de refuser aux guinéens les prêts nécessaires pour lancer ou accroitre leur business ; et cela même si ces demandeurs de prêts remplissaient toutes les conditions pour sécuriser leur demande. Ces institutions préféraient les étrangers blancs (européens, asiatiques, et arabes) au mépris des guinéens !

Nos compatriotes de la diaspora sont donc obligés de venir en Guinee avec leurs propres moyens, parfois dérisoires, pour commencer leur business. Par conséquent, 95% du secteur formel lucratif appartient aujourd’hui aux étrangers ; les guinéens se contentent du secteur informel aux revenues insignifiants. C’est une sorte de colonisation. Il faut mettre fin à cette combine institutionnelle immédiatement !

  1. Annuler les exigences de l’ancien régime concernant l’importation de véhicules âgés

Cette mesure des autorités est une bêtise ! Pour celui qui connait le niveau de vie du guinéen, une telle mesure n’a aucun sens ni politiquement ni économiquement. La qualité d’un véhicule ne se détermine pas par l’âge, mais plutôt par les services de maintenance du véhicule. Il faut donc mettre fin à cette décision irréfléchie.

  1. La sécurité physique et matériel

L’apport de la diaspora est immense ! Selon les statistiques, pour l’année 2018, le transfert des capitaux de la diaspora d’origine guinéenne vers la Guinée s’élevait aux environs de $150 millions ; cet apport a continué de grimper d’année en année et pourrait surpasser $300 millions par an d’ici 2030.

Une bonne partie de ces capitaux est investie dans l’immobilier. Ces maisons luxueuses sont souvent construites en haute banlieue de Conakry dans les communes de Ratoma et Matoto ; s’étendant d’ailleurs jusqu’à Dubreka et Coyah. Avec l’insécurité galopante dans ces milieux, beaucoup de nos compatriotes de la diaspora préfèrent se rendre à Dakar, Abidjan, ou Accra pour y passer leurs vacances.

La police et la gendarmerie doivent être équipées pour qu’elles jouent pleinement leur rôle et mieux sécuriser les citoyens et leurs biens. Ainsi et seulement ainsi la diaspora pourrait bien s’implémenter au pays pour apporter leurs expertises !

A bon entendeur salut. D’ici-là, merci de contribuer au débat.

Note de l’auteur : Acceptons la pluralité d’idées. Pas d’injures ; rien que d’arguments !

Elhadj Aziz Bah
Executive MBA
Consultant et chef d’entreprise
PMP/CBAP/SPC Certified
Bahsona20@gmail.com
North Carolina, USA

Soutra
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