Une patiente violée dans une clinique à Conakry : les médecins accusés interdits d’exercer la profession sur l’étendue du territoire
[dropcap]M’[/dropcap]Mah Sylla a été victime de viol dans une clinique où elle s’est rendue pour des soins. Sur son lit de malade, elle accuse des médecins de l’avoir droguée avant d’exécuter leurs sales besognes. Face au tollé que l’affaire suscite, l’ordre national des médecins de Guinée est sorti de son silence.
Le président de l’ordre national des médecins a annoncé sa constitution en qualité de partie civile, aux côtés de la victime, pour défendre l’honneur de la profession et protéger l’intérêt de la patience. “C’est avec une grande consternation que nous avons appris par voie de presse l’agression sexuelle commise sur une patiente dans un cabinet médical par des soi-disant médecins dans la banlieue de Conakry”, indique-t-il.
Le professeur Hassane Bah condamne fermement ce qu’il qualifie de ‘’comportement indigne contraire’’ à toutes les valeurs morales, ethniques et déontologiques qui régissent l’exercice de la profession médicale. Il a décidé d’interdire l’exercice de la profession sur toute l’étendue du territoire national aux médecins incriminés.
Face à la presse, il a rappelé que l’exercice de la profession médicale requiert une formation continue de 7 ans au moins et de 15 ans au plus, sanctionnée par un diplôme et une inscription au conseil de l’ordre national des médecins. Celle-ci est toujours précédée d’une enquête de moralité.
Au-delà du diplôme, souligne-t-il, l’exercice de la profession requiert de l’éthique et de la discipline, tout en insistant sur le fait que cela ne saurait être l’apanage de simples associations de médecins ou de syndicats.
Après vérification, il déclare avoir constaté que les mis en cause ne sont pas répertoriés à l’ordre national des médecins. ‘’S’agit-il de médecins, d’infirmiers, de garçons de salle, des tradipraticiens ?’’, s’interroge-t-il, estimant que la réponse est simple : ‘’Il s’agit de délinquants sexuels ayant commis un viol collectif dans l’exercice illégal de la profession médicale’’.
Le médecin légiste rappelle que le viol est crime imprescriptible, précisant que lorsqu’il est commis par un agent de santé qui profite de son ascendance et de la vulnérabilité de la victime, cela constitue une circonstance aggravante.
Pour le professeur Bah, ‘’nous ne devons nullement pas nous tromper de cible. Il ne s’agit pas d’un procès de médecins, mais celui de délinquants sexuels’’.
Il invite le ministère de la Santé à prendre ses responsabilités pour garantir à tous les guinéens des soins de qualité, dispensés par un personnel qualifié et équipé. Il demande à la justice d’application de manière stricte la loi dans toute sa rigueur.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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