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Héritage politique de Jean Marie Doré : Alfred Mathos se réclame seul et unique président légal et légitime de l’UPG

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Soutra

Une guerre de leadership oppose deux héritiers politiques de l’ancien Premier ministre Jean Marie Doré depuis des années. Si Jacques Gbonimy et ses acolytes réclament la paternité de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), un autre camp dirigé par Jean Alfred Mathos à qui VisionGuinee a donné la parole mercredi, en fait autant. Entretien.

VisionGuinee : Des bisbilles persistent depuis des années au sein de l’UPG. Dites-nous ce qui ne va pas ?

Jean Alfred Mathos : Il n’y a pas de conflit, c’est seulement une dissidence qui perdure. L’UPG est l’un des partis des premières heures qui ont agréés le 3 avril 1992 avec notre charismatique leader Jean Marie Doré et ses pairs Siradio Diallo, Bah Mamadou et Alpha Condé etc. qui à l’orée de cette démocratie qui a été amorcé par le Général Lansana Conté. Cette démocratie née, nous avons eu l’avantage d’avoir un UPG qui a eu sa place sur l’échiquier politique national, non seulement à cause de son leader mais aussi et surtout parce que l’UPG est un parti national et transversal étendu sur le tout le territoire guinéen. Il y a eu une transition sous le CNDD où les forces vives ont plébiscité notre feu leader pour présider aux destinées de la seconde phase de transition. Ce qui lui a valu d’être Premier ministre.

En acceptant d’être à ce poste, il a sacrifié son éligibilité pour se mettre au service de son pays, sinon il aurait pu être candidat à la présidentielle. Il a donc conduit la transition jusqu’en 2010 mais avant, il a été candidat à deux élections législatives et à deux élections présidentielles. A la fin de la transition, le professeur Alpha Condé a été élue. L’UPG a fait alliance avec le RPG pour aller en campagne et à la suite de cela, l’UPG a eu trois députés. Elle a composé un groupe parlementaire avec l’UFR, ils ont fait une alliance au niveau de l’Assemblée nationale. Après son décès, l’UPG et ses militants, affligés pour ne pas tomber dans les travers des anciens partis comme le PDG qui a disparu après la mort de son leader, ont essayé de nous réveiller pour remettre l’UPG sur pied.

C’est suite à cela que le congrès de 2016 a été organisé ?

Oui, il y a bien eu un congrès ordinaire en 2016, convoqué par les sages et militants de l’UPG. J’étais loin de m’imaginer que j’allais être le président élu. Ce congrès m’a porté à la tête de l’UPG. Il y a eu des dissidences, mais tout le monde a appelé au respect du testament politique de feu Jean Marie Doré. Par la suite, nous avons participé aux élections communales et cela nous a permis d’ avoir des conseillers communaux dans des districts et un maire à Gouécké. Nous ne sommes pas satisfaits des résultats des communales. Nous avons convoqué un congrès extraordinaire pour faire le point en 2018.

Entretemps, j’ai perdu mon épouse, j’ai donc essayé de faire reporter ce congrès extraordinaire, puisqu’il n’y avait pas d’urgence à l’organiser. A ma grande surprise, ce congrès extraordinaire s’est transformé en congrès électif alors que nos textes fondamentaux, les statuts et le règlement intérieur du parti sont clairs là-dessus. Il fallait que le quorum soit atteint, on a fait un constat d’huissier qui a relevé que le quorum n’a pas été atteint. Dans notre stratégie et dans le testament politique de feu Jean Marie Doré, on s’est dit que mieux vaut unir que de diviser. C’est pourquoi, nous avons essayé de faire une réunion de médiation. La famille biologique de Jean Marie Doré, à sa tête le Révérend Monseigneur Togna Doré, nous a appelés à plusieurs réunions pour demander au bureau politique de se réunir afin de laver le linge sale en famille. Jacques Gbonimy a été invité mais il n’a pas répondu à l’invitation.

Quelle a été la suite de cette médiation ?

Pendant près de deux ans, la commission de médiation a essayé de nous mettre ensemble. Malheureusement ça n’a pas marché. Alors que l’UPG réglait ses problèmes internes, les autres continuaient à affûter les armes. Finalement, on a retenu les dates du 17 et 18 décembre 2021 pour organiser un congrès ordinaire de consensus, en bonne et due forme même M. Jacques Gbonimy a été invité à ce congrès. Pour nous en démocratie il n’y a pas l’unanimité, c’est la majorité qui compte. Le congrès s’est déroulé dans les règles de l’art et on a mis en place un bureau de 41 membres. Le camp de M. Gbonimy a choisi l’option d’aller à l’ANAD. Or, selon la ligne politique du testament politique de Jean Marie Doré, c’est le bureau politique dans son ensemble et l’assemblée de nos militants qui décident de la ligne à suite. Il a essayé de prospérer dans l’ANAD avec les fortunes diverses. Il y a des coïncidences qui interpellent. Quand il est allé à l’ANAD à l’orée des élections, l’ANAD n’a pas participé aux législatives. Il a présenté des candidats pour le CNT, cela n’a pas prospéré. C’est après cela qu’il démissionne de l’ANAD.

Malgré tout, la crise perdure à l’UPG… 

Sincèrement, pour sa carrière politique, l’UPG n’est pas concernée. Nous avons transmis le rapport du congrès conformément à la charte des partis politique. Le ministre de l’administration nous a répondu. Dans sa lettre, il nous a félicités pour la tenue du congrès et dit qu’il attache du prix aux congrès pour que les partis prennent l’exemple sur l’UPG. Par la suite, il s’est dédit dans les médias. Sur le plan juridique, c’est celui qui écrit qui doit contester mais jusqu’à présent, on n’a reçu aucune contestation. Mieux il nous a reçus en audience. Il a dit que le testament de Jean Marie Doré dépasse même l’UPG, c’est un testament pour tous les guinéens et qu’on n’a pas le droit de le laisser s’effriter. L’UPG est membre du collectif des partis pour l’alternance qui a pour mot d’ordre le changement de génération politique.

Au même moment Jacques Gbonimy se réclame seul et unique président de l’UPG…

C’est un bicéphalisme qui ne dit pas son nom. Dans un parti vous avez deux mots d’ordre : la légitimité et la légalité. Cette légalité, nous l’avons.  La légitimité, on a prouvé à suffisance que tous les militants de toutes les régions de la Guinée sont venus à cette réunion. Nous sommes en train de préparer nos tournées pour asseoir nos militants dans les différents organes de notre parti.  L’UPG est loin de disparaître de l’échiquier national. Ce n’est pas des émotions même de Jean Alfred que je suis ou d’une tierce personne qui vont faire disparaitre l’UPG. Comme le disait Jean Marie Doré, personne n’a le titre foncier, encore moins la destinée de l’UPG. Il a fait un congrès extraordinaire, on a fait un congrès ordinaire. En principe, c’est le dernier qui a valeur de loi. Le ministre nous a répondu et jusqu’à date, ce congrès est celui qui prévaut.

Dans un train, il y a des gares, certains descendent, d’autres montent. Nous considérons que Jacques Gbonimy est descendu du train ,mais le train de l’UPG est en train de continuer. S’il veut monter il n’y a aucun problème. Nous pouvons être ensemble et avoir des différences. Il était à l’ANAD, il a quitté cette entité. Aujourd’hui, il veut prospérer dans un UPG qui ne dit pas son nom. Pour nous, son UPG est hors-la-loi. Son camp est illégal et illégitime. Ce n’est pas une querelle de personnes. Il y a qu’un seul parti UPG. Les attributs d’un parti, ce sont le siège, les militants et les textes fondamentaux. Nous sommes au siège et pas n’importe lequel, c’est le siège qui a été donné par feu Jean Marie Doré dont la succession continue à respecter ses vœux. Jacques Gbonimy utilise des médias pour dire qu’il est à Kaporo, il fait des injonctions extrajudiciaires.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info  

00224 628 52 64 04/abdoulbela224@gmail.com

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