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L’exil du président Cellou Dalein Diallo et l’avenir de l’UFDG (opinion)

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Soutra

Le principal parti politique d’opposition au régime d’Alpha Condé est-il sur le point de disparaître du paysage politique guinéen. Tout semble l’indiquer car il y a de signes qui ne trompent pas.

Aujourd’hui, même adossé au FNDC ou au sein de l’ANAD, la voix de l’UFDG ne semble plus audible comme elle l’a été depuis plus d’une décennie. Cette réduction au silence a commencé à la veille du projet de modification de la constitution pour le troisième mandat d’Alpha Condé prôné par le RPG et auquel le parti était farouchement opposé. Depuis, les manifestations de l’UFDG ont été étouffées dans l’œuf et son président bloqué dans son domicile sans possibilité de rejoindre les manifestants.

La décision de l’UFDG de ne pas participer aux scrutins législatif et référendaire du 22 mars 2020 a eu pour conséquence la disparition du parti à l’Assemblée Nationale et la perte de sa force parlementaire de 37 députés. Cette situation combinée à celle d’une longue opposition infructueuse a eu pour effet la démotivation de beaucoup de ses cadres privés de la seule retombée financière qui leur restait. Peu à peu, ils ont commencé à déserter le parti pour aller voir ailleurs et notamment du côté du parti au pouvoir. Pour illustrer l’ampleur des dégâts financiers causés par l’absence de l’UFDG à l’Assemblée Nationale, il faut savoir qu’avec 37 députés à raison de 15 millions mensuel d’indemnité parlementaire, ce n’est pas moins de 33,3 milliards de francs guinéens de manque à gagner en une législature.

Le renversement du régime d’Alpha Condé le 05 septembre 2021 par une junte militaire avait suscité une lueur d’espoir au sein du parti. Malheureusement, la joie n’a été que de courte durée. En effet, depuis quelques mois, l’UFDG et son président est la cible principale du régime militaire de Conakry. Le premier point d’accrochage a été le déguerpissement de Cellou Dalein Diallo de son domicile privé de Dixinn suivi de la démolition de la maison.

Par ailleurs, depuis quelques jours, le président de l’UFDG est accusé par la CRIEF (Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières) de détournements de deniers publics, de corruption d’agents publics et d’enrichissement illicite dans l’affaire de la privation de Air Guinée au préjudice de l’Etat guinéen pour un montant de 5 millions de dollars. Convoqué par la CRIEF le 15 juillet 2022 pour répondre de ces faits, le président Cellou Dalein ne s’est jamais présenté. Aujourd’hui, le simple fait de ne pas répondre à une convocation de la justice guinéenne, contraint le président Cellou Dalein à vivre en exil forcé.

La question qui se pose est de savoir si de son exil, le président de l’UFDG est encore capable de continuer à diriger le parti au regard de ses ennuis judiciaires et des enjeux électoraux en perspective. La réponse est clairement non. En effet, s’il rentre en Guinée, c’est la case prison pour le simple fait de n’avoir pas répondu à une convocation de la justice. En ensuite s’en suivra un procès et d’une condamnation certaine (on sait comment ça se passe !). Une fois condamné, il est de facto disqualifié pour l’élection présidentielle. Et c’est la mort certaine de l’UFDG.

Toutefois, ce scénario catastrophe peut être évité si le président de l’UFDG accepte de prendre une décision courageuse et responsable pour l’intérêt supérieur de son parti : se faire remplacer à tête de l’UFDG (ne serait-ce que provisoirement le temps que la tempête s’éloigne).

Se faire remplacer oui, mais pas par n’importe qui ? Et surtout pas par ceux qui ont encore plus de choses (supposées ou réelles) à se reprocher. À mon humble avis, le seul responsable de l’UFDG qui puisse remplacer valablement Cellou Dalein Diallo à la présidence du parti est son Secrétaire Général en la personne de Aliou Condé.

Parce que tout d’abord, sur le plan de la compétence et la maitrise des dossiers, il est celui qui se détache nettement du lot. Ensuite, sur sa constance et sa fidélité à son parti, il est totalement irréprochable. Il est également celui qui, contrairement à d’autres, ne prône jamais des discours de violence, de haine ou de rejet de l’autre.

Aussi, Il n’a pas « vendu » la compagnie Air Guinée, l’Usine Fria, les rails de chemin de fer ou je ne sais quoi d’autre.

Et enfin, comme si c’était un tort, il n’est pas DIALLO.

À bon entendeur salut !

Abdoul Diaïla BAH
Liège, Belgique
abdoul.diaila@gmail.com

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