La CRIEF découvre des ‘’montants faramineux’’ sur les comptes de Sylla Bill Gates : ‘’Comment a-t-il amassé une telle fortune ?’’
Alors qu’il croupit à la maison centrale de Conakry, le fondateur du groupe Djoma est dans le viseurs de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le procureur spécial Aly Touré et son équipe continuent de passer au peigne fin les comptes bancaires de l’ancien intendant général du président Alpha Condé.
Ce mercredi, en conférence de presse, la substitut du procureur du procureur près la CRIEF a rappelé que le patron du groupes Djoma a été inculpté et placé sous mandat de dépôt le 3 novembre 2022 à la maison centrale de Conakry pour des ‘’faits présumés de corruption, dans le secteur privé, détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écriture publique, vol en bandes organisées, recèle de fonds publics, enrichissement illicite, concussion, abus d’autorité, blanchiment de capitaux et complicité’’.
Justifiant les poursuites contre l’ancien intendant général, Joséphine Loly Tinkiano rappelle que ‘’M. Kabinet Sylla a bénéficié d’un décret le 4 février 2014 le nommant au poste d’intendant de la présidence de la République pour un salaire de 6 601 000 GNF. Avant sa nomination, il n’avait qu’une seule société de commerce générale dénommée Business Marketing International. Elle a été créée en 2010. Pourtant, à partir de 2014, pendant qu’il était aux affaires, en sa qualité d’agent public, trois autres entités de Djoma ont vu jour. C’est notamment Djoma SA, Djoma Logistique SA, et Djoma Groupe SA qui ont vu le jour en 2016’’.
‘’Étant le seul actionnaire, d’où viennent les fonds ? Comment a-t-il amassé une telle fortune ?’’, se demande-t-elle avant d’estimer que ‘’c’est incompatible. Avec sa fonction d’intendant général et en sa qualité d’agent public, il n’a pas la possibilité de créer au même moment des entités privées. Mieux, cela est contraire aux dispositions des articles 650 et 651 du code pénal. Sur les comptes en banque de toutes ces sociétés citées ci-haut, on retrouve des montants en dollars, euros et plusieurs montants faramineux qui aujourd’hui font l’objet de saisie conservatoire’’.
Montants incriminés ?
Joséphine Loly Tinkiano dévoile les montants découverts sur comptes bancaires de celui qui se fait appeler Bill Gates.
‘’Sur le compte personnel de M. Kabinet Sylla Bill Gates, des remises de chèques de 3 milliards 348 millions 749 mille 923 GNF ont été trouvées. Des dépôts de chèques à l’encaissement, il y a 212 millions 500 mille GNF. Aussi, il y a des dépôts en espèces de 2 milliards 136 millions 588 mille GNF, divers virements de compte à compte à hauteur de 8 milliards 717 millions 806 mille 741 GNF, des transferts de fonds notamment à la BCRG de 10 milliards 876 millions 251 mille 856 GNF, des transferts de fonds avec des donneurs d’ordre identifiés de 38 milliards 673 millions 275 mille 526 GNF et des interfaces transactions de 16 milliards 040 millions 316 mille 017 GNF’’, énumère-t-elle.
Sur son compte en dollars, poursuit-elle, ‘’il y a des versements de fonds en espèces de 4 millions de dollars, des transferts de fonds reçus de 16 392 236 dollars, des interfaces transactions de 34 millions 981 409,45 de dollars’’.
Sur son compte en euros, la substitut du procureur spécial près la CRIEF révèle qu’il ‘’y a des transferts de fonds effectués par deux personnes morales dont 5078,400 euros et 9 000 euros, des interfaces transactions de 10 188,87 euros’’.
Sur le compte de la société Djoma Logistique, elle souligne que des ‘’transferts de fonds reçus de 32 milliards 921 millions 486 mille 694 GNF ainsi que des versements en espèces de 677 millions 373 mille 973 GNF.
‘’Le compte en devises précisément en dollars, intitulé Djoma Logistique SA, a enregistré un retrait le 6 septembre 2021 d’un million de dollars en faveur de Mohamed Diané, ancien ministre de la défense nationale actuellement en détention’’, précise-t-elle.
Elle affirme que ‘’ces montants ont été retrouvés sur des comptes qui sont domiciliés dans des banques nationales dont on se réserve le droit de dévoiler. Les personnes morales et physiques qui ont effectué toutes ces transactions ont été identifiées. Tous ces éléments factuels ont été mis à la disposition de la chambre d’’instruction’’.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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