Dès sa prise du pouvoir, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a mis en branle son arsenal judicaire pour traquer les biens mal acquis. Une situation qui a conduit plusieurs anciens hauts responsables de l’Etat en prison et d’autres en exil.
Au nom de la paix, la justice doit-elle être clémente ? Le président du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) refuse de militer en faveur de la flexibilité de la justice pour ramener tous les leaders autour de la table.
‘’Aujourd’hui, tout le problème, c’est la justice. Est-ce que l’Etat peut demander à la justice de surseoir à tout acte judiciaire ? Cela dépend de l’État, de la justice et de ce que les guinéens veulent faire de la justice dans ce pays. Tout est bon pour la paix. Mais, si on renonce à ça aujourd’hui, ceux qui nous gouvernent seront capables de tous les abus, parce qu’ils savent que demain, ça sera la même chose. Il faut éviter que l’injustice continue au nom de la paix’’, estime Lansana Kouyaté.
L’ancien Premier ministre assure que les affaires judiciaires doivent être dissociées des questions politiques. ‘’Je ne suis contre personne. Mais, si nous voulons que la justice soit séparée de l’État, on doit marcher droit dans nos bottes’’, souligne-t-il, précisant que de ‘’nos jours, il y a des gens qui ont fait 14 ans de prison en Guinée sans jugement. Ce sont ceux qui nous gouvernent qui sont en train de les juger. Pourtant, 14 ans c’est la moitié de la vie de certains. Alors, il faut savoir ce qu’on veut pour ce pays’’.
Et d’enseigner : ‘’On doit savoir que la justice est la meilleure garantie de la paix. Il faut que cela soit clair. Est-ce que la paix est possible avec l’injustice ? Le problème de la Guinée, c’est quand la justice va commencer. Pourtant, la justice doit être au cœur de l’action des guinéens’’.
Aissatou DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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