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Procès du 28 septembre : le témoignage poignant de Ousmane Diallo sur le massacre au stade de Conakry

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Soutra

Comme ses prédécesseurs, l’opportunité est offerte à Ousmane Diallo ans de raconter son vécu le 28 septembre 2009. Ce natif de Pita, âgé de 50 ans, dit avoir été victime de coups et blessures volontaires. 

Retraçant son trajet allant de son domicile à Bambéto jusqu’au stade du 28 septembre, ce tailleur de profession a indiqué qu’il était avec d’autres manifestants à la tribune ouverte du stade plus connue sous le nom de Sahara. 

“C’est là que nous avons trouvé où rester. Toutes les places étaient occupées et j’ai dû grimper le mur avec d’autres personnes pour nous asseoir”, souligne-t-il. 

Ousmane Diallo précise avoir vu un bus à bord duquel il y avait des civils. “Le bus nous a dépassés au portail et allé, il me semble, débarquer près du stade après le palais des sports puisqu’à son retour, nous l’avons croisé et il n’y avait personne à bord”.

“On était assis sur le mur pour observer ce qui se passe. Des gens dansaient sur la pelouse, d’autres priaient, la tribune était pleine, on attendait que les leaders commencent à s’exprimer. D’ailleurs, on ne pouvait entendre ce qui devait se dire parce que on était loin. Un instant après, d’autres leaders sont entrés. Entre-temps, les discours ont commencé. C’est ainsi que j’ai entendu des coups de feu. J’ai regardé de gauche à droite, ça tirait de partout. J’ai constaté que le stade était entouré d’hommes en tenue, tous les corps y étaient. C’est est seulement la douane que je n’ai pas vu sur place”, ajoute M. Diallo. 

Avant de poursuivre : “Après avoir entendu les crépitements d’armes, j’ai eu l’intuition de descendre vers l’arrière, mais j’ai réalisé que beaucoup descendaient dans le stade. J’ai donc suivi la foule. Vers le palais des sports, j’ai aperçu une centaine de personnes arriver, ils étaient mélangés. Au moment où je descendaisw j’ai vu quelqu’un habillé en jacket qui n’est pas une jacket militaire. Il a ouvert la poche de sa jacket pour sortir un couteau pour poignarder un autre qui était là-bas. Tout le monde était déjà descendu. On pouvait compter plus de 500 personnes alignées devant une porte qui ne fait pas un mètre pour tenter de sortir. Moi aussi, je me suis précipité par là. Ce n’était pas facile de sortir, mais j’ai pu sortir”.

“Celui que j’avais vu prendre un coup de poignard ne pouvait pas survivre, ses amis le transportaient mais ses intestins étaient visibles. Dieu a fait que je suis sorti et c’est là que quelqu’un m’a infligé un violent coup dans le dos. Toute personne qui sortait recevait un coup. Je suis tombé dans un trou et j’ai eu une blessure au pied. Nous qui étions sortis ensemble, nous avons pris la tangente vers la cour qui délimite Marocana et l’autoroute. Des gens nous infligaient des coups là aussi quand on tentait d’escalader ce mur. Nous sommes partis vers le carrefour Pharma Guinée où nous avons trouvé des agents en tenues mais qui nous ne ont pas frappés. Ils nous en revanche demandé d’aller vers unr ruelle. On était blessés. Il était 13h et quelques, on marchait. Quand nous avons constaté la présence d’un hélicoptère qui survolait la zone, on avait tellement peur”, raconte-t-il. 

Ayant porté plainte pour coups et blessures volontaires, il dit n’être arrivé chez lui qu’aux environs de 16h. “J’étais à jeûne ce jour et quand suis arrivé, toute ma famille s’est mise à pleurer. J’ai eu des premiers soins, mais je ne pouvais pas aller dans une clinique parce que le quartier était impraticable”.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info

00224 628 52 64 04/abdoulbela224@gmail.com

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