Une victime du 28 septembre garde encore les séquelles : ‘’Jusqu’aujourd’hui, ma femme n’ose pas voir un béret rouge’’
Présent au stade lors du massacre en 2009, l’ancien député sous les couleurs de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dont la femme a été blessée au stade, livre ce mardi sa version des faits sur ces douloureux évènements qui ont endeuillé une centaine de familles.
‘’Dr Keita, confirmez-vous vos propos selon lesquels vous ne commentez pas les on-dit ?’’, demande l’un des avocats du colonel Tiègboro.
‘’Non ! Je ne commente pas les on-dit. En dehors de ce que mon épouse m’a raconté, non !’’, répond Ben Youssouf Keita.
‘’Comment qualifiez-vous ce que votre épouse vous a dit ? Ce quelqu’un d’autre qui vous a dit ou c’est vous-même qui avez vu ?’’, questionne l’avocat.
‘’J’ai vu ma femme blessée. J’ai constaté la plaie. Ensuite, elle m’a raconté son calvaire. J’ai vu la sincérité dans ce qu’elle disait. Personne d’autre ne m’a raconté ce que ma femme a subi. C’est elle qui m’a raconté son calvaire. Elle n’ose pas voir un béret rouge jusqu’aujourd’hui’’, réagit-il.
‘’Pourquoi n’avez-vous pas pris des précautions de mettre les propos de votre épouse au conditionnel ?’’, cherche à savoir Me Jean Moussa Sovogui.
‘’Non ! Parce que je lui fais totalement confiance. Elle a failli donner sa vie pour moi. C’est pourquoi, je dis que je ne pourrais jamais la remercier. Je la fais plus confiance que moi-même. Mon épouse, c’est mon autre moitié. Donc, c’est moi-même’’, assure l’ancien député.
Mais, insiste l’homme en robe noire, à cette audience, ‘’vous confirmez que vous n’avez pas vu. Tout ça vous a été rapporté’’. A cette remarque de l’avocat, l’homme politique répond : ‘’J’ai vu ma femme blessée. Et jusqu’à présent, elle porte les stigmates. Allez dans les rapports de Humains Right Watch, vous y trouverez ses déclarations et ses photos’’.
‘’Savez-vous que vous ne la représentez pas ici ?’’, lui demande-t-il encore. ‘’Absolument, pas du tout ! ‘’, réagit l’ex-parlementaire.
‘’Comment expliquez-vous que le colonel Moussa Tiègboro Camara puisse sauver certains leaders et qu’il puisse refuser d’en faire autant pour votre épouse ?’’, enchaine Maitre Sovogui. ‘’C’est là mon incompréhension. En période de danger, ce qui est recommandé, c’est d’abord de sauver les enfants et les femmes. Pour les hommes, c’est chacun pour soi, Dieu pour tous. Comment peut-on sauver les hommes et être aussi cruel avec une femme sans défense ? Elle s’est agrippée à elle. Le colonel est là, c’est un musulman. S’il se souvient, sa tenue portait du sang. C’est celui de Mme Keita’’, fait remarquer le président du parti Alliance pour le changement et le progrès (ACP).
‘’Savez-vous que le colonel conteste tout ça. C’est pourquoi, il sollicite la comparution de votre épouse ?’’, renchérit l’avocat. ‘’Elle est en France. Il n’y a pas de problème. Si l’auguste cour décide de contacter les autorités françaises parce qu’elle est sous leur protectorat, elle viendra. Pourquoi pas ? Pourvu qu’il n’y ait pas de bérets rouges’’, conditionne-t-il.
‘’Est-ce que tout ce que votre épouse raconte ressemble au colonel Tiègboro ? Est-ce qu’elle ne s’est pas trompée de personne ?’’, insiste l’avocat. ‘’Non ! Elle ne s’est pas du tout trompée de personne. Absolument pas ! Je peux donner ma tête à couper pour ça’’, assure-t-il.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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