A un an de la fin de la transition en Guinée des voix s’élèvent pour crier à hue et à dia que la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) est un modèle désuet. Cependant, tout observateur indépendant pourrait certainement arriver à une conclusion différente en faisant un peu de recherche sur la modalité des élections en vigueur dans le monde entier.
Des 224 pays recensés par l’organisation ACE, projet lien en dessous, (https://aceproject.org/index-fr?set_language=fr), il ressort que ce modèle est dominant, y compris dans des pays comme l’Arménie, la Bosnie et Herzégovine, le Burkina Faso, le Canada, le Costa Rica, l’Estonie, la Géorgie, l’Inde, l’Indonésie, le Liberia, Mauritius, le Nigeria, la Pologne, l’Afrique du Sud, la Thaïlande et l’Uruguay pour ne citer que ceux-là.
En Afrique, ce phénomène a vu le jour suite aux évènements des révoltes des années 1990. En effet, les premiers changements de régimes politiques africains n’ont eu lieu que pendant les années 1990, soit trente ans après l’accession de nos pays à l’indépendance politique suite à la décolonisation des années 1960.
L’absence de démocratie sur le continent africain se reflétait principalement dans l’absence de changement des régimes politiques et le renouvellement régulier de la classe politique et de nos élites. Une des causes principale de cet état de fait, était liée à l’échec des organismes officiels chargés de l’organisation des élections, notamment les ministères de l’Intérieur des pays Francophones, qui n’inspiraient plus confiance dans la gestion transparente et équitable des élections.
L’ouverture démocratique des années 1990 a donc été caractérisée par la création d’organismes chargés de conduire les processus électoraux avec un certain degré d’indépendance. Au fait, les commissions électorales africaines appartenant au modèle indépendant constituent une nette majorité des commissions électorales du continent selon une étude de l’Universite d’ Oxford en Angleterre.[1] Ce modèle est de mise dans la majorité des pays du monde.
Il est donc aberrant que le bureau d’étude du Ministère de l’Administration du Territoire en Guinée n’a pas produit un document qui reflète cette réalité avant de faire publier un arrêté ministériel, et faire une déclaration que dans le monde entier le modèle d’une commission électorale indépendante n’existe pas. Nous devons faire mieux. Dans le monde d’aujourd’hui, l’information est au bout du doigt.
J’espère qu’ils vont revoir leur copie
Pour une Guinée unie et prospère.
Prêt à servir, pas se servir
Dr Abdoulaye Bah
Professeur d’Université aux États Unis, Ret.
Ancien chef de Chaire du Département des Sciences Sociales et Comportementales
Directeur, Centre pour la santé Comportementale et la Résilience
Université de Lincoln
Jefferson City, Missouri USA
Columbia, MO USA
[1] https://oxfordre.com/politics/display/10.1093/acrefore/9780190228637.001.0001/acrefore-9780190228637-e-987

