Procès du 28 septembre, Maitre Sidiki Bérété se moque du procureur : ‘’il croit que c’est en pleurant qu’il va avoir la condamnation des accusés’’
Dans ses plaidoiries, l’avocat Sidiki Bérété n’a pas fait de cadeau au substitut du procureur Sidiki Camara, qui a fondu en larmes le mercredi 22 mai en évoquant la mésaventure d’une femme victime enlevée au stade du 28 septembre et violée pendant une semaine.
Dans son réquisitoire, le procureur Sidiki Camara a demandé au juge Ibrahima Sory 2 Tounkara d’avoir une pensée pour une femme victime de viol suite aux évènements du 28 septembre.
‘’C’est une femme que je veux nommer O.K. Elle a été victime de viol. Quand on a annoncé la manifestation du 28 septembre, elle était nourrice. Son enfant n’avait que trois semaines, elle a confié son enfant à sa voisine. L’enthousiasme et l’euphorie qui l’ont amenée au stade. Arrivée au stade, elle a été enlevée et conduite dans un endroit où jusqu’ici, elle ne peut pas reconnaitre’’, raconte-t-il.
‘’Cette femme, M. le président, a été violée pendant une semaine, enchainée et les yeux bandés. Son bourreau sortait pour partir se soûler la gueule et revenait la violer. Il l’a retenue pendant une semaine. Il est allé la jeter à Bambeto. Une bonne âme a pris cette femme pour l’envoyer à Cosa. Elle a été atteinte du SIDA. Son mari l’a renvoyée, ses parents l’ont renvoyée. Cette femme est dans la rue’’, souligne le substitut du procureur, avant d’éclater en sanglots.
Ce mardi 28 mai, s’exprimant devant le tribunal, Maitre Sidiki Bérété devrait chercher des preuves au lieu de verser des larmes. ‘’J’ai vu un grand procureur qui est noble, qui est pieux, qui est venu pleurer pour les victimes ici. Il croit que c’est en pleurant qu’il va avoir la condamnation des accusés’’, martèle-t-il.
‘’Continuez à pleurer, il ne faut pas démontrer. Marcel a fait 14 ans de détention arbitraire, vous n’avez pas pleuré. Il a perdu sa maison. Si vous pleurez, qui va nous juger ?’’, demande-t-il au parquet, avant d’insister sur le fait qu’il ‘’n’est pas là pour pleurer. Il est là pour asseoir à charge ou décharge les infractions. Il fallait juste rejoindre la partie civile. Je pouvais comprendre si le grand DS pleurait. Vous, vous êtes là pour requérir, à charge ou à décharge, libérer les innocents. C’est ça le ministère public’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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