Rentrée scolaire le 15 septembre : des parents d’élèves plaident pour un report en raison de la conjoncture économique difficile
Le ministère de l’enseignement pré-universitaire a annoncé que la rentrée scolaire 2025-2026 aura lieu le 15 septembre. Cette décision a suscité une vague de mécontentement parmi de nombreux parents d’élèves, qui jugent cette date trop proche et réclament un report au 3 octobre pour mieux se préparer.
Interrogés par VisionGuinee, plusieurs parents ont exprimé leurs craintes quant à leur capacité à assumer les frais de scolarité et l’achat des fournitures à une date aussi rapprochée.
Alseny Soumah, agent de sécurité et père de trois enfants, a souligné que ‘’la date du 15 septembre ne m’arrange pas. Comment se démerder pour acheter des fournitures scolaires et payer leur scolarité ? Que le ministère de l’enseignement pré-universitaire reporte l’ouverture des classes au 3 octobre prochain pour permettre aux parents d’élèves de mieux se préparer. C’est à cette date qu’habituellement, la rentrée scolaire a lieu. La conjoncture économique est difficile. Les choses ne font que se compliquer’’.
Mamadou Aliou Barry, père de quatre enfants scolarisés dans le privé, abonde dans le même sens. Il assure que ‘’le gouvernement lui-même sait que la rentrée du 15 septembre n’arrange pas les parents d’élèves. De notre temps, quand nous étions à l’école, c’était le 3 octobre. Avec une rentrée le 15 septembre, je ne sais pas comment faire pour acheter les fournitures scolaires cette année’’.
Au-delà des considérations financières, certains parents évoquent les risques liés aux grandes pluies.
Pour Alseny Soumah, en septembre, ‘’nous sommes dans la période des grandes pluies. Avec les pluies diluviennes qui s’abattent un peu partout dans le pays, pourquoi prendre le risque de demander aux enfants de reprendre le chemin des classes ? Si quelque chose arrive aux enfants, le gouvernement se contentera de présenter des condoléances’’.
Mamadou Aliou Barry précise que ‘’les écoles privées nous font payer par trimestre ; cela veut dire que nous devons payer pour le mois de septembre. Ils savent qu’il n’y a pas assez d’écoles publiques. Avec l’ouverture du 15 septembre, le gouvernement favorise les fondateurs d’écoles au détriment de la population’’.
Alpha Diallo, père de cinq enfants, soutient l’ouverture des classes le 15 septembre ‘’ne nous arrange pas. Avec la conjoncture que nous vivons actuellement, nous ne pourrons pas payer le mois de septembre. Le gouvernement peut respecter sa décision, mais cela n’arrange pas les parents d’élèves’’.
De son côté, Alhassane Barry, conducteur de taxi-moto, fait remarquer que ‘’les autorités elles-mêmes savent que les pluies de cette année ont tué beaucoup de nos compatriotes. Nous n’avons donc pas assez travaillé. Nos dirigeants savent que ce sont les écoles privées qui sont les plus nombreuses et que quand ton enfant va à l’école et que tu ne paies pas, il sera renvoyé jusqu’à ce que tu payes sa scolarité’’.
Il demande aux ‘’autorités guinéennes de repousser la rentrée jusqu’en octobre pour que nous puissions travailler un peu le mois de septembre afin d’être prêts. Après la fête d’indépendance, nous pourrons amener nos enfants à l’école’’.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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