Dans une interview accordée à VisionGuinee ce mercredi 27 août, Abdoulaye Kourouma, président du Rassemblement pour la renaissance et le développement (RRD), n’a pas mâché ses mots. L’ancien député a livré une analyse cinglante de la situation politique et économique du pays, pointant du doigt les défaillances du gouvernement dirigé par Bah Oury et remettant en question la légitimité du récent remaniement ministériel.
VisionGuinee : On a récemment assisté à un remaniement ministériel. Comment l’analysez-vous ?
Abdoulaye Kourouma : Le décret est un pouvoir discrétionnaire d’un président ou d’un chef de l’État. C’est lui qui sait à qui confier quelle responsabilité. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que ce remaniement ministériel visait simplement à donner une place à certaines personnes qui ont accepté de signer ou d’accepter un accord avec eux, parce qu’il n’y a pas eu grand-chose : uniquement des entrants et des départements scindés en deux. Ce qu’il faut noter, et c’est ce que tous les Guinéens ont remarqué.
L’essentiel, c’est de créer un dialogue inclusif pour que les Guinéens puissent se parler, afin de poursuivre le développement amorcé depuis l’indépendance.
Le pays traverse une crise de liquidités depuis des mois. Quelle analyse faites-vous ?
Là, j’accuse le chef du gouvernement de jouer véritablement au profane. Non seulement il est Premier ministre, mais en plus il est banquier, car il a commencé sa carrière à la banque.
Je ne peux pas comprendre qu’un Premier ministre qui se dit banquier, et le gouverneur de la Banque centrale, siègent tous deux au Conseil des ministres sans être capables de trouver une solution en interne.
Le Premier ministre se met à répondre aux questions des journalistes comme s’il faisait un débat dans un café, sur des sujets liés à l’évolution de notre pays. Ce sont des questions qui peuvent même humilier, désacraliser le pouvoir et mettre à nu la faiblesse de l’État.
Tout le monde sait qu’il y a une crise de confiance entre les banques primaires et la Banque centrale. Il fallait immédiatement dire au gouverneur que la Banque centrale n’est pas une banque de recettes. Il avait commencé à imposer des intérêts sur les dépôts déplacés.
De plus, il y a eu un emprunt obligatoire sur les réserves des banques primaires. Il fallait chercher la cause de la crise et la régler en interne, au lieu d’aller à la radio répéter que « l’impression de billets n’est pas la solution ». Ce sont des débats qui se traitent à l’interne dans un gouvernement normal.
C’est le lieu de dire que le gouvernement a échoué. Il a échoué sur tous les plans. Il a échoué à unir la Guinée, il a échoué à réformer de nombreux secteurs. Ce gouvernement n’a pas lieu d’être.
Aujourd’hui, la crise de liquidités n’est plus seulement un problème de la Banque centrale. C’est un problème de gouvernance. C’est une incapacité du gouvernement. Le pôle financier est impliqué : il y a le Trésor public, le budget, le ministère des finances, les acteurs économiques, c’est-à-dire les opérateurs privés. Tout le monde est concerné. Les guinéens se souviennent des emprunts obligatoires sur les réserves des banques primaires. Les causes sont multiples.
Pour moi, il faut mettre en place un gouvernement capable de trouver des solutions aux problèmes des guinéens. Le gouvernement actuel n’est pas à la hauteur. La crise risque de s’étendre à plusieurs domaines.
Est-ce qu’un Premier ministre peut aller s’exprimer à la radio sur les causes d’une crise ? Ce sont des choses à traiter en interne pour trouver des solutions. Cela montre qu’il n’y a pas de communication : chacun fait et dit ce qu’il veut. Et ce sont les Guinéens qui en paient le prix. C’est regrettable.
Les Forces vives ont appelé à des manifestations à partir du 5 septembre prochain. Pensez-vous que c’est la bonne solution ?
C’est là que je parle de l’échec du Premier ministre, chef du gouvernement. Gouverner, c’est prévenir et anticiper pour ne pas subir. Nous sommes en transition. Qu’est-ce qui peut apaiser une transition ? C’est le dialogue.
Il faut qu’on s’écoute, qu’on se parle et qu’on trouve des solutions ensemble. Mais si le Premier ministre n’est pas capable de créer ce dialogue, ni de mettre les acteurs potentiels autour de la table, c’est un échec.
Manifester ou pas, si le dialogue existait, serions-nous arrivés à ce stade ? Je vous dis non. Mais ceux qui veulent manifester comme ceux qui ne veulent pas sont dans leur droit.
Je ne suis pas membre des Forces vives, mais je respecte le droit de chacun. Ce que je retiens, c’est que le gouvernement n’aurait jamais dû nous amener à cette situation.
La solution n’est pas dans l’usage de la force, mais dans le dialogue et l’échange. Nous sommes en transition, nous ne pouvons pas nous permettre l’anarchie dans la gestion du pouvoir. Tout cela traduit l’échec du gouvernement de Bah Oury.
Abdoulaye Bella DIALLO pour VisionGuinee.Info
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Je ne pense pas si le président Doumbouya se rend compte de ce qui se passe dans le pays actuellement en terme des difficultés de tous genres. Peut-être que ces ministres ne lui rendent pas compte comme cela se doit. Il faut que le chef d’état se renseigne autrement pour savoir la situation difficile que le peuple est entrain de traverser au jour d’aujourd’hui. Aucune de ses institutions ne fonctionne comme il le prétend, toutes sont entrain de lui dire ce qu’il aime entendre.
Le peuple est actuellement entrain de broyer les cailloux Mr le président.