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La leçon de morale de Maître Salifou Béavogui à Singleton

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Soutra

Le mardi 9 septembre, lors de la phase des plaidoiries et réquisitions dans le procès de Mohamed Seydou Bangoura alias Singleton, reconnu coupable, par le juge Philippe Gonga Mamy, d’homicide involontaire dans l’accident qui avait coûté la vie au sexagénaire Elhadj Mohamed Lamine Traoré, le 28 août dernier à Toguiron, dans la préfecture de Coyah, l’avocat de la partie civile n’a pas été tendre avec le célèbre artiste du dancehall.

Maître Salifou Béavogui affirme que ce qui arrive à Singleton est la conséquence de ses agissements sur les réseaux sociaux ces derniers temps. Extraits.

« Il a une voiture qui coûte plus de 800 millions ; c’est une maison pour nous autres guinéens qui tirons le diable par la queue. Il a la chance aujourd’hui de rouler dans un véhicule de 800 millions. Je pense que ce genre de véhicule, il faut le conduire quand c’est vraiment nécessaire, sinon, vous le garez.

Pendant que les autres n’ont pas un sac de riz à la maison, ils se demandent comment se nourrir le lendemain. Vous, vous êtes dans une voiture de 800 millions GNF. Cent ans, mille ans, il (Singleton) ne pourra jamais avoir ça, c’est impossible. Ce n’est pas un commerçant, ni un agriculteur. Le fait de prendre le micro et simplement chanter ne veut rien dire.

Il n’a pas commencé la vie non plus au 15e étage. Il y a des personnes qui commencent la vie au 15e étage. Mais quand vous commencez au sous-sol, vous grimpez. Pour avoir une voiture de 800 millions, il faut se battre. Quand vous avez ça, vous ne la prenez que lorsque vous allez au spectacle, comme votre chanson enchante tout le monde. Ce n’est pas une voiture de promenade, ça. Vous prenez une petite voiture dans laquelle vous pouvez vous promener. Parce que cette voiture, c’est une maison. Quelqu’un qui a 800 millions aujourd’hui peut se faire une maison, un petit abri.

Les guinéens, dans leur majorité, ont constaté que Singleton, ayant eu la petite ou la grande chance d’avoir ce véhicule, en faisait trop. C’est le cortège. Il roule à vive allure. Il va partout. Je me demande même, si cette voiture tombe en panne, comment il pourra la réparer ? Mais c’est bien possible. Parce qu’on ne fait rien pour rien. Tout le monde sait que quand Singleton vient dans son véhicule, il ne passe pas inaperçu. Nous sommes tous malheureusement sur les réseaux sociaux. Avant, on ne connaissait pas ça.

Vous savez, il n’y a pas encore six mois, il a blessé un citoyen à Kissosso. Il l’a maltraité, il l’a blessé, il l’a abandonné là-bas et il a continué. Mais Dieu ne dort pas. Et ce n’est pas tous les péchés qui te rattrapent dans l’au-delà. Il y en a qui, c’est sur le champ. Ça retarde, mais ça te rattrape. Moi, j’ai vu ça sur les réseaux sociaux. C’est sa force parallèle qu’il a, qui a blessé ce monsieur.

Chez nous, ici, vous pouvez sortir de nulle part et devenir ce que tout le monde acclame ; c’est dangereux. Alors qu’il y a une question de palmarès. Vous commencez au point zéro, vous remontez. Mais ici, vous voyez quelqu’un : il est négatif ; un beau jour, vous le voyez, il est au ciel. Et il croit que les autres, maintenant, sont moins que zéro. Donc, Singleton prenait la voie publique comme sa propriété privée. Il circulait à vive allure. Comme nous prenons toujours la bretelle pour aller à Maférinyah, quand l’excellence vient, mieux vaut s’éclipser. Il te touche, tu as des problèmes. Tu ne le verras même pas. Ce sont d’autres personnes qui viendront régler ton compte. Tu le touches, tu as des problèmes. C’est ça la réalité.

Nous ne voulons plus qu’un autre guinéen se comporte comme ça. Il a quelle parcelle d’autorité ? Il faut être modeste. Il faut regarder hier, aujourd’hui et demain. Nous avons eu l’avantage de voir beaucoup de personnalités en culotte, quand elles étaient en conflit avec la loi. C’étaient de petites personnes, mais aujourd’hui elles sont devenues de grandes personnes. Même un coup de fil, ça n’existe plus. L’homme n’est rien ; il faut être modeste. Et au fur et à mesure que tu grandis, il faut avoir peur. Quand tu n’as rien, tu n’es rien, tu peux te permettre. Mais dès qu’une, deux, trois personnes te chantent, il faut avoir peur.

Singleton est dans une situation qu’il a voulue lui-même. Il savait que ça devait arriver tôt ou tard. Mais il ne pensait pas qu’une justice en Guinée pourrait avoir le courage de lui dire : tu ne bouges plus. Il ne le pensait pas. On a vu ici des personnalités : quand elles sont en conflit avec la loi, vous allez à la gendarmerie, la gendarmerie vous dit : Allez, cherchez la personne, vous l’amenez. Nous, on ne peut pas y aller. Quand on lance une convocation, ça fait 10, 15 jours ; finalement, la personne ne répond plus. Elle ne viendra jamais. Mais pour Singleton, je remercie encore une fois le procureur Mohamed Aly Condé ».

Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
00224 621 85 28 75/djiwo.barry@visionguinee.info

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