La grève des enseignants continue de paralyser le secteur éducatif guinéen depuis plusieurs jours. Ce mercredi 10 décembre, dans le quartier Kindiady, les cours ont été perturbés dans certaines écoles publiques et privées. Les élèves, pris de panique, couraient dans tous les sens.
Une situation que déplore le directeur de l’école primaire Bademba Fofana 2, Alphonse Delamou, rencontré par un reporter de VisionGuinee.
‘’Ici, il n’y a pas eu de jets de pierres, mais je peux confirmer qu’à l’école Hadja Nen Sira, il y en a eu. Mais nous avons libéré les enfants. Pour le moment, il faut garder les enfants à la maison en attendant que la situation se calme’’, a-t-il indiqué.
Le directeur de l’école publique de Kenendé Plateau 5 affirme avoir également libéré les élèves pour des raisons de sécurité.
‘’Nous avons appris qu’il y a eu des mouvements à Kaléma. Des individus, qui ne portaient pas la tenue, sont venus jeter des pierres à l’école privée près de chez nous, mais ils ont ensuite pris la fuite. Nous avons décidé d’arrêter les cours pour des raisons de sécurité. J’ai dit aux élèves de la 6ème année de venir demain habillés en civil, pour que nous puissions continuer les cours. Nous suivons l’évolution de la grève et attendons la décision du gouvernement’’, a déclaré Youssouf Camara.
À l’école Ciré Boukary Keita, c’était la débandade totale, raconte Idiatou Barry, élève en 7ème année. ‘’On était en train d’étudier tranquillement, quand soudain, on a entendu des cris derrière la cour. Ensuite, on a vu d’autres élèves armés de gourdins s’attaquer à notre école. Et là, chacun cherchait à s’enfuir. J’ai vu même une fille tomber en syncope. Moi, j’ai cherché mes petites sœurs pour rentrer à la maison’’.
Sous couvert d’anonymat, une mère de famille, visiblement choquée, explique comment elle est allée à la recherche de ses enfants. ‘’Puisque je ne suis pas loin de l’école, j’étais en train de préparer quand j’ai entendu des cris et des pleurs. Je me suis précipitée vers l’école et c’est en cours de route que j’ai rencontré mes enfants. La plus grande traînait le petit par terre. Ils étaient tous affolés’’, déplore-t-elle.
Elle invite le gouvernement et le syndicat à trouver un terrain d’entente pour éviter que cette grève ne perdure.
À l’école publique de Kindiady, portes et fenêtres sont fermées depuis 11h. Aucun enseignant ni élève n’est visible dans la cour de l’école.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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