Abdoul Sacko dénonce la recrudescence des enlèvements en Guinée : ‘’les vieillards, les femmes, les enfants ne sont pas épargnés’’
Se prononçant sur la situation actuelle de la Guinée, Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG), a livré un diagnostic cinglant sur l’état du pays depuis l’arrivée des dirigeants actuels. Entre disparitions forcées, dérive autoritaire et paralysie économique, l’opposant a décrit un pays plongé dans l’incertitude.
Le coordinateur du FFSG a confié son accablement face aux vagues d’enlèvements qui touchent le pays depuis l’arrivée du président Mamadi Doumbouya à la tête du pays.
‘’Je suis attristé au premier rang d’abord de savoir qu’aujourd’hui des guinéens disparus, enlevés, sont dans une forme de souffrance dont le degré reste inconnu, parce que nous ne sachons de la part de personne, ni y compris les reproches, où ils doivent être, dans quelles conditions ils sont’’, a confié Abdoul Sacko à RFI.
‘Je suis aussi attristé par rapport à l’image sombre que cette situation renvoie de la Guinée. Ce peuple qui a pris avec maturité républicaine, par le vote référendaire, son indépendance autour des principes de liberté et de dignité, voit aujourd’hui que la vie humaine est absolument insignifiante et que l’État n’a aucune possibilité de lui donner la sécurité à l’intérieur du pays sans pour autant donner aucune garantie en termes de justice’’, a-t-il ajouté, dénonçant le silence de la communauté internationale face aux dérives en Guinée.
‘’Ce qui m’attriste le plus, c’est le regret de constater que le peuple de Guinée n’a pas de partenaire, je veux parler de la CEDEAO, de l’Union africaine, de la France, de l’Union européenne, avec lesquelles il a un partage des valeurs et des vertus démocratiques. Seulement des partenaires qui s’accommodent à toutes les formes de violations des droits dans le seul but de se procurer des ressources du pays’’, a regretté l’activiste.
Outre la disparition depuis des années de Foniké Mengue et Billo Bah du FNDC, des membres de famille d’opposants qui dénoncent la conduite du pays depuis l’exil sont de plus en plus enlevés. Le dernier cas en date est l’enlèvement de la mère et de la grande sœur de l’ancien ministre Tibou Kamara. Une situation que condamne l’activiste Sacko.
‘Aucune catégorie socioprofessionnelle du pays ne trouve être épargnée. Les vieillards ne sont pas épargnés, les femmes, les enfants ne sont pas épargnés. Parfois des gens qui ne dérangent en rien, qui ne dénoncent rien, qui ne demandent rien absolument à l’État sinon que d’être sécurisés, que ceux-ci peuvent se coucher le soir avec la peur de ne pas se réveiller le matin ou sortir de la maison avec la peur de ne pas rentrer le soir sans être enlevé. Vous voyez davantage combien de fois la situation est alarmante’, a-t-il souligné.
Le coordinateur du FFSG a prévenu que cette situation ne saurait perdurer. ‘D’une manière ou de l’autre, que ça soit aujourd’hui ou demain, le changement interviendra. Aujourd’hui, vu que toutes les lignes nous sont franchies, j’ai l’impression que les gens sont beaucoup plus hantés par la suite de ce changement qui va arriver d’une manière ou de l’autre’’.
‘’Au lieu d’être guidés par la raison, cette hantise les ramène davantage dans le déni. Il suffit de voir aujourd’hui la précarité économique et financière dans laquelle le pays vit. Même si vous avez de l’argent dans le compte, vous ne pouvez pas y avoir accès. La paralysie totale au niveau du système bancale’’, a-t-il ajouté.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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