Le processus de désignation du prochain Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) a franchi une étape importante le 23 juillet 2026 avec le grand oral des candidats, organisé au siège des Nations unies à New York. À cette occasion, les différents prétendants ont exposé leur vision de l’avenir de l’Organisation, répondu aux questions des États membres et de la société civile, et défendu leurs priorités face aux grands défis mondiaux, notamment la paix et la sécurité, le développement durable, les droits humains, la gouvernance mondiale et les réformes de l’ONU.
Contrairement à une idée largement répandue, cette audition publique ne donne lieu à aucune notation officielle ni à un classement des candidats. L’ONU ne publie aucun score à l’issue de cet exercice. Le choix du futur Secrétaire général relève exclusivement du Conseil de sécurité, qui mène ensuite des consultations et des scrutins indicatifs à huis clos avant de recommander un seul candidat à l’Assemblée générale des Nations unies.
Toutefois, un sondage d’opinion informel, relayé par plusieurs médias à l’issue de cette audition, permet de mesurer la perception du public ayant suivi les échanges. Selon cette enquête, Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, arrive en tête avec 46 % des suffrages. Elle est suivie de Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal, crédité de 27 %. Viennent ensuite Michelle Bachelet, du Chili, avec 15 %, Rafael Grossi, d’Argentine, avec 7 %, puis Rebeca Grynspan, du Costa Rica, avec 5 %.
Le même sondage attribue également à Carolyn Rodrigues-Birkett la meilleure prestation du grand oral, avec 49 % des avis favorables. Ces résultats restent cependant purement indicatifs et ne préjugent en rien de l’issue du processus officiel. Ils traduisent uniquement une appréciation des prestations par les répondants au sondage et n’ont aucune incidence juridique ou institutionnelle sur la désignation du prochain Secrétaire général.
La suite de la procédure se jouera désormais au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. Les quinze membres du Conseil procéderont à une série de consultations et de votes indicatifs afin d’identifier le candidat susceptible de recueillir le plus large consensus, tout en évitant un veto de l’un des cinq membres permanents. Une fois cette étape achevée, le Conseil recommandera un candidat à l’Assemblée générale, qui procédera à sa nomination.
À ce stade, aucune date officielle n’a été annoncée par les Nations unies pour la recommandation du candidat par le Conseil de sécurité. Les consultations devraient se poursuivre au cours des prochains mois afin de permettre la nomination du futur Secrétaire général avant l’expiration du second mandat d’António Guterres, le 31 décembre 2026.
Au-delà des sondages et des perceptions, la course à la succession d’António Guterres entre désormais dans sa phase la plus décisive, où les équilibres diplomatiques, les négociations entre les grandes puissances et la recherche d’un consensus pèseront davantage que les performances réalisées lors du grand oral.
Aboubacar SAKHO
Expert en communication

