Plaidoyer pour la construction d’un Centre hospitalier militaire universitaire « Général Noumandian Keïta » à Forécariah
Pour une vision ambitieuse : je propose la construction d’un Centre Hospitalier Militaire Universitaire « Général Noumandian Keïta » à Forécariah
La modernisation de nos Forces armées ne saurait se limiter au renforcement de leurs capacités opérationnelles. Elle doit également s’appuyer sur un système de santé militaire performant, capable de garantir une prise en charge médicale de très haut niveau aux hommes et aux femmes qui consacrent leur vie à la défense de la Nation.
Depuis le 5 septembre 2021, sous le leadership du Président de la République, Chef de l’État et Chef suprême des Armées, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, la Guinée connaît une transformation profonde de son outil de défense. Les investissements consentis dans les infrastructures militaires, la rénovation des casernes, l’amélioration des conditions de vie des militaires, le renforcement des capacités opérationnelles, la revalorisation des ressources humaines, la création du Prytanée militaire de Guinée, l’acquisition d’armements militaires modernes et le développement des structures sanitaires militaires traduisent une volonté politique forte : bâtir une armée moderne, républicaine, professionnelle et tournée vers l’excellence.
Dans cette dynamique de refondation, la construction d’un Centre Hospitalier Militaire Universitaire de référence à Forécariah, dans la région de Kindia, portant le prestigieux nom du premier Chef d’État-Major des Armées guinéennes, le feu Général Noumandian Keïta, constituerait sans nul doute l’une des plus grandes réalisations du secteur de la santé militaire depuis l’indépendance de notre pays.
Une telle infrastructure représenterait bien davantage qu’un simple établissement hospitalier. Elle incarnerait un symbole national de reconnaissance envers nos forces armées, tout en traduisant l’ambition de la Guinée de disposer d’un véritable pôle d’excellence médicale capable de répondre aux défis sanitaires contemporains.
Aujourd’hui, les conflits modernes, les catastrophes naturelles, les accidents de grande ampleur, les pandémies, les maladies chroniques ainsi que les urgences médico-chirurgicales imposent aux États de disposer d’hôpitaux militaires hautement spécialisés.
Dans plusieurs pays africains, ces établissements constituent désormais des références nationales, accueillant aussi bien les militaires que les populations civiles.
À l’image de l’Hôpital militaire de Ouakam au Sénégal, du Centre Hospitalier Militaire d’Abidjan en Côte d’Ivoire, du Mohammed V au Maroc ou encore des grands centres hospitaliers militaires du Nigeria, du Rwanda ou de l’Égypte, la Guinée pourrait, elle aussi, se doter d’un établissement sanitaire répondant aux standards internationaux, capable de rivaliser avec les meilleures institutions hospitalières de la sous-région.
L’ambition pourrait être la réalisation d’un Centre Hospitalier Militaire Universitaire de niveau III, doté d’une capacité comprise entre 300 et 500 lits, construit sur plusieurs hectares et équipé d’un plateau technique de dernière génération.
Cet établissement pourrait comprendre notamment :
- un Centre national des urgences médico-chirurgicales militaires ;
- plusieurs blocs opératoires ultra-modernes ;
- un service de traumatologie de guerre ;
- une unité de chirurgie générale et digestive ;
- une unité de chirurgie orthopédique et traumatologique ;
- une unité de chirurgie cardiovasculaire ;
- une unité de chirurgie thoracique ;
- une unité de chirurgie plastique, reconstructrice et maxillo-faciale ;
- un service de neurochirurgie ;
- une unité d’anesthésie-réanimation de très haut niveau ;
- un service de cardiologie interventionnelle ;
- un département d’endocrinologie et de diabétologie ;
- un centre spécialisé en dermatologie ;
- une unité de néphrologie avec hémodialyse ;
- un centre d’oncologie médicale ;
- un service de pneumologie mieux équipé ;
- une maternité moderne ;
- un service de pédiatrie ;
- une pharmacie hospitalière centrale ;
- un laboratoire biomédical de référence ;
- une banque nationale de sang militaire ;
- un centre d’imagerie médicale comprenant une IRM, un scanner, une angiographie, une radiologie numérique et une échographie de dernière génération ;
- un centre national de télémédecine ;
- un département de recherche biomédicale et d’innovation ;
- un centre de formation continue destiné aux médecins, pharmaciens, infirmiers, biologistes, techniciens supérieurs de santé et personnels paramédicaux des Forces armées.
Notre beau pays possède aujourd’hui un capital humain considérable dans le domaine médical. Nos Forces armées comptent désormais des médecins militaires, des pharmaciens, des chirurgiens, des biologistes médicaux, des anesthésistes-réanimateurs, des spécialistes en santé publique et de nombreux cadres de haut niveau, formés aussi bien en Guinée qu’à l’étranger. Ce potentiel humain constitue un atout majeur pour faire fonctionner un tel établissement avec efficacité, rigueur et professionnalisme.
Au-delà de sa vocation militaire, cet hôpital pourrait devenir un centre de référence ouvert à l’ensemble des citoyens guinéens, notamment dans les situations d’urgence, les catastrophes nationales, les accidents collectifs ou encore la prise en charge des pathologies complexes nécessitant des soins hautement spécialisés.
Sa construction permettrait notamment :
- de renforcer durablement la souveraineté sanitaire de la Guinée ;
- de réduire considérablement les évacuations sanitaires vers l’étranger, dont le coût se chiffre chaque année à plusieurs milliards de francs guinéens ;
- d’améliorer la qualité des soins spécialisés ;
- de développer la recherche scientifique et l’innovation médicale ;
- de favoriser la coopération militaire et sanitaire avec les pays partenaires ;
- de renforcer la médecine de catastrophe et la médecine opérationnelle ;
- de former une nouvelle génération de professionnels de santé militaires ;
- de créer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects ;
- de faire de la Guinée une référence régionale en matière de médecine militaire.
Le choix de Forécariah (bien que discutable, la conclusion appartenant au Chef de l’État), dans la région de Kindia, revêtirait un intérêt stratégique. Sa proximité avec Conakry, son accessibilité par les principaux axes routiers et sa position géographique en feraient un site idéal pour accueillir une infrastructure de cette envergure, susceptible de desservir efficacement l’ensemble du territoire national.
Attribuer à cet établissement le nom du feu Général Noumandian Keïta, premier Chef d’État-Major des Armées guinéennes, constituerait un hommage solennel à l’un des pionniers de la construction de notre armée nationale. Ce serait également un puissant message adressé aux générations futures, rappelant que les grandes institutions se bâtissent sur la mémoire, le mérite, le patriotisme et le sacrifice.
L’histoire retiendra toujours les nations qui ont su investir dans les secteurs stratégiques que sont la défense, la santé et la recherche.
En dotant nos Forces armées d’un Centre Hospitalier Militaire Universitaire « Général Noumandian Keïta », notre pays franchirait une étape décisive dans la consolidation de son système de santé et dans la modernisation de son appareil de défense.
Une telle réalisation constituerait un héritage durable de la Refondation, un symbole d’excellence nationale et une œuvre monumentale au service des militaires, de leurs familles et de l’ensemble du peuple guinéen.
Elle traduirait avec éloquence la vision du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, de bâtir une Guinée forte, souveraine, résiliente et résolument tournée vers l’avenir.
Dr Karamo Kaba
Pharmacien spécialiste en gestion des services de santé
MBA in Pharma Biotech Business Management, DIU en rétrovirologie, Certifié en intelligence économique (Elevify).
Tatakaba66@gmail.com ⁄628 49 78 95

