Bella Bah : “J’ai le sentiment que certaines personnes cherchaient depuis longtemps quelque chose contre moi”
Le procès de l’activiste Bella Bah se poursuit ce lundi 17 août 2026 devant le Tribunal de première instance de Dixinn. Poursuivi pour des faits présumés d’injures et de diffamation par le biais d’un système informatique à l’encontre de l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara, Bella Bah a été interrogé oar le juge et le procureur. La défense a ensuite pris le relais pour revenir notamment sur le sens de la publication à l’origine de la procédure, sa suppression et les appels reçus par l’accusé.
Interrogé par ses conseils sur le sens de ses propos publiés sur les réseaux sociaux, Bella Bah a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une déclaration à prendre au premier degré. Il a expliqué que sa publication relevait plutôt de l’interpellation et du second degré, tout en reconnaissant que certaines expressions pouvaient être mal interprétées.
“C’est du second degré. Est-ce que ça signifie une déclaration du second degré, par exemple, un commentaire du second degré ? Qu’est-ce qu’on doit comprendre ? C’est une expression d’interpellation simple. Sur les réseaux sociaux, il arrive que les gens lâchent des mots sans pour autant leur donner une connotation violente. C’est dans ce sens que j’ai fait cette publication”, a-t-il expliqué devant le tribunal.
L’activiste a été interrogé sur les appels qu’il aurait reçus après la publication. Il a confirmé avoir été contacté par plusieurs personnes, qui l’auraient notamment alerté sur la portée de ses propos et sur le risque qu’ils soient sortis de leur contexte, compte tenu de sa visibilité sur les réseaux sociaux.
“Ils m’ont appelé parce que peut-être je ne mesurais pas les propos que je tenais. C’était pour m’interpeller par rapport au fait que je suis très suivi, que beaucoup de personnes suivent ma page et que ces propos pouvaient être sortis de leur contexte. Le mieux était donc de retirer la publication”, a déclaré Bella Bah.
L’accusé a par ailleurs reconnu avoir supprimé la publication après ces différentes interventions. Selon lui, cette décision était également liée au fait qu’il avait pris conscience de la gêne que ses propos pouvaient susciter.
“J’ai retiré la publication. J’ai eu quelques appels et, après cela, j’ai décidé de la supprimer. J’ai même fait une autre publication pour expliquer que je voyais que ma publication était interprétée dans un autre sens et que, pour cette raison, je l’avais simplement retirée”, a-t-il indiqué.
Au cours des échanges avec ses avocats, Bella Bah a aussi affirmé qu’il connaissait personnellement l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara. Il a expliqué que leurs échanges avaient parfois lieu en dehors de l’espace public, notamment autour de questions liées au rôle des religieux et à d’autres sujets de société.
“L’imam Saliou, c’est quelqu’un que je connais. En off, ce sont des débats qu’on tient parfois sur le rôle des religieux et sur plusieurs questions de société. Donc, il n’y avait pas de plainte au départ. Comme j’ai eu à vous le dire, j’ai le sentiment que certaines personnes cherchaient depuis longtemps quelque chose contre moi afin de me faire subir cette situation”, a-t-il soutenu.
La défense est également revenue sur la démarche entreprise après la publication. Bella Bah a reconnu avoir ressenti une certaine gêne par rapport à la teneur de ses propos et a assuré qu’il ne reproduirait pas une telle publication si l’occasion lui était donnée.
À la question de savoir s’il pourrait refaire ce type de publication à l’avenir, l’activiste a répondu : “Non”.
Les conseils de Bella Bah ont par la suite abordé son parcours personnel et professionnel, notamment son implication dans le secteur éducatif. L’accusé a rappelé avoir été classé quatrième de la République au baccalauréat en 2008 et être aujourd’hui impliqué dans la gestion d’un établissement scolaire.
Il a évoqué son engagement dans les activités éducatives, notamment la Dictée PGL, une compétition internationale à laquelle participent des élèves guinéens. Selon lui, la Guinée a remporté le titre en 2025 et obtenu la troisième place, tandis qu’en 2026, elle s’est classée vice-championne.
“Je suis chargé des projets éducatifs au niveau de l’association des membres des écoles privées. C’est moi qui pilote la Dictée PGL. C’est une compétition de dictée entre différents pays. Chaque année, nous partons au Canada au mois de mai. L’année dernière, en 2025, la Guinée était championne et troisième, parce qu’il n’y avait que trois pays. Cette année, la Guinée était vice-championne”, a-t-il expliqué.
Les débats se poursuivent devant le Tribunal de première instance de Dixinn, où les conseils de l’accusé continuent leur série de questions avant les prochaines étapes de la procédure.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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