Dans une tribune intitulée : « Reconstruction ou rénovation des stades du 28-Septembre et de Nongo ? 250 millions de dollars d’investissement : le vrai débat n’est pas le montant, c’est ce qu’il finance », et digne d’intérêt, l’ancien ministre de la jeunesse et des sports, Monsieur Bogola Keamou Bogola Haba, bataille pour faire admettre à une opinion nationale et internationale perplexe la rationalité des 250 millions USD déboursés pour la réhabilitation des deux infrastructures sportives de la capitale. La démarche est louable, mais le long récit, non sans contre-vérités, n’est pas suffisant pour lever les doutes et clore le débat.
Le public sportif et la Guinée accueillent, sans doute, l’homologation provisoire du stade du 28-Septembre avec soulagement, après de nombreuses et douloureuses années de privation des matchs de l’équipe nationale et des clubs représentant le pays dans les compétitions continentales, obligés d’évoluer à l’étranger faute d’infrastructures répondant aux normes modernes. Pour une nation pionnière en la matière et au passé sportif glorieux, pas de quoi pavoiser avec cette approbation temporaire et limitée à un seul des deux stades en chantier.
Depuis le début des années 2010, les prestations du Syli national, dans le mythique 28-Septembre, ont été fortement perturbées.
Cette éprouvante et onéreuse situation pour le contribuable-public, il faut le concéder, n’est pas exclusivement imputable à l’ancien activiste, porte-parole de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) : la pandémie à virus Ebola, la COVID-19, la défaillance de l’État sont passées par là.
C’est le 13 mars 2024 que le transfuge de l’ANAD a été promu à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports et débarqué le 22 janvier 2026. En 1 an et 10 mois, la vie ministérielle du fondateur du Front national pour la défense de la Transition (FNDT) a été relativement courte, mais suffisante pour engager ou associer la responsabilité de Monsieur Bogola Keamou Haba à celle de ses prédécesseurs dans le sous-équipement sportif actuel du pays.
À ce titre, il aurait été correct que le ministre Bogola Keamou Haba entame cette tribune par la confession, exprime les regrets et sollicite, du public sportif et du peuple de Guinée, le grand pardon au nom du département et de ses prédécesseurs à cause de la faillite de l’État.
Malheureusement, d’un bout à l’autre de son exercice, Monsieur Bogola Keamou Haba, comme un éventuel suspect, emploie énormément d’énergie à se justifier et à se défendre, qu’il finit par laisser l’impression d’être insensible à la souffrance morale d’un public, sinon de tout un peuple, victime des conséquences et effets du manque de vision et d’ambition des différents ministres en charge des sports ces dernières années, plus attirés par les opportunités financières qu’offrent le football et les matchs du Syli national à l’étranger que par une véritable politique sportive avec la réalisation des infrastructures destinées à toutes les disciplines pratiquées en République de Guinée.
En cette période orageuse décrétée par le Président Doumbouya contre les cadres, ministres, anciens ministres malfaisants, Monsieur Haba n’a probablement pas tort de protéger sa tête des imprévisibles foudres des enquêteurs du Général Balla Samoura.
Au-delà de la méconnaissance ou de la mauvaise foi sur l’histoire des deux stades, de nature à affaiblir la consistance des arguments, sinon la crédibilité du récit et de son auteur, l’ancien ministre pose effectivement la bonne question :
Qu’a-t-on financé avec les 250 millions USD ?
Seul un audit indépendant est capable de trancher cette lancinante question. Ni l’opinion, malgré la légitimité de ses préoccupations, encore moins Monsieur Bogola Keamou Haba, lié au dossier, ne sont qualifiés pour cet exercice exigeant moins de passion, beaucoup de sérénité et un véritable professionnalisme.
En attendant, il convient d’apporter des correctifs sur les contre-vérités fournies par l’ancien ministre à propos de l’historique des deux infrastructures sportives.
Les contre-vérités d’un récit
I – Stade du 28-Septembre, fruit du Plan triennal
Contrairement aux affirmations de Monsieur Bogola Keamou Haba, le stade du 28-Septembre n’est pas un don soviétique. Il est l’un des fruits du premier Plan triennal de développement économique et social de la République de Guinée (1960-1963).
Ce Plan, la première grande tentative de la Guinée indépendante pour structurer son économie, avait été annoncé par le président Ahmed Sékou Touré, le 1er mai 1959, lors de la visite d’État du président Kwame N’Krumah, et officiellement adopté par la conférence nationale des cadres tenue du 2 au 5 avril 1960 à Kankan.
Avec une enveloppe de 11 milliards de francs guinéens, dont l’essentiel a été consacré au programme agricole pour l’augmentation de la production et de la productivité, le Plan triennal a permis de financer la construction de l’Institut national de la statistique (INS), l’Institut polytechnique de Conakry, dénommé « Gamal Abdel Nasser », aujourd’hui Université Gamal Abdel Nasser, l’Imprimerie nationale, baptisée « Patrice Lumumba », l’installation d’un nouvel émetteur de 100 kilowatts à la Radiodiffusion nationale, les travaux d’agrandissement et de modernisation des infrastructures de l’aéroport de Gbessia, avec une nouvelle piste d’atterrissage pour les aéronefs, ainsi qu’un grand stade moderne omnisports avec plusieurs disciplines sportives, dont le football, dénommé 28-Septembre et inauguré en 1964.
Construit avec la coopération soviétique, le stade du 28-Septembre, tout comme l’autoroute Tombo-Gbessia, du nom de Fidel Castro Ruz, ou « la route infinie de l’histoire », et d’autres infrastructures, a fait l’objet d’un remboursement intégral avec l’exploitation russe de l’Office de Bauxite de Kindia (OBK), actuel CBK. Il en est de même pour l’Imprimerie Patrice Lumumba avec l’ancienne République démocratique allemande (RDA ou DDR).
L’ancien ministre doit intégrer désormais la réalité de ces pays du bloc de l’Est d’alors, pour communistes qu’ils se présentaient et qu’ils clamaient la solidarité et la fraternité des peuples dans les discours, n’étaient pas moins affairistes que les puissances capitalistes de l’Ouest.
Ils n’ont offert aucune infrastructure que la Guinée n’a pas financée ou remboursée. À des coûts, il est vrai, modérés et selon des modalités de remboursement souples, mais la gratuité était marginale.
Même les bourses d’études supérieures n’étaient que partiellement offertes, une bonne partie étant financée par l’État guinéen.
D’ailleurs, le niveau du retard infrastructurel de la Guinée, au 3 avril 1984, en dit long sur la « magnanimité » de ces partenaires idéologiques. C’est pourquoi le président Ahmed Sékou Touré, qui n’était pas dogmatique, n’a pas hésité à pratiquer pleinement sa politique de coopération économique de non-dépendance ou de non-exclusivité quand le monde occidental a enfin compris et accepté le principe des relations basées sur le respect mutuel.
Pour revenir au stade du 28-Septembre, l’ancien ministre des Sports, au-delà des contre-vérités étalées, paraît méprisant pour la mémoire collective nationale et l’histoire de la Guinée quand il affirme : « Pendant plus d’un demi-siècle, la Guinée a pratiqué le sport de haut niveau dans des installations qu’elle n’avait pas financées et qu’elle n’a jamais entretenues à hauteur de ce qu’elles exigeaient. »
Il convient d’abord de rappeler la réalité de l’époque. Il n’est pas inutile, à cet effet, de souligner que, par rapport au stade Demba Diop de Dakar, construit en 1963 sur 5 hectares avec 15 000 places, au stade Félix-Houphouët-Boigny, « Le Félicia », rénové en 1964, ou au stade omnisports Modibo Kéita, inauguré en 1967, le 28-Septembre, avec ses 25 000 à 35 000 places et sa piste d’athlétisme, était le plus impressionnant, un véritable joyau architectural avec un Palais des Sports, une piscine aux normes olympiques, un terrain annexe de football, des terrains d’entraînement pour le volley-ball, le basket-ball, le handball, etc.
Ensuite, ce stade, pas seulement ses tribunes, mais dans tous ses compartiments, durant les 20 ans de son utilisation sous la Première République, a fait l’objet d’une attention régulière à la dimension des succès et gloires sportifs enregistrés sur la période, faisant sa renommée et celle de la Guinée, devenue une destination sportive internationale.
Ce rythme a été maintenu par le CMRN. Déjà, en 1986-1987, deux ans après le 3 avril 1984, le stade du 28-Septembre a fait l’objet d’une rénovation complète à la veille de la Coupe Amilcar Cabral organisée en Guinée en 1988.
Périodiquement entretenu, il a fait l’objet d’un dernier nettoyage en 2007, avant la mort et la chute du régime du président Lansana Conté.
II – Stade de Nongo, un don ne tombe pas du ciel
Le stade de Nongo est un DON chinois. Mais c’est faire outrage à un ministre que de penser qu’il ignore la structure du don. Monsieur Haba sait, ou devrait savoir, qu’un don ne tombe pas du ciel : il se sollicite, se négocie et se mérite toujours avec des cadres capables de présenter un dossier et de tenir le discours convenable au donneur.
Le Palais SEKHOUTOUREYAH, l’hôpital Sino-Guinéen ou le stade Général Lansana Conté de Nongo reposent d’abord sur la qualité des relations diplomatiques et sont, ensuite, le fruit d’intenses et difficiles négociations menées avec les dirigeants chinois à différentes périodes par de hauts cadres tels qu’Ibrahima Sylla, le doyen Cellou Diallo, Ibrahima Kassory Fofana, Wowo Foromou, Alpha Ousmane Diallo, Mamadi Condé, Djigui Camara, pour ne citer que ceux qui, comme Monsieur Bogola Keamou Haba, ont été ministres.
Faut-il rappeler que le 3e sommet sino-africain, rassemblant une quarantaine de chefs d’État africains et aboutissant à des accords de financement de l’ordre de 1,9 milliard de dollars en faveur de seulement 10 pays, dont la Guinée, a ainsi été précédé de nombreuses années de discussions autour des projets initiés, conçus et défendus par les autorités guinéennes et celles des neuf autres pays bénéficiaires des Dons chinois.
C’est tout à l’honneur de Monsieur Haba de rendre à ces personnalités l’hommage qu’elles méritent dans l’obtention du stade de Nongo.
Demain, l’histoire aurait reconnu Monsieur Bogola Keamou Haba si le ministre des Sports avait pu obtenir un don évitant l’effondrement très meurtrier des murs du stade de N’Zérékoré, le 1er décembre 2024, ou permettant de gazonner son terrain nu et caillouteux.
Pour dire que même la gestion d’un don exige de la compétence, la construction du stade de Nongo a enregistré un énorme retard de deux ans à cause de l’incapacité de la partie guinéenne à remplir les conditions préalables (électricité, eau, sécurité) au lancement des travaux.
Ce minimum honoré, le stade a été rapidement construit entre 2007 et 2008, en un an, par les Chinois.
L’honnêteté voudrait enfin, pour être complet sur l’historique du stade de Nongo, de mentionner la convention établie, le 11 janvier 2017, entre l’État guinéen et la société SAM-GBM de Monsieur Antonio Souaré.
Le gâchis de l’investissement GBM
Sur ce point, Monsieur Bogola Keamou Haba n’est pas juste avec GBM et son PDG, Monsieur Antonio Souaré.
« Dès 2017, un nouveau contrat a dû être passé pour solder les travaux restants. Pendant plus d’une décennie, le chantier a vécu au rythme des décaissements et des peintures sans investissement réel. En 2022 encore, la mission d’inspection de la Confédération africaine de football relevait que la pelouse installée n’était pas appropriée au football de haut niveau et que l’éclairage plafonnait autour de 700 lux, là où la norme en exige 1 200 en nocturne. L’ouvrage, comme un gros magasin antique, suintait de partout sans aucun éclat, avec plus de 10 hectares d’espaces couverte d’herbes sauvages et ses routes d’accès occupées par des mécaniciens et des marchands de fortune ».
Avec un coût estimé à 54 milliards GNF, le Groupe Business Marketing s’engageait, en 12 mois, à achever les derniers travaux (aménagement de la cour, construction des blocs de latrines publiques, construction des terrains annexes dotés de l’aire de jeux, d’une pelouse à gazon naturel de standing FIFA, construction des boutiques et magasins, modernisation des portiques d’entrée, etc.) pour une gestion de 30 ans et à reverser 10 % des recettes à l’État.
Sans doute que les difficultés de trésorerie ont eu raison de la volonté patriotique de Monsieur Antonio Souaré, mais le GBM a englouti des millions de dollars pour aménager intégralement la tribune officielle avec des fauteuils et sièges de haut standing, moderniser les vestiaires, refaire totalement les toilettes, moderniser et équiper les salons, etc.
À l’analyse de ces investissements à fonds perdus pour GBM, une autre question essentielle s’impose : pourquoi avoir détruit tous ces acquis apportés par GBM ? Le ministre a-t-il tenu compte de la Convention juridiquement valable entre l’État guinéen et SAM-GBM avant de détruire et de lancer les nouveaux travaux toujours en cours ? Le budget de Nongo inclut-il le remboursement des investissements effectués par GBM ? Quel est aujourd’hui le statut de Nongo ?
Seul l’ancien ministre Bogola Keamou Haba a la réponse. Il est certain, cependant, que le démantèlement des équipements neufs et en très bon état a été un énorme gâchis, de nature à alourdir la facture de Nongo.
Que financent réellement les 250 millions ?
Concrètement, qu’achète-t-on ? Selon l’ancien ministre : « Le complexe de Nongo représente environ 120 millions de dollars d’investissement pour sa finition ; celui du 28-Septembre environ 130 millions, dont le football comme discipline représente environ 50 %, les autres disciplines ainsi que les infrastructures partagées et économiques le reste.
À Nongo : un stade annexe aux normes CAF et FIFA et un stationnement au moins multiplié par 10 — comme constaté par tous le jour de l’investiture du Président élu de la 5ᵉ République, qui a été une fierté pour tous ; une tribune couverte sur 360 degrés en sièges individuels ergonomiques ; 21 loges de luxe comme à la Juventus de Turin ou au Real Madrid, des espaces VIP et VVIP, un salon présidentiel ; des vestiaires modernes, des bureaux CAF/FIFA, une salle antidopage et une clinique regroupés avec les loges et la zone de presse moderne ; des salles de presse et des ascenseurs ; une pelouse naturelle à arrosage et drainage automatiques, conçue comme au Brésil ou en Côte d’Ivoire ; une sonorisation et un éclairage aux normes CAF/FIFA ; une vidéosurveillance centralisée, des accès sécurisés sur tout le pourtour, une administration et un poste de police modernes ; une énergie autonome — double ligne EDG, onduleurs, groupe de secours — et la fibre optique ; des espaces de commerce, de restauration, de jeux et de conférence, ainsi qu’un musée du sport guinéen.
Au 28-Septembre : mêmes normes et mêmes commodités, avec 18 000 places extensibles à 32 000 sous tribune couverte avant 2030, et surtout un véritable complexe multisports homologué par les fédérations internationales des sports de main, de combat, de raquette et de natation. On y trouvera une arène modulable de 6 000 à 9 000 places aux normes NBA Africa comme au Rwanda, pour rattraper notre retard dans ce domaine où nos athlètes excellent aux USA en NBA et NCAA ; un nouveau palais des sports aux dimensions handball, avec salles d’entraînement, qui remplacera l’actuel ; une piscine olympique ; un stade annexe aux normes CAF et FIFA ; une école de sport pour l’Institut du sport et de l’éducation physique ; une administration du sport abritant Nimba Sport, le Comité national olympique et des fédérations clés ; une clinique médico-sportive et des magasins adaptés ; de nouveaux accès sur tout le pourtour, y compris côté autoroute ; et une esplanade modernisée pour les grandes célébrations — le 2 octobre, les grands concerts »
L’engagement de Bogola et la prudence de Cellou Baldé
Les explications de l’ancien ministre ont le mérite de la clarté. Elles ne suffisent pas pour dissiper le doute manifesté, mais elles facilitent au public, ignorant tout du contenu du cahier des charges, le droit citoyen de vérification et d’appréciation de l’usage de l’argent du contribuable.
Par cette tentative de justification, Monsieur Bogola Keamou Haba engage et assume sa responsabilité, et non celle de son successeur Cellou Baldé, dans l’utilisation efficiente ou non du montant en débat.
Malgré « la fourchette », la prudence de l’actuel ministre — « je ne présume de rien » — par rapport au montant des 250 millions USD est à relever. Le successeur de Monsieur Haba a vite réalisé, après une glissade verbale, qu’il ne lui revient nullement le rôle de porter la parole ni des auditeurs, ni des inspecteurs ou encore des accusateurs.
Au stade actuel, il n’est pas justifiable de porter un quelconque jugement sur la gestion ministérielle de Monsieur Bogola Keamou Haba, notamment des deux stades. Seul un audit indépendant, si les faits l’exigent, est habilité à le faire ou non.
Cependant, la cohérence voudrait que Monsieur Haba, en s’appuyant sur de célèbres édifices dans le monde (stades du Real Madrid, Juventus, Côte d’Ivoire, Rwanda) pour glorifier la qualité de ses ouvrages, ne qualifie pas de « piège de la conversion et des comparaisons inappropriées » les exemples soulevés par d’autres au nom de la transparence.
I – Nouveaux stades
- Stade Alassane Ouattara
Coût : 163 milliards de FCFA (environ 250 millions d’euros).
Capacité : 60 012 places assises.
Superficie : 61 250 m² bâtis sur un terrain de 20 hectares (au sein d’un projet de village olympique de 287 hectares).
Sports pratiqués : football, rugby et athlétisme (piste incluse).
Durée des travaux : 34 mois (décembre 2016 à octobre 2020).
- Stade Abdoulaye-Wade, situé à Diamniadio au Sénégal
Coût : 156 milliards de francs CFA (238 millions d’euros).
Durée des travaux : 18 mois (20 février 2020 – 22 février 2022).
Capacité : 50 000 places.
Caractéristiques principales :
Type d’infrastructure : stade national moderne de type « à l’anglaise » (sans piste d’athlétisme).
Pelouse : hybride.
Énergie : autonome en électricité grâce à une centrale solaire intégrée de 2 MW.
Équipements annexes : deux terrains d’entraînement, des vestiaires modernes et un musée national du football.
Normes : conforme aux standards de la FIFA.
II – Stades réhabilités
- Rénovation du stade Félix-Houphouët-Boigny (surnommé le « Félicia »)
Coût : 65 milliards de francs CFA (près de 100 millions d’euros).
Durée des travaux : 3 ans (novembre 2020 à octobre 2023).
Capacité : 29 000 à 30 000 places.
Superficie : 5,43 hectares (dans la commune du Plateau).
Toiture : installation d’une couverture complète en métalotextile protégeant l’ensemble des gradins contre les intempéries.
Pelouse et piste : gazon naturel de haute qualité avec système moderne de drainage et d’arrosage, et réhabilitation de la piste d’athlétisme.
Commodités modernes : quatre vestiaires, salles de soins, salons VIP, salle de contrôle antidopage, espaces médias/presse et un grand écran géant.
- Rénovation majeure du stade de la Paix de Bouaké en Côte d’Ivoire
Capacité : 25 000 à 40 000 places.
Coût global : 54 milliards de francs CFA.
Durée des travaux : 4 ans, de juin 2019 à mars 2023.
Caractéristiques :
Pelouse : gazon naturel aux dimensions conformes aux normes internationales (119 × 73 m).
Toiture : ajout d’une impressionnante structure métallique de couronnement pour couvrir les tribunes.
Commodités : tribunes de presse modernisées, vestiaires refaits à neuf, espaces VIP et VVIP aux standards de la CAF, ainsi qu’un parking optimisé de 1 800 places.
- Stade d’Angondjé, aussi appelé stade de l’Amitié Sino-Gabonaise
Capacité : 40 000 places.
Coût : 30 milliards de francs CFA (environ 45 millions d’euros).
Durée des travaux : 19 mois (avril 2010 – novembre 2011).
Caractéristiques principales : une pelouse principale, une piste d’athlétisme aux normes internationales, un plateau sportif (handball, tennis, volley, basket), un terrain d’entraînement et des espaces VIP.
- Stade de Franceville (anciennement stade Rénovation) au Gabon
Capacité : 22 000 places assises.
Coût : environ 50 milliards de FCFA (76 millions d’euros) en 2012.
Durée des travaux : 2010 – janvier 2012 (soit environ 2 ans de chantier).
Caractéristiques techniques : aire de jeu : pelouse naturelle de haute qualité (dimensions 105 × 68 m).
Vestiaires : capacité d’accueil simultané de quatre équipes.
Écologie : dispositif de récupération et de recyclage des eaux de pluie pour l’arrosage de la pelouse.
Statut actuel : c’est actuellement l’une des principales enceintes du pays et le stade majeur du Gabon, régulièrement homologué par la Confédération africaine de football (CAF) pour les compétitions internationales.
À la veille de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et dans la perspective de l’organisation de la Coupe du monde 2030, le Royaume chérifien a mobilisé le montant de 9,5 milliards de dirhams (1 029 984 300,00 USD) pour la mise à niveau de six stades : le Grand Stade de Tanger, le Complexe Mohammed V de Casablanca, le Complexe sportif Prince Moulay Abdallah à Rabat, le Grand Stade d’Agadir, le Grand Stade de Marrakech et le Complexe sportif de Fès. 171 664 050 USD par stade.
Un stade au coût de l’ambition
Monsieur Haba lui-même, aussi bien en Guinée que dans ces stades africains, « on ne parle pas de Rénovation comme s’il s’agissait de repeindre des gradins et de retracer des lignes blanches », ils ne sont pas « juste une enceinte de résidence : c’est un système — pelouse certifiée et drainage, éclairage, équipements de retransmission et de communication, de sécurité et de contrôle d’accès, vestiaires et zones mixtes, salles de presse, antidopage, assistance vidéo, et, pour un complexe multisports, piste, piscines et salles omnisports ».
Chaque élément a effectivement répondu à un cahier des charges international ; aucun n’a été improvisé ; tous les frais ont été réglés en USD. Et, en grande partie, ce sont des démolitions et des constructions nouvelles. »
Mais, avec une notable différence : alors que Monsieur Bogola Keamou Haba prolonge la durée des travaux en promettant de remplir toutes les commodités pour 2030, ces stades africains cités, eux, sont opérationnels, certifiés, homologués par la CAF et la FIFA.
Pour être cependant complet et clore ce chapitre des comparaisons pas si déséquilibré pour Monsieur Haba, dans la perspective de la Coupe du Monde 2026, le SoFi Stadium de Los Angeles a coûté 5,5 milliards USD, le MetLife Stadium 1,6 milliard USD, le Mercedes-Benz Stadium 1,5 milliard USD.
En Europe, pour citer les deux clubs les plus populaires en Guinée, le coût de la rénovation du Santiago-Bernabéu du Real Madrid, avec un budget initial de 575 millions d’euros annoncé en 2018, a finalement doublé pour atteindre 1,347 milliard d’euros, et celui de son historique adversaire, le Camp Nou de Barcelone, est passé de 960 millions d’euros à 1,45 milliard d’euros en raison de nouveaux aménagements et de l’inflation des matériaux.
Ces différents exemples ont l’avantage de nous enseigner qu’un stade n’a pas de coût fixe : il a le prix de l’ambition de son propriétaire.
La flambée internationale des coûts des matériaux
« Sans rien présumer », comme son successeur, Monsieur Cellou Baldé, Monsieur Bogola Keamou Haba a raison : pour les stades guinéens du 28-Septembre et de Nongo aussi, le coût des matériaux de construction a connu une forte inflation ces dernières années.
En effet, après une longue période de stabilité entre 2010 et 2020, les prix ont subi une fulgurante hausse de 31 % de façon cumulée de 2020 à 2023, en raison des tensions post-pandémie et de la crise énergétique.
Le ciment, l’acier, l’aluminium, le bois et les produits isolants ont été les plus touchés, avec une hausse variant entre 10 % et 30 %.
Le piège de la démagogie improductive
L’investiture du Président Mamadi Doumbouya, au stade de Nongo, sans aucun rapport avec les 250 millions USD et pour laquelle tous les services concernés ont joué leur partition, ne peut pas servir d’argument à Monsieur Bogola Keamou Haba dans sa laborieuse démonstration.
Le stade du 28-Septembre, à l’intention de Monsieur Haba, sous les deux premiers régimes guinéens, a aussi abrité des événements politiques et culturels drainant du monde. Restauré, il le pourra encore.
Aujourd’hui, point besoin de s’abriter derrière un quelconque propos démagogique pour voir la volonté politique et rendre au Président Mamadi Doumbouya le mérite qui lui revient dans la restauration des deux stades, après la longue pause observée sous la transition Capitaine Moussa Dadis Camara-Général Sékouba Konaté et la décennie Alpha Condé.
La procédure des marchés n’est pas une garantie
L’argumentaire de la procédure ne justifie rien : « le Gouvernement et l’Assemblée nationale l’approuvent et ouvrent la ligne budgétaire. Les architectes et les bureaux d’études conçoivent. L’ARMP contrôle et approuve la passation des marchés. L’entreprise adjudicataire exécute. L’ACGP et les bureaux de contrôle interne et externe valident les plans, les coûts et les décomptes en cours d’exécution. Le pôle économique mobilise le financement et paie. L’Inspection, le contrôle financier et la Cour des comptes auditent a posteriori. »
Peut-il citer un marché public émaillé de scandales qui a échappé à cette règle ? Une fois de plus, sur le montant des 250 millions USD, objet de polémiques, aucun débat ne saurait trancher dans un sens ou l’autre. En vérité, un stade vaut sa réalité.
Abdoulaye CONDE

