Après l’éboulement à la décharge de Dar-es-salam, le déguerpissement plonge des familles dans l’incertitude à Hamdallaye 1
Quelques jours après l’éboulement meurtrier survenu à la décharge de Dar-es-Salam, qui a fait plus d’une trentaine de morts, les riverains de cette montagne d’ordures sont désormais confrontés à une nouvelle épreuve. Les autorités ont engagé une opération de démolition de plusieurs habitations situées aux alentours du site, contraignant des familles à quitter leurs logements dans l’urgence.
Pour les personnes concernées, cette opération vient aggraver une situation déjà difficile. Certaines affirment n’avoir reçu aucun avertissement préalable et disent ne pas savoir où aller ni quelles mesures d’accompagnement sont prévues.
Parmi les victimes du déguerpissement figure Bangaly Camara, dont la famille occupait les lieux depuis plusieurs décennies.
Face aux journalistes, il explique son désarroi. ‘’Depuis 1980, mon papa a construit ici. Voici le premier bâtiment. Et le deuxième bâtiment, c’est moi-même qui ai construit ça en 2012. Subitement, ils sont venus, ils ont mis une croix sur ça. Au lieu de nous avertir, ils n’ont pas fait ça. Ils nous disent maintenant de quitter d’un coup’’, confie-t-il.
M. Camara affirme avoir tenté, avec d’autres habitants, de convaincre les autorités de leur accorder un délai afin de prendre des dispositions.
‘’Au moins si nous étions avertis, là on allait prendre des dispositions. On les a plaidés, plaidés, fatigués, mais vraiment ils n’ont pas accepté’’, déplore-t-il.
La principale inquiétude des familles concernées reste désormais leur avenir. Après avoir été contraintes de quitter leurs maisons, certaines ont dû trouver refuge provisoirement chez des voisins.
‘’Là, on confie tout à Dieu. On se remet à Dieu, vraiment. Nous avons confié nos bagages à nos voisins là-bas. Et c’est là-bas que nous avons passé la nuit. Vraiment, on ne sait pas où aller’’, souligne Bangaly Camara.
‘’Nous avons des enfants. Les enfants sont là, les femmes sont là, ils sont tous là, chez nos voisins aussi’’, poursuit-il.
Pour Bangaly Camara, l’État reste leur principal recours dans cette épreuve. ‘’L’État est toujours la priorité. On ne peut rien par rapport à ça, vraiment’’, affirme-t-il, avant de lancer un appel aux autorités.
‘’Ce que nous pouvons dire à l’État, s’il peut au moins venir au secours, au moins pour nous soulager un peu’’, plaide-t-il.
Au-delà du relogement, la question d’une éventuelle indemnisation demeure en suspens.
Selon Bangaly Camara, aucune information précise n’a pour l’heure été communiquée aux habitants sur un éventuel remboursement ou une quelconque compensation.
‘’Ils n’ont rien dit par rapport à ça. Ce matin-là, il y a une équipe qui est venue, ils ont commencé à faire le recensement. Et depuis lors rien’’, a-t-il affirmé.
‘’Le recensement, c’était verbal quand même. Ils ont fait le recensement, ils sont passés. Mais la machine continue toujours la démolition’’, conclut-il.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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