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Pita : une mère lance un appel à l’Etat après la disparition de sa fille partie pour un prétendu voyage en France

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Depuis plusieurs mois, de nombreuses familles guinéennes seraient confrontées à des réseaux qui promettent à des jeunes des voyages vers l’Europe. Des recruteurs, qui opéreraient depuis la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, utilisent différentes promesses pour convaincre leurs victimes de quitter leurs familles.

À Maci, dans la préfecture de Pita, Safiata Bah, mère de Mariama Dalanda, âgée de 18 ans, vit depuis près de trois mois dans l’inquiétude.

Sa fille a quitté le domicile familial sans informer ses proches de sa destination. Selon le témoignage de la mère, recueilli par la rédaction de VisionGuinee, la jeune fille lui avait auparavant parlé d’un jeune homme vivant en France qui souhaitait l’épouser et lui promettait de l’aider à rejoindre l’Europe.

‘’Elle est partie sans me dire exactement où elle allait. Avant son départ, elle m’avait parlé d’un jeune homme avec qui elle échangeait et qui voulait l’épouser. Elle m’avait expliqué qu’il vivait en France. Je lui ai dit que s’il était sérieux, il devait envoyer sa famille pour demander sa main. Elle m’a répondu qu’elle aimait ce jeune homme et que celui-ci lui avait promis de l’envoyer en France. Je lui ai toujours dit que, dans tous les cas, sa famille devait venir nous voir avant toute chose’’, raconte Safiata.

Un mois après leurs échanges sur cette question, Mariama a quitté la maison sans prévenir sa famille. Quelques jours plus tard, ses proches auraient appris qu’elle était passée par Coyah avant de poursuivre son voyage vers la Sierra Leone.

‘’Après son départ, nous avons appris qu’elle était passée par Coyah avant d’aller en Sierra Leone. Un mois après son arrivée là-bas, elle m’a envoyé un message vocal pour me dire qu’elle était arrivée en France. Je lui ai demandé qui l’avait envoyée là-bas et elle m’a répondu que c’était le jeune homme qui voulait l’épouser’’, poursuit la mère.

Safiata affirme avoir exprimé ses inquiétudes à sa fille, estimant qu’elle ne pouvait pas se retrouver à l’étranger auprès de son prétendant sans que le projet de mariage n’ait été clarifié avec la famille.

‘’Je lui ai dit que je n’étais pas contente parce qu’elle ne pouvait pas aller retrouver son prétendant en France sans que le mariage n’ait lieu et sans que les familles se rencontrent. Plus tard, je lui ai demandé de me dire où elle se trouvait réellement. Elle répétait toujours qu’elle était en France et que nous ne la croyions pas’’, explique-t-elle.

Selon son témoignage, Mariama a ensuite demandé à sa famille de lui envoyer quatre millions de francs guinéens pour régler des frais liés à des documents qui lui ont été réclamés.

‘’Elle m’a dit qu’elle avait besoin de quatre millions de francs guinéens pour payer des frais concernant certains documents afin qu’ils puissent sortir librement. J’ai cherché cet argent et je le lui ai envoyé. Cet argent est un prêt et aujourd’hui, nous devons le rembourser. Après avoir envoyé l’argent, je lui ai demandé que nous fassions un appel direct ou un appel vidéo afin que je puisse la voir et être rassurée. Mais elle m’a répondu qu’il n’y avait pas de réseau’’, affirme Safiata.

Depuis, le comportement de la jeune fille inquiéterait davantage sa famille. Sa mère assure que les échanges sont devenus difficiles et que sa fille semble parfois lui répondre d’une manière inhabituelle.

‘’Quand je lui envoie des messages vocaux, elle se fâche parfois et me demande de ne plus lui envoyer autant de vocaux. J’ai l’impression qu’on lui dit ce qu’elle doit me répondre. Dans son dernier message vocal, elle pleurait. Cela nous inquiète énormément parce que nous ne savons pas réellement où se trouve notre fille ni dans quelles conditions elle vit’’, confie-t-elle avec émotion.

Face à cette situation, elle lance un appel aux autorités guinéennes afin qu’elles accompagnent les familles confrontées à ce type de situation et contribuent à retrouver les jeunes qui auraient quitté le pays dans des conditions incertaines.

‘’Aujourd’hui, nous demandons de l’aide à l’État guinéen parce que nous, les parents, souffrons énormément. Les enfants sont facilement manipulés lorsqu’on leur parle d’un voyage vers l’Occident. Dès qu’on leur promet l’Europe, ils sont rapidement tentés. Je demande à ceux qui détiennent ma fille de la laisser rentrer auprès de sa famille. Nous voulons simplement savoir où elle se trouve et qu’elle puisse revenir saine et sauve’’, lance cette mère.

Safiata assure que sa fille continue de communiquer avec elle à travers un numéro de téléphone guinéen. Une situation qui renforce les interrogations de la mère, qui dit ne pas comprendre pourquoi Mariama utilise toujours un numéro guinéen alors qu’elle affirme se trouver en France.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info

00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

 

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