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Alpha Condé aux guinéens : ‘’Être indépendant, c’est pouvoir choisir librement ses dirigeants, les contester et les remplacer pacifiquement’’

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Soutra

Alors que la Guinée s’apprête à célébrer le 68ᵉ anniversaire de son accession à l’indépendance, l’ancien président Alpha Condé, dans un message publié sur sa page Facebook, a défendu son bilan à la tête du pays entre 2011 et 2021 et porté un regard critique sur la gouvernance depuis 2021.

L’ancien chef de l’État a rappelé la portée historique de l’indépendance guinéenne. Il a également souligné que la fête nationale appartient à l’ensemble du peuple et non à une génération ou à une formation politique.

‘’Il y a soixante-huit ans, le peuple de Guinée écrivait une page majeure de son histoire. Le 2 octobre 1958, notre peuple choisissait la liberté et l’indépendance’’, a-t-il indiqué, avant d’ajouter ‘’qu’être indépendant, c’est pouvoir décider librement de son destin, disposer de ses ressources dans l’intérêt de la Nation et avoir des institutions démocratiques capables de résister aux hommes, aux clans et aux intérêts particuliers. C’est pouvoir choisir librement ses dirigeants, les contester et les remplacer pacifiquement. C’est pouvoir parler, écrire, enquêter et manifester sans craindre pour sa liberté ou pour sa vie’’. 

Revenant sur son passage à la tête du pays, Alpha Condé a appelé à porter un regard qu’il veut ‘’honnête’’ sur la période 2011-2021. Il soutient que ‘’lorsque j’accédais au pouvoir à la fin de 2010, la Guinée sortait d’une longue période d’instabilité’’.

Il a laissé entendre que ‘’les équilibres macroéconomiques étaient rompus, les infrastructures presque inexistantes, l’accès à l’électricité était un rêve et nos mines étaient bradées et inexploitées’’.

Pour illustrer les actions engagées durant cette période, l’ancien président a souligné que ‘’nous avons alors engagé des réformes économiques et financières majeures qui ont permis, avec l’accompagnement des institutions de Bretton Woods, l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, ouvrant la voie à un allégement de dette estimé à environ 2,1 milliards de dollars’’.

Dans le même registre, Alpha Condé a mis en avant les réalisations enregistrées dans plusieurs secteurs. ‘’Des réalisations importantes ont été faites dans l’énergie, avec les barrages Kaléta et Souapiti, et les infrastructures routières. Dans le secteur minier, le nouveau Code de 2011 a rendu le secteur plus attractif. Les négociations sur Simandou ont fait du port en eau profonde de Moribaya le socle d’un projet devant créer des milliers d’emplois. En 2020, malgré la pandémie de Covid-19, la croissance atteignait environ 7,1 %. La Banque mondiale estimait également que la pauvreté monétaire avait reculé de 48,5 % en 2014 à 43,7 % en 2018’’, a-t-il énuméré.

Selon lui, ces résultats ont été accompagnés d’avancées dans l’administration, la santé, l’éducation, les infrastructures, l’électrification rurale et l’agriculture.

L’ex-président Alpha Condé a reconnu que la période 2011-2021 a été marquée par des tensions politiques et des violences. Il a souligné qu’une ‘’lecture honnête de notre histoire doit reconnaître ces acquis sans nier les insuffisances et les erreurs de cette période. La Guinée de 2011 à 2021 a aussi connu des manifestations meurtrières, des arrestations, des tensions politiques et des accusations d’usage excessif de la force. Je m’incline, au nom de l’État guinéen, devant la mémoire de toutes les victimes de ces épisodes sombres de notre histoire commune’’.

Depuis 2021, Alpha Condé porte un regard critique sur la situation politique du pays. Il affirme que des ‘’organisations internationales de défense des droits humains ont documenté la restriction de l’espace civique, l’interdiction de manifestations, les arrestations de journalistes et d’opposants, l’exil forcé de certains guinéens, la fermeture ou la suspension de médias, ainsi que des cas de disparitions forcées en dehors de toute procédure légale et régulière et la mort suspecte de nombreux guinéens’’.

Dans le même temps, l’ancien président dénonce la dissolution de 107 partis politiques ainsi que le placement sous observation de 67 autres.

‘’Peut-on prétendre construire durablement l’État de droit lorsque l’espace permettant aux citoyens de s’organiser, de s’exprimer, de manifester et de contester le pouvoir se réduit ?’’, s’est-il interrogé, avant de dire à qui veut l’entendre que ‘’l a liberté n’est pas un privilège. La presse libre n’est pas une faveur. La justice ne doit appartenir ni à un gouvernement ni à un individu, mais au droit et à la Nation guinéenne. Les ressources naturelles appartiennent, elles aussi, à la Nation’’. 

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info

00224 628 52 64 04/abdoulbela224@gmail.com

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