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Béa Diallo pousse un coup de gueule : ‘’les gens sont mal payés quand ils travaillent ici…des jeunes sont payés à 600 000 GNF’’

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Soutra

Le ministre de la jeunesse, Lansana Béa Diallo, a dénoncé les faibles rémunérations de nombreux jeunes employés dans le secteur privé. Il a appelé les entreprises à mieux partager les richesses générées par le travail des jeunes et à leur offrir davantage d’opportunités professionnelles.

S’exprimant ce mercredi 30 septembre devant plusieurs responsables, le ministre a pointé les écarts entre les revenus générés par des travailleurs et les salaires qui leur sont versés. Il a notamment cité le cas des jeunes employés dans les sociétés de sécurité.

‘’Il faut que les entrepreneurs comprennent une chose : quand tu as 100, c’est 90 % que tu dois donner aux gens qui travaillent, et 10 % dans ta poche. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Et c’est une réalité. Les gens sont mal payés quand ils travaillent ici. Dans les entreprises privées, les gens sont mal payés. Une société de sécurité, des jeunes sont payés à 600 000 francs guinéens alors qu’ils prennent 2 millions et demi, c’est un scandale’’, a-t-il dénoncé.

Pour Béa Diallo, cette situation doit interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité d’encadrer davantage les conditions de travail et de rémunération des jeunes. Il estime qu’un salaire trop faible ne permet pas à un travailleur de vivre dignement.

‘’C’est quelque chose qui me choque, et je trouve ça choquant et notre responsabilité de réglementer ça afin de faire en sorte que les jeunes soient dignes. Quand tu travailles pour 600 000 francs et que tu te déplaces, que tu arrives tous les jours, mais tes 600 000 francs te servent à quoi ? Ils ne te servent à rien. Les gens mendient tout le temps, il faut que ça s’arrête’’, a-t-il insisté.

Le ministre de la jeunesse a défendu une vision sur une meilleure redistribution des richesses et rejeté les qualificatifs politiques associés à son discours social. Il affirme avoir lui-même privilégié le partage des revenus qu’il a accumulés au cours de sa carrière.

‘’On me traite de socialiste, on me traite de communiste. Moi j’ai toujours été indépendant (…). J’ai gagné beaucoup d’argent dans ma vie, wallahi billahi, beaucoup. Mais j’ai donné 80 % de ce que j’ai gagné parce que j’estime que j’ai pas besoin de ça. Je n’ai pas besoin d’avoir 10 voitures, je n’ai pas besoin d’avoir 50 maisons. Je n’ai pas besoin de ça, je vais faire quoi avec ça ?’’, s’est-il demandé.

Lansana Béa Diallo a appelé à renforcer le lien entre les richesses minières du pays et le développement du capital humain. Selon lui, les ressources du sous-sol doivent contribuer à améliorer les conditions de vie et les compétences des populations.

‘’Notre richesse du sous-sol doit contribuer à faire grandir la richesse qui se trouve au-dessus du sous-sol : nos femmes, nos hommes et notre jeunesse. Et cela ne se fera pas en un jour. Cela demande du travail, de la formation, des investissements, des partenaires et surtout une connexion beaucoup plus forte entre la formation, les compétences et les besoins réels de notre économie’’, a-t-il souligné.

Il a invité les entreprises à faciliter l’accès des jeunes aux stages, aux premières expériences professionnelles et au mentorat. Il estime que les compétences d’un candidat ne se résument pas à son curriculum vitae.

‘’Quand un jeune vient vers vous, écoutez-le, même s’il n’a pas encore effectivement toutes les compétences, même si son CV n’est pas parfait, même si son projet doit être mûri. Parce que derrière un CV, il y a parfois un potentiel que le papier ne montre pas toujours. Donnez des stages, donnez des premières expériences, proposez du mentorat. Ouvrez vos entreprises aux jeunes. Et lorsque vous voyez un talent, donnez-lui sa chance’’, a-t-il plaidé.

Pour le ministre Diallo, la question de l’emploi des jeunes est une responsabilité partagée entre l’État, les entreprises, les partenaires et les jeunes eux-mêmes.

‘’Notre ambition ne peut pas être simplement d’extraire le minerai. Notre ambition doit être de faire émerger des compétences, des techniciens, des ingénieurs, des entrepreneurs, des innovateurs, des entreprises guinéennes capables de grandir’’, a-t-il conclu.

Salimtou BALDE, pour VisionGuinee.Info

00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

 

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