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Guinée : l’heure de transformer la croissance en prospérité durable (Par Oumar Kateb Yacine)

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Soutra

Avec une croissance projetée à 7,8 % en 2027, la Guinée pourrait figurer parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne. Derrière cette perspective se dessine une stratégie de transformation portée par le président Mamadi Doumbouya, articulée autour de la mise en valeur des ressources nationales et de la modernisation des infrastructures dans le cadre du programme Simandou 2040. L’enjeu est désormais de convertir cette dynamique en prospérité durable.

La Guinée aborde une étape décisive de son histoire économique. Selon les projections communiquées dans le cadre des Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international (FMI), sa croissance pourrait passer de 7,2 % en 2026 à 7,8 % en 2027, alors que celle de l’Afrique subsaharienne est estimée à 4,5 % en 2026. Au-delà de l’écart entre ces chiffres, cette perspective souligne le potentiel d’une économie qui cherche à transformer ses immenses ressources naturelles en leviers de développement.

Cette dynamique ne repose pas uniquement sur la richesse du sous-sol guinéen. Elle s’inscrit dans une orientation politique engagée depuis septembre 2021, qui place la refondation de l’État, la valorisation des ressources nationales et la réalisation de grands projets structurants au cœur de l’action publique. Sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, l’ambition affichée est de dépasser le modèle d’une économie essentiellement exportatrice de matières premières pour poser les bases d’une transformation industrielle et productive locale.

Il convient néanmoins de distinguer les perspectives annoncées des résultats définitivement acquis. Car la croissance attendue dépendra de l’exécution des investissements, de la conjoncture internationale et de la capacité de l’État à faire profiter l’ensemble de l’économie des retombées des grands projets.

Mamadi Doumbouya, un leadership soutenu par des compétences éprouvées

La dynamique économique engagée en Guinée depuis septembre 2021 ne peut être analysée sans prendre en compte le rôle du président Mamadi Doumbouya, dont la vision politique place la valorisation des ressources nationales et la transformation structurelle de l’économie au cœur des priorités. Au-delà de l’impulsion présidentielle, l’une des dimensions importantes de cette stratégie réside dans la mobilisation de cadres expérimentés chargés de concevoir, de coordonner et de conduire les projets structurants du pays.

La réalisation d’un programme de l’envergure de Simandou 2040 exige en effet une combinaison de qualités rarement réunies dans un seul dispositif. Il faut une volonté politique clairement affirmée, une capacité de décision au sommet de l’État, mais aussi des compétences techniques, une maîtrise des dossiers économiques et financiers et une coordination rigoureuse entre les différentes structures publiques. C’est dans cette articulation entre leadership et expertise que se joue une part importante de la crédibilité de la stratégie guinéenne.

En s’appuyant sur des cadres chevronnés pour accompagner la mise en œuvre de ses orientations, le président Doumbouya cherche à donner à son ambition une traduction opérationnelle. Le rôle des responsables chargés du suivi des projets, de la mobilisation des investissements et de la coordination des politiques publiques est déterminant pour transformer les décisions en réalisations. Leur capacité à anticiper les difficultés, à respecter les échéances et à assurer la cohérence des interventions conditionnera directement les résultats obtenus.

Cette approche traduit une réalité essentielle de la gouvernance économique. Les grandes transformations ne sont jamais le produit d’une seule volonté, aussi forte soit-elle. Elles reposent sur la qualité des équipes, la clarté des responsabilités et la capacité collective à exécuter les décisions. Le leadership présidentiel donne l’impulsion et fixe le cap, tandis que l’expertise des cadres permet de convertir cette orientation en programmes, en infrastructures et en activités productives.

Simandou 2040, le pari d’une économie diversifiée

Au cœur de cette ambition se trouve le projet intégré de Simandou. Avec ses importantes réserves de minerai de fer, ce gisement représente une opportunité historique pour la Guinée. Son exploitation, associée au développement du chemin de fer et des infrastructures portuaires, doit stimuler les investissements, accroître les capacités d’exportation et créer de nouvelles activités dans le transport, la logistique et les services industriels.

L’enjeu dépasse donc la seule production minière. Les infrastructures construites dans le cadre de Simandou peuvent devenir des instruments de transformation économique, à condition de favoriser également les échanges intérieurs, l’implantation d’entreprises et l’émergence de nouvelles activités productives.

La montée en puissance du projet contribue à soutenir la croissance en 2027. Mais sa véritable portée dépendra de la capacité du pays à capter une part substantielle de la valeur créée, à développer les compétences nationales et à intégrer les entreprises guinéennes aux chaînes d’approvisionnement. Simandou ne changera durablement le destin économique du pays que si ses retombées dépassent les limites du secteur minier. Et la Guinée est aujourd’hui dans cette dynamique.

C’est toute la logique du programme Simandou 2040, conçu pour inscrire les investissements miniers dans une stratégie de développement à long terme. Structuré autour de cinq piliers, de 122 mégaprojets et de 36 réformes, ce programme couvre notamment l’agriculture, l’industrie, l’éducation, les infrastructures, les technologies, la finance et la santé. Son ambition financière, estimée à plus de 200 milliards de dollars sur quinze ans, témoigne de l’ampleur de la transformation envisagée.

La cohérence de cette approche réside dans sa volonté de faire converger les investissements vers plusieurs objectifs complémentaires. L’agriculture doit gagner en productivité et contribuer à la sécurité alimentaire. Les infrastructures doivent réduire les coûts de transport et faciliter les échanges. L’éducation et la formation professionnelle doivent préparer une main-d’œuvre qualifiée, tandis que le développement industriel favoriserait la transformation locale des matières premières.

Cette vision permet d’envisager un modèle dans lequel les richesses minières financent progressivement une économie plus diversifiée. Elle ne garantit toutefois pas, à elle seule, la réalisation de ces ambitions. La sélection des projets prioritaires, la mobilisation des financements, la qualité des études et la rigueur de l’exécution seront déterminantes.

La responsabilité des cadres chargés de la mise en œuvre est ici essentielle. Leur compétence, leur capacité d’anticipation et leur coordination doivent permettre de traduire la vision présidentielle en résultats mesurables. Dans un programme de cette dimension, la discipline dans l’exécution est aussi importante que l’ambition politique.

La croissance à l’épreuve des retombées sociales

La croissance guinéenne dépendra également de la capacité de l’État à améliorer la gestion des ressources publiques et l’environnement des affaires. La lutte contre la corruption, la transparence dans les marchés publics, la prévisibilité réglementaire et l’efficacité administrative constituent des conditions essentielles pour renforcer la confiance des investisseurs et garantir une utilisation productive des financements.

L’industrialisation représente un autre chantier majeur. La transformation de la bauxite en alumine, le développement des capacités de raffinage de l’or et la création d’activités de sous-traitance autour des grands projets peuvent accroître la valeur ajoutée produite sur le territoire national.

La diversification des partenariats économiques est également nécessaire pour attirer les capitaux, les technologies et les compétences dont le pays a besoin. Il appartient à l’État de négocier des accords équilibrés, de défendre les intérêts nationaux et de veiller à ce que les investissements se traduisent par des retombées concrètes pour les entreprises et les travailleurs guinéens.

Cette transformation exige enfin une politique ambitieuse de formation. Sans techniciens qualifiés, ingénieurs, spécialistes de la maintenance et cadres capables de maîtriser les technologies industrielles, une part importante des bénéfices économiques risque de profiter à des compétences recrutées à l’extérieur. Le développement du capital humain doit donc accompagner les investissements physiques.

Une croissance de 7,8 % constituerait une performance remarquable si elle se confirme. Mais le taux de croissance ne saurait être l’unique indicateur du succès économique. La question fondamentale est de savoir dans quelle mesure cette progression se traduira par des emplois durables, une amélioration du pouvoir d’achat, un meilleur accès aux services publics et une réduction de la pauvreté.

La gestion des recettes minières sera, à cet égard, décisive. Une partie des ressources devra soutenir les investissements productifs, tandis qu’une gestion prudente des finances publiques permettra de limiter les risques liés aux fluctuations des cours internationaux. La maîtrise de l’endettement, la qualité des dépenses et la protection des populations les plus vulnérables devront accompagner la stratégie de croissance.

Le risque serait de voir une expansion rapide des activités extractives coexister avec une économie intérieure insuffisamment développée. Pour l’éviter, la politique économique devra favoriser les petites et moyennes entreprises, renforcer les chaînes de production locales et veiller à une répartition plus large des bénéfices de la croissance.

Les perspectives de croissance de la Guinée traduisent les attentes suscitées par Simandou et par la stratégie de développement engagée sous la présidence de Mamadi Doumbouya. Elles mettent en lumière une opportunité réelle, mais aussi une responsabilité historique : celle de transformer une richesse minière exceptionnelle en fondement d’une économie productive, diversifiée et créatrice d’emplois.

Le mérite d’une vision comme Simandou 2040 est de chercher à dépasser la seule exploitation des ressources naturelles pour inscrire le développement dans la durée. Sa réussite dépendra toutefois de la capacité des autorités à maintenir le cap, à s’appuyer sur des cadres compétents, à garantir la transparence dans l’exécution et à évaluer les résultats obtenus.

La Guinée dispose d’atouts considérables. Elle possède des ressources naturelles, un potentiel agricole important et des perspectives d’investissement susceptibles de modifier son positionnement économique en Afrique de l’Ouest. Encore faut-il que ces avantages soient accompagnés d’institutions efficaces, d’un capital humain renforcé et d’une politique industrielle cohérente.

Le véritable succès du leadership de Mamadi Doumbouya ne se mesurera pas seulement à la croissance enregistrée en 2027, mais à la capacité de son action à transformer durablement l’économie et les conditions de vie des Guinéens. Simandou peut être le catalyseur de cette mutation et Simandou 2040 en constitue l’ambition structurante. La responsabilité des dirigeants et des cadres chargés de son exécution sera de faire de cette promesse un héritage économique concret pour les générations futures. Ainsi, dans les années à venir, on peut espérer que la Guinée intégrera le cercle des pays émergents.

Oumar Kateb Yacine
Journaliste, analyste géopolitique
E-mail : bahoumaryacine@gmail.com

 

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