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Coyah : 100 jours du conseil communal, des acteurs de la société civile dressent un bilan mitigé

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Soutra

Après un peu plus de trois mois aux commandes, le conseil communal de Coyah a franchi le cap des 100 jours. Si des avancées sont relevées, notamment dans le domaine de l’assainissement, les attentes restent nombreuses. Interrogés par notre rédaction, deux responsables de la société civile, Alsény Bangoura et Aboubacar Tulpony Bangoura, dressent un bilan mitigé et formulent plusieurs recommandations à l’endroit des autorités communales.

Alsény Bangoura, président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Coyah, qualifie de positifs les efforts fournis dans le domaine de l’assainissement, mais invite la mairie à renforcer le système de nettoyage.

‘’Ils sont en train de faire un effort par rapport à l’assainissement et à l’évacuation des ordures produites au niveau du marché. Ils ont réussi aussi à dégager la route qui mène au quartier nord, qui était complètement bloquée par les vendeurs. Aujourd’hui, cette route est praticable 24 h/24. Avant, il fallait attendre 23 heures pour pouvoir y circuler. Maintenant, on peut y passer à n’importe quelle heure. Je pourrais dire que c’est un bilan positif’’, indique-t-il.

‘’Mais je pense que la commune doit renforcer le système d’assainissement. J’ai appris qu’ils ont des difficultés. Ils louent les camions très cher pour acheminer les ordures au dépotoir de Baritodé à Kouria. Pourquoi ne pas chercher à acquérir un camion propre à la commune ? Dans ce cas, il n’y aurait que l’entretien et le carburant à payer’’, estime-t-il.

Il déplore toutefois un effectif pléthorique au sein de la commune ainsi que des pratiques opaques dans la délivrance des extraits de naissance biométriques.

‘’Un autre point que je n’apprécie pas, c’est la gestion du personnel au sein de la commune. Il y a un effectif pléthorique. En réalité, je ne vois pas pourquoi tout ce nombre au sein de la commune si ce n’est pour dépenser inutilement. Il y a aussi la mauvaise gestion de l’extrait de naissance biométrique. Je ne dirais pas que c’est au niveau du conseil communal, mais au niveau de l’État civil relevant de la commune. Quand vous demandez, ils disent que c’est fini. Mais entre-temps, ils font payer des sommes colossales à certaines personnes’’, dénonce-t-il.

‘’C’est vrai que de Conakry à Yomou, il y a une rupture de stock. Mais il y a des endroits où ils ont préféré garder des imprimés pour les revendre. Alors que le chef de l’État a mis tous les moyens à disposition pour que tous les Guinéens puissent obtenir ce document très important. S’il n’y en a pas, on peut comprendre. Mais pourquoi dire qu’il n’y en a pas et continuer à escroquer les paisibles populations ?’’, s’interroge Alsény Bangoura.

Parmi les attentes, il exhorte la mairie à trouver un marché digne de ce nom pour la population.

‘’La première attente, c’est d’aider les femmes de Coyah à avoir un marché digne de ce nom. Le marché qu’on a en plein centre-ville était fait pour 25 000 habitants. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 100 000. Ce marché ne peut plus contenir tout le monde. Ils ont délocalisé le marché à Babouané dans Filly 1, mais ce n’est pas la solution. Parce que pendant l’hivernage, l’eau inonde toute la zone. Et les marchands sont exposés à des maladies hydriques. Cela doit être une priorité aujourd’hui’’, lance-t-il.

Même son de cloche chez Aboubacar Tulpony Bangura, premier vice-président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Coyah.

‘’Pour les premiers 100 jours passés à la tête de la commune, nous notons quand même une volonté de mieux faire, d’aller vers le développement, surtout dans le domaine de l’assainissement. Nous voyons un engagement de la part de ces autorités à assainir la ville, à donner à Coyah une image plus attrayante. Un autre fait positif, nous avons aussi noté leur volonté de respecter la redevabilité. Puisque lors du dernier conseil communal, c’est l’une des rares fois où la société civile a été invitée à y prendre part. C’est déjà un pas vers l’inclusion dans le développement’’, estime-t-il.

Malgré cette volonté, il affirme qu’il reste beaucoup à faire dans le domaine des infrastructures scolaires et routières.

‘’Cela ne suffit pas, car la gestion de la collectivité ne s’arrête pas seulement à l’assainissement. Il y a d’autres priorités, notamment dans le domaine de l’éducation. Pensez aux infrastructures scolaires, vous conviendrez avec moi qu’il y a des effectifs pléthoriques dans les établissements publics, malgré l’existence de plusieurs écoles privées dans la zone. Il faut que cela soit aussi une priorité. Ensuite, pensez aux infrastructures routières, surtout les routes d’accès. Il y a des quartiers très enclavés à Coyah’’, souligne Aboubacar Tulpony Bangoura.

Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
00224 621 85 28 75 | djiwo.barry@visionguinee.info

 

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