[dropcap]L[/dropcap]e mardi 19 avril dernier, des femmes de l’opposition étaient dans la rue. Elles exigeaient “la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, l’indemnisation de toutes les victimes de violence politique ainsi que l’identification et la traduction devant les tribunaux sans délai des véritables auteurs des crimes et délits”.
La manifestation qui devrait débuter au Port autonome de Conakry pour prendre fin au ministère de la Justice a été étouffée par les forces de l’ordre déployées sur le terrain. La question qui brûle les lèvres est de savoir qui a interdit cette marche qui, pourtant, avait été autorisée par la présidente de la délégation spéciale de Kaloum.
Mercredi chez nos confrères des Grandes gueules, le gouverneur de la ville de Conakry a été interpellé sur le sujet. Le général Mathurin Bangoura a reconnu que la marche est permise. “Elle est autorisée, c’est même prévu par la loi”, souligne le successeur de Soriba Sorel Camara.
La marche étant autorisée, le présidente de la délégation spéciale de Kaloum, Makhady Camara a requis les forces de l’ordre pour sécuriser la marche, nous apprend-on. “Ce n’est pas la maire de Kaloum qui doit donner la réquisition. La première réquisition qui a été faite a été signée de moi. Elle n’est pas habilitée à le faire”, précise le général Mathurin Bangoura, qui avoue avoir pris une deuxième pour interdire la marche.
“La deuxième réquisition aussi c’est moi qui l’ai faite. L’itinéraire qui a été indiqué par la maire, le soi-transmis a été fait et j’ai pris la décision pour autoriser la marche pacifique des femmes. La décision a été prise par moi pour annuler la première réquisition”, reconnait le gouverneur de la ville de Conakry. Pour empêcher la marche ? “Oui, c’est moi !”
Pour Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, si Mathurin veut rentrer dans l’histoire de la Guinée, il doit démissionner de son poste. “Si Mathurin ne démissionne pas, la direction nationale de l’UFDG va porter plainte. La plainte va être formulée et nous allons donner des preuves et il va être convoqué par rapport à ça”, prévient le patron des Libéraux démocrates à l’Assemblée nationale.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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