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Le PUP et le PDG : des leçons pour le RPG

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Soutra

[dropcap]L[/dropcap]a force peut donner le pouvoir, mais pas la légitimité. Celle-ci s’acquiert toujours avec le peuple qui la confère à ceux qu’il choisit librement.

L’effritement de la démocratie ne profite à personne et pas même au RPG qui s’impose plus par la force du pouvoir que par la voie démocratique. Le parti au pouvoir semble ne pas avoir appris ou tiré les bonnes leçons du passé pourtant très récent des deux partis qui ont dirigé la Guinée jusqu’en 2008.

À chaque fois qu’un parti fait recours à la force du pouvoir pour gagner, il perd en crédibilité même aux yeux de certains de ses militants. À chaque fois qu’il s’impose par l’injustice, la force et la corruption, il perd en légitimité et c’est pourquoi le peuple ne lui sera pas solidaire lorsqu’il sera confronté à une autre force plus puissante.

À la mort de Sékou Touré en 1984, les militaires se sont emparés du pouvoir à travers un coup d’Etat, le peuple au lieu de sortir pour réclamer la restauration de l’ordre constitutionnel, avait plutôt chanté et dansé pour exprimer son soutien à l’endroit des putschistes. Partout à travers le pays, les gens sont sortis pour acclamer Lansana Conté et ses compagnons putschistes et les applaudir comme libérateurs. Vive le glorieux peuple de Guinée ! On entendait chanter dans la rue. Chose que moi tout petit je confondais à « Vive le goloria pepoule de Guinée ».

Par la suite, lorsqu’en décembre 2008, le Président Conté passa de vie à trépas et que Dadis et ses compagnons du CNDD s’emparèrent du pouvoir, ils furent acclamés par les populations qui leur conférèrent ainsi une légitimité au détriment d’Aboubacar Somparé et de l’ordre constitutionnel.

Ainsi, contrairement à ce qui s’est passé au Burkina en 2015 ou en Turquie en 2016 où dans les deux cas, les populations sont sorties massivement pour faire échouer les coups d’état, en Guinée que ce soit en 1984 ou en 2008, le peuple s’est rangé du côté des putschistes.  Le PDG, parti au pouvoir jusqu’en 1984 et le PUP parti au pouvoir jusqu’en 2008, avaient perdu le soutien et la confiance populaires qui confèrent à tout pouvoir la légitimité nécessaire pour survivre à toute contestation violente. Le PDG et le PUP avaient tous les deux le même problème en commun : ils s’imposaient plus et injustement par la puissance de l’État que par la volonté populaire.

Ces partis, malgré qu’ils avaient imposé leur domination sur le gouvernement et l’armée, n’ont pas pu empêcher ou résister aux putschs qui les ont balayé du pouvoir. Pire, ils n’ont pas réussi à se remettre de cette déchéance pour survivre après la mort de leurs leaders.

Le président Alpha Condé et le RPG auraient dû tirer les bonnes leçons de la chute de ces deux partis en cherchant à assurer la légitimité de leur pouvoir par des actions d’ouverture, de partage, de justice et de réconciliation. Malheureusement, le RPG semble avoir tiré les mauvaises leçons des échecs de ces deux parti-états qui lui ont précédé au pouvoir.

Pour les dirigeants du RPG, le PUP et le PDG n’étaient certainement pas allés très loin dans leur entreprise de domination et de monopolisation du pouvoir. Il faut donc se retrancher dans ses arrières puritanistes et purger de l’armée ou de l’administration tous ceux qui seraient à mesure de défier leur pouvoir. En le faisant, ils ont réussi à antagoniser un large segment de la population qu’ils qualifient certains jours d’apatrides, d’autres jours de haineux et parfois d’ennemis.

Aujourd’hui, la force et la folie du pouvoir les empêchent de voir leur faiblesse qui réside dans les frustrations d’une bonne partie du peuple. Qu’ils ne soient donc pas surpris que quelqu’un qui était jusque-là complètement inconnu du peuple les balaye du pouvoir. Qu’ils ne soient surtout pas surpris que la population sorte massivement l’applaudir et lui conférer la légitimité que eux ils n’auraient pas par mépris cherché à se construire. Si ceci arrivait, ce serait vraiment dommage pour notre pays, car ce serait encore un retour en arrière que nous ne souhaitons pas pour notre pays.

Seule la bonne gestion du pouvoir par Alpha Condé et le RPG pourraient nous empêcher de retomber dans le chaos que le pays avait connu au lendemain des coups de 2008 et de 1985. L’histoire impartiale ne sera pas tendre avec eux si à travers leurs actions, le pays est plongé de nouveau dans le chaos avec un avenir plein d’incertitudes. Il leur incombe en tant que détenteurs du pouvoir d’être inclusifs dans la gestion du pays, magnanime dans l’exercice du pouvoir et surtout d’instaurer un état juste et équitable dans lequel chaque citoyen se sentira appartenir.

Abdoulaye BARRY
ajbarry@live.com
Portland, OR 97219

Soutra
1 commentaire
  1. LHOMME INTEGRE dit

    JE VALIDE…LE RPG APPRENDRA A SES DÉPENDS…CEST UN PARTI QUI EST TOTALEMENT A COTER DE LA PLAQUE….LAVENIR NOUS EDIFIERA…AUJOURD’HUI ILS UTILISENT LA FORCE PUBLIQUE POUR BRIMER TOUT CE QUILS RENCONTRENT SUR LEUR CHEMIN…MAIS ILS OUBLIENT QUE SEKOU TOURE ÉTAI PASSER PAR LA ET QUE LE PDG NEST MEME PAS EGAL A SON OMBRE DE NOS JOURS…LE RPG EST UN PARTI ETAT DONC VOUÉE A UNE SEULE PERSONNE QUI EST ALPHA, LORSQUE ALPHA PARTIRA, IL NE RESTERA PLUS RIEN POUR LE RPG ET ILS N AURONT QUE LEURS YEUX POUR PLEURER….

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