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La révision du fichier électoral guinéen s’impose !

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Soutra

[dropcap]D[/dropcap]epuis quelques jours, la CENI rencontre les acteurs de la vie électorale en Guinée (partis politiques, diplomates, société civile). C’est un processus qui pourrait présager une volonté de concertation dont l’issue serait la transparence des processus électoraux à venir.

Se concerter pour asseoir quelque chose est une pratique connue en Guinée, mais ce qui manque le plus souvent, c’est respecter les décisions obtenues des assises. Le développement récent de la vie politique électorale en fait foi. Toutefois, il faut mettre à l’actif de ces séries de rencontres : des informations partagées et la réaction de certains acteurs majeurs politiques.

En termes d’informations partagées, les différentes rencontres ont permis de savoir la volonté d’informatisation de la remontée des résultats électoraux dans un environnement où la confiance n’est pas au rendez-vous. A ne pas oublier qu’en 2010, la remontée informatique des données avait causé des problèmes.

A Matoto, par exemple, alors que le processus de dépouillement n’avait même pas encore commencé, à la CENI, les données étaient enregistrées sur la plateforme. Le processus avait alors été travesti. C’est ainsi que le Général malien Toumani Sangaré, alors Président de la CENI, l’avait fait arrêter et exiger la remontée traditionnelle.

Informatiser le processus électoral est une nécessité à l’ère numérique encore que l’opération choisie obéisse à un processus d’appel d’offres digne et accepté de tous les acteurs. Informatiser le processus électoral impose de répondre à quelques interrogations : quelle technologie sera utilisée et pour quelle population ? Qui sont ceux qui vont l’utiliser ?  Informatiser le processus électoral en Guinée ne doit pas être un effet de mode, il faut d’abord réunir toutes les conditionnalités pour sa pleine et entière exécution. La Guinée n’est encore prête.

S’agissant de la réaction du secrétaire administratif du RPG qui estime que la Guinée possède l’un des meilleurs fichiers de la région, qu’il sache que l’audit du groupe d’experts internationaux sur le fichier électoral a révélé la présence de 1.574.388 fictifs qui constituent 40% du corps électoral. Flatté un tel fichier insinue que ces fictifs profitent à ce dernier et constituent leurs désormais électeurs sur lesquels il peut compter car beaucoup sont partis.

En somme, l’informatisation du processus électoral reste pour l’instant, même si elle anime le débat politique, un souhait qui ne corrobore pas avec les textes juridiques en vigueur en Guinée. La sortie de Lansana Komara permet de croire qu’il n’existe pas de volonté politique devant aboutir à faire respecter les conclusions de l’audit en commençant par la révision du fichier électoral quand bien même la loi guinéenne prévoit une révision périodique de trois mois par an.

Cette autre disposition juridique n’a pas été respectée. Tout laisse transparaitre la volonté de ne pas avoir en Guinée un fichier électoral fiable gage d’une élection transparente et acceptée de tous. Cette autre lutte n’est pas la seule affaire des politiques, elle doit gagner la participation des acteurs sociaux épris de démocratie et de paix car les instabilités en Afrique proviennent d’élections bâclées au profit du régime en place.

Fodé BALDE
Homme politique guinéen
La Guinée d’abord

Soutra
1 commentaire
  1. DD Kawou dit

    C’est très Urgent pour empêcher le RPG arc en ciel de tricher encore une fois.Car,ce parti politique n’a jamais gagné d’élections en Guinée sans la fraude massive à travers les électeurs.

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