Abdourahamane Sikhé Camara, secrétaire général du gouvernement : ‘’la justice était à la solde de l’exécutif’’
[dropcap]L[/dropcap]a nouvelle garde des sceaux, ministre de la Justice et de droits de l’Homme, Fatoumata Yarie Soumah, a été installée mercredi dans ses fonctions. La cérémonie a été présidée par le ministre secrétaire général du gouvernement, Abdourahamane Sikhé Camara.
Dans son allocution, le patron du secrétariat général du gouvernement a indiqué à la ministre Fatoumata Yarie Soumah que la confiance placée en elle par le président de la transition Mamadi Doumbouya ‘’prouve à suffisance l’intérêt qu’il accorde à la promotion des jeunes cadres sur la base du mérite, de l’engagement et de la motivation pour des uns et des autres en les intégrant dans le processus de développement socio-économique de notre pays’’.
Abdourahamane Sikhé Camara lui fait remarquer que ‘’la justice est depuis quelques temps secouée par une vague de contradictions au point de perdre sa puissance en tant que troisième pouvoir ainsi que son efficience et ses nobles objectifs. Pourtant, tout le monde sait que lorsqu’on maîtrise la justice, les écarts et les dérives sont pratiquement impossibles’’.
Rappelant que le colonel Mamadi Doumbouya a promis dès les premières heures de la prise du pouvoir que ‘’la justice va être notre boussole dans la conduite des affaires de l’Etat. Madame la ministre, sachant que la justice est le pilier central de l’Etat de droit, il faut reconnaitre que le droit et la politique ne font pas toujours bon ménage. Quand l’un entre dans un territoire, l’autre en sort’’.
Aujourd’hui, poursuit le secrétaire général du gouvernement, ‘’le constat nous amène à observer quelques manquements qui nous interpellent tous, notamment l’instrumentation de la justice (…). Tant que les affaires resteront en suspens pour différentes considérations partisanes, la justice restera ébranlée et personne n’acceptera de croire en son impartialité’’.
Il rappelle que le mea-culpa des magistrats lors de leur récente rencontre avec le colonel Doumbouya au palais du peuple constitue une ‘’preuve éloquente que la justice était à la solde de l’exécutif alors que ces deux pouvoirs sont séparés. Pour remédier à cet état de fait, les magistrats doivent rétablir la confiance en appliquant la loi et tous les principes de droit afin de contrer toute tentative de déstabilisation des valeurs juridiques’’.
‘’Nos magistrats doivent se mettre en cause afin de bien servir la Guinée et les guinéens’’, insiste M. Camara, indiquant à la ministre Soumah que tous les regards sont rivés sur elle pour que ‘’plus jamais la justice ne soit aux ordres de l’exécutif. Pour y parvenir, il faudra relever des défis pressants dont entre autres contribuer à la promotion et à la protection des droits de l’homme, assurer la formation et perfectionnement aux personnels de l’appareil judiciaire, favoriser l’accès à la justice à tous les guinéens’’.
La ministre de la Justice et des droits de l’Homme a été également appelée à poser des actes pour ‘’consolider l’Etat de droit, l’exercice des libertés publiques individuelle et construire et moderniser les infrastructures judiciaires et pénitentiaires’’.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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