Alors que la question sur le féminisme continue de faire débat, Fatou Baldé Yansané, engagée dans la société civile et la défense des droits des femmes, invite à recentrer le débat sur le sens et les fondements du féminisme. Pour elle, la défense des droits des femmes ne saurait être assimilée à une opposition systématique aux hommes.
Elle estime que, de nos jours, le féminisme est complètement dérouté de son sens. ‘’Le féminisme ne doit pas enlever la féminité aux femmes. Aujourd’hui, le mot féminisme est parfois galvaudé, déformé ou utilisé pour faire passer des comportements qui n’ont rien à voir avec la défense des droits des femmes’’, regrette-t-elle.
Fatou Baldé Yansané rappelle que le féminisme repose avant tout sur un ensemble de droits, de conventions et d’engagements internationaux, qui reconnaissent aux femmes le droit de dénoncer les discriminations, les violences, les inégalités et les situations de vulnérabilité.
‘’Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique a été adopté par l’Union africaine, lors de la 2ᵉ session ordinaire de l’Assemblée de l’Union, à Maputo (Mozambique), le 11 juillet 2003. Instrument africain majeur consacré aux droits des femmes, à l’égalité, à la protection contre les violences et à leur participation à la vie politique et sociale’’, cite l’activiste.
Elle évoque la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000, qui ‘’reconnaît le rôle essentiel des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, les négociations de paix, la consolidation de la paix et la reconstruction post-conflit, tout en appelant à leur protection contre les violences liées aux conflits. Cette résolution a ensuite été complétée par neuf autres résolutions du Conseil de sécurité, formant aujourd’hui le cadre international Femmes, Paix et Sécurité’’.
Elle estime que défendre les femmes nécessite avant tout une connaissance des textes et des mécanismes qui fondent cette défense.
‘’J’ai moi-même consacré des années à ma formation auprès du PNUD, du système des Nations Unies et d’autres institutions spécialisées. Cette formation m’a permis de comprendre que le féminisme institutionnel ne se résume ni à des slogans ni à une opposition entre les femmes et les hommes’’, confie Fatou Baldé Yansané, avant d’insister sur ce que le féminisme ne devrait pas être.
‘’Être féministe, ce n’est pas détester les hommes. Ce n’est pas les insulter. Ce n’est pas les exclure. Ce n’est pas mener une guerre des sexes’’, assure l’activiste, précisant que ‘’c’est aussi défendre l’égalité des droits, l’égalité des chances, l’équité et la dignité, en s’appuyant sur des principes et des instruments reconnus. Et surtout, défendre les femmes ne signifie pas leur demander de renoncer à leur féminité’’.
Elle rejette l’idée selon laquelle l’engagement féministe imposerait aux femmes de renoncer à leur féminité. ‘’On peut être profondément féministe, défendre les droits des femmes et rester pleinement femme’’, assure Fatou Baldé Yansané.
Elle indique que le véritable enjeu’’ n’est donc pas d’opposer les femmes aux hommes, mais de construire une société où les droits, les chances et la dignité de chacun sont respectés’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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