[dropcap]C[/dropcap]omment peut-on parler d’égalité des hommes et des femmes devant la loi si une catégorie de personnes est exempte à comparaître devant la justice ? L’égalité des guinéens devant la justice est réellement un leurre. Il suffit de passer en revue la constitution guinéenne.
À la lecture, on constatera qu’il est fait mention au Titre VIII la Haute Cour de Justice compétente à juger le Président de la République (en cas de haute trahison), le Premier ministre et les ministres pour crimes et délits (article 118). Cette juridiction peine à être installée.
On pourrait s’interroger sur la raison. Elle est toute évidente. À la vérité, les autorités politiques ne sont pas enclines à l’installer pour inéluctablement échapper aux poursuites judiciaires.
Toutefois, les crimes économiques sont imprescriptibles comme le confère le préambule de notre constitution. Cela dit, tout ministre coupable de corruption et de crimes économiques sera tôt ou tard poursuivi devant une juridiction compétente.
Déjà les juridictions étrangères aident la Guinée et les guinéens dans ce sens. Elles semblent être plus soucieuses des populations guinéennes que leur propre juridiction. C’est ça aussi la Guinée !
À observer et à analyser la manière dont est appliquée la loi en Guinée, il ne serait pas faux de croire que la justice n’existe que pour le bas peuple. Ceux qui n’ont pas un des leurs dans la galaxie présidentielle, ministérielle ou encore gouvernementale. La Guinée fonctionne ainsi !
C’est la justice pour les faibles. Et la pensée de Thucydide prend ici tout son sens quand il dit le fort fait ce qu’il peut faire et le faible subit qu’il doit subir. Les guinéens ne se sentent pas protégés par les lois qu’ils ont librement votées par le biais de leurs élus. L’injustice continue engendre la récidive.
Il faut, au nom de l’État de droit démocratique que les guinéens appellent de tous leurs vœux, installer les institutions constitutionnelles. La Haute Cour de Justice doit être installée pour rassurer les populations. C’est aussi une question de bon sens dans la perception de René Descartes.
Fodé BALDE
Jeune Républicain
La Guinée d’abord