S’il était demandé, dans un sujet d’examen, aux différents commis qui se sont succédé ces dernières années à la tête du gouvernorat de Conakry de trouver les voies et moyens pour débarrasser la capitale de l’insalubrité, c’est sûr qu’ils se retrouveraient tous en session à défaut d’être déclarés admis, mais avec dette académique.
Du commandant Sékou Resco Camara à Soriba Sorel, le constat est alarmant. Même si de gros moyens ont été mis à la disposition de ces responsables, le manque reste toujours à gagner et l’insalubrité reste une réalité invaincue et palpable sur les places publiques, les marchés et autres artères de Conakry.
Avec un montant de plus de 7 milliards du contribuable guinéen, l’actuel maître de la ville Conakry n’a pas réussi à assainir même la devanture de sa concession familiale située à Dixinn Gare-rails. Faites-y un tour pour vous en convaincre.
Soriba Sorel, au lieu de lancer un appel d’offres pour recruter en bonne et due forme une société spécialisée dans la collecte et la gestion des ordures, a plutôt préféré regrouper des vieilles femmes pour les employer dans le noble combat contre l’insalubrité. Et pour quelle récupération d’ailleurs ? Allez le savoir au siège du gouvernorat à Coronthie, un autre quartier qui figure parmi les plus sales du pays, s’il n’est pas le premier.
Avec des eaux usées provenant des fosses sceptiques par-ci et des immondices d’ordures entassées çà et là par-là, Coronthie pue à vous couper le souffle. Dans un rapport que le gouvernorat a lui-même publié récemment, le constat sur le terrain n’a-t-il pas révélé que sur les 5 communes de Conakry, Kaloum est la circonscription la plus mal propre après celles de Dixinn, Matam et Matoto, et Ratoma étant bien entendu la plus ou moins propre ? Ce centre d’affaires qui héberge la quasi-totalité des ministères, des directions nationales et autres banques et assurances, mérite-t-il ce sort ?
La réponse des citoyens est plutôt négative. Ils soutiennent que cela est le reflet du laxisme et de la démagogie des autorités qui, pourtant s’attèlent à assainir leur cité à chaque fois que la Guinée doit abriter une rencontre de taille ou recevoir des hôtes de marque. “Mais dès après le départ de ces étrangers, les soucis du des populations liés à cette problématique d’insalubrité sont laissés pour compte”, déplore un habitant rencontré à Sandervalia, et qui s’interroge sur la gestion par le gouverneur troubadour, Soriba Sorel de toute la manne financière déboursé pour rendre la ville propre.
Présent sur tous les fronts pour en appeler au soutien aux actions du président Alpha Condé, ce fervent propagandiste qui, aujourd’hui, vit et respire RPG Arc-en-ciel, ignore-t-il ce qui lui incombe comme responsabilités ? Rien n’est moins sûr dans ce pays où les sentiments priment sur les mérites. Avec une administration à l’image d’une pyramide renversée, la Guinée après 55 ans d’indépendance continue à promouvoir la médiocrité, en mettant à l’écart le principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Songeons-y.
Mady Bangoura, pour VisionGuinee.Info
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