Malgré les tensions sur les marchés internationaux et la hausse de l’inflation, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) assure que le franc guinéen conserve sa stabilité. Devant les députés, le samedi 24 octobre, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative 2026, le premier vice-gouverneur de l’institution, Mohamed Lamine Conté, a présenté les principaux indicateurs économiques du pays.
Dès sa prise de parole, il a évoqué une conjoncture internationale difficile, marquée par le ralentissement de la croissance mondiale et la remontée des prix. Selon les perspectives publiées par le Fonds monétaire international (FMI) le 13 octobre, la croissance mondiale devrait passer de 3,5 % en 2025 à 3,1 % en 2026, avant de remonter à 3,4 % en 2027.
L’inflation mondiale devrait, quant à elle, passer de 4,1 % à 4,7 % sur la même période. Cette évolution s’explique par les conflits au Moyen-Orient et les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz. Le prix moyen du pétrole est désormais estimé à 96 dollars le baril en 2026, contre 68 dollars en 2025.
Pour la Guinée, importatrice de pétrole et de denrées alimentaires, ces tensions se répercutent sur les prix à l’importation, le coût du fret et les conditions de financement.
Malgré ces contraintes, l’économie guinéenne affiche des perspectives de croissance favorables. Selon les estimations de la BCRG, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 3,6 % au premier trimestre 2026, puis de 7 % au deuxième trimestre. La croissance annuelle est attendue autour de 8,6 %, après 7,1 % en 2025.
Cette croissance repose notamment sur le secteur minier et la montée en puissance du projet Simandou. Depuis les premières expéditions de minerai de fer à la fin de 2025, les exportations progressent, avec une capacité visée de 120 millions de tonnes par an.
Pour 2026, les recettes que l’État devrait tirer de Simandou sont estimées à environ 350 millions de dollars, soit l’équivalent des revenus générés par l’ensemble des autres projets miniers réunis, selon les chiffres présentés.
Citant les données de l’Institut national de la statistique (INS), le vice-gouverneur de la BCRG indique l’inflation en glissement annuel est passée de 3,3 % en 2025 à 6,4 % en juillet 2026, son niveau le plus élevé depuis janvier 2024. En moyenne sur douze mois, elle s’établit à 5,2 %.
Mohamed Lamine Conté a souligné que cette inflation était liée aux produits alimentaires et aux importations, plutôt qu’à une surchauffe généralisée de la demande intérieure. Ses effets pèsent particulièrement sur les ménages modestes, dont une grande partie du budget est consacrée à l’alimentation.
Face à cette situation, la BCRG affirme mener une politique monétaire prudente, tout en tenant compte des besoins de financement de l’économie. Depuis le début de l’année 2025, le comité de politique monétaire a procédé à trois baisses successives de ses taux, la dernière étant intervenue le 30 mars 2026.
‘’Les réserves que nous engrangeons confortent naturellement a stabilité de notre monnaie. Sur le marché officiel, le dollar s’est échangé à 8662 GNF à fin 2024, puis à 8719 à fin 2025. Au 30 septembre 2026, le cours de référence s’établit à 8795 GNF, soit une dépression inférieure à 1% depuis le début de l’année même si sur le marché officiel, on perçoit qu’il y a une surchauffe sur les taux de changes’’, a-t-il rassuré.
Malgré les tensions observées sur le marché des changes, Mohamed Lamine Conté estime que la monnaie nationale conserve sa stabilité.
‘’Dans un environnement international particulièrement agité, le franc guinéen demeure stable, l’une des monnaies les plus compétitives au niveau de la sous-région. C’est un acquis précieux que nous entendons préserver malgré les fortes tensions sur le dollar ces dernières semaines’’, a-t-il précisé le numéro 2 de la BCRG.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.info
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