La fin de mandat ou le totem des chefs d’Etat de pays d’Afrique francophone

[dropcap]L’[/dropcap]Afrique francophone, cette zone où est passée la France pendant les siècles derniers. Cette zone-là est propice, pas au développement, non. Pas à la liberté non plus. À la démocratie ? Non, pas du tout.

Cette zone-là est plutôt propice aux dénis, aux dédits, pour ne pas dire à la débilité politique. Règne dans cette zone, respectons-les, une espèce de « semi-intellectuels » formatés à nous gouverner à souhait.

Les chefs d’État de cette zone perdent la boussole dès le début de leur dernier mandat de président. Ils se dénient en plein jour, ils se dédisent sans gêne. La constitution sur la base de laquelle ils ont été élus leur était une Bible, un Coran, une Torah, lorsqu’ils étaient opposants. Il faut simplement la lire, l’écrire et l’appliquer. Elle n’est jamais à modifier. Ils sont prêts à tout pour défendre cette constitution, quitte à sacrifier le peuple, leur aveugle éternel, malléable à souhait.

Ça, c’était avant. Maintenant, à la fin de leur dernier mandat, ce n’est plus une constitution, non. C’est un torchon qui, souvent, mérite plus que d’être lavé, il faut le jeter, le jeter loin de la maison. Mais oui, ce torchon, il contient des poux et des fourmis : la limitation de mandat, ce machin de toubab.

Ces chefs-là, ils sont en Côte d’Ivoire, ils étaient au Sénégal. Ils sont au Tchad, ils étaient au Burkina Faso. Ils sont en Guinée, semble-t-il, ils étaient au Niger. Ils sont au Congo Brazzaville, ils étaient en RDC. Ils sont au Mali, au Gabon, ils étaient en Algérie. Ces chefs-là, ils sont partout en Afrique francophone. Ils ont perdu le sens de l’honneur et l’honneur du sens : la parole donnée. Leur victime éternelle, le peuple.

Opposants, ils sont vraiment démocrates. Présidents, ils sont sans doute autocrates. Nous avons tous honte de les avoir chefs. Ils narguent le peuple, infantilisent les femmes et humilient les sages. Ils étaient des adeptes de la démocratie, des droits de l’Homme. Maintenant non, ils sont des souverains. Eux qui pensaient en toubab occidental, pensent maintenant en Roi coréen fougueux de Staline. Ils sont Bokassa du XXIème siècle, cela ne les gêne point. Oui, ils sont maintenant des monarques. Ils viennent à Paris, à Londres, à Washington, chez leurs homologues en « Grands enfants ». Ils rentrent en Afrique en souverains.

Pire, pendant tous leurs mandats, ils ne sont ni aptes au maintien d’ordre civilisé, ni utiles à une diplomatique vertueuse, ni agréables quand ils nous parlent. Ils sont à leur propre service : remplir le ventre et empiler les mandats. Quelle vertu !

Chez eux, ils ne veulent jamais des institutions, si ce n’est celles qui obéissent aux ordres. Ils ne veulent pas laisser des traces, ils sont les traces. Ils nous refusent l’honneur d’avoir des anciens chefs d’États. Nous n’avons de liberté que de les magnifier. Mais le plus dur dans l’esprit des peuples de cette zone d’Afrique est sans doute le fait de les voir en bons termes avec ceux qui nous ont longtemps vendu la liberté, la démocratie, le progrès, la place de l’individu. Ces chefs-là sont devenus leurs enfants gâtés qu’il faille laisser « se biberonner » même à l’âge adulte. Ils ont une batterie d’arguments : « la neutralité de façade » ou la non-ingérence étrangère. Oui oui, chers messieurs, tant que vos affaires marchent, n’est-ce pas ?

Il est temps pour nous autres d’ouvrir nos yeux.

Mamoudou BARRY
France

Comments (1)
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  • Banks

    Tres bien dit Mr Barry