Misbaou Sow, ex-militaire reconverti en politique, se confie : ‘’Pourquoi on m’a arrêté au temps de Lansana Conté…’’

[dropcap]L[/dropcap]a prison, Misbaou Sow, président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), l’a connue pour y avoir séjourné à deux reprises tout au long de sa carrière militaire.

Après les mutineries de 2 et 3 février 1996, il a été accusé d’être le cerveau de la révolte des militaires. Incarcéré à la maison centrale de Conakry, il restera derrière les barreaux jusqu’en 1998 avant d’être acquitté au bénéfice du doute.

Le 14 juillet 2003, alors que l’état de santé du général Lansana Conté se dégradait, il est mis aux arrêts une nouvelle fois et placé en détention. Il sera libéré en 2005, avant de s’exiler d’abord au Sénégal, puis au Mali, ensuite au Burkina, pour enfin poser ses valises aux  Etats-Unis en avril 2007.

A VisionGuinee, le président du RFD, a accepté de raconter ce passé qui lui colle encore à la peau. ‘’Quand la maladie a commencé à affaiblir le général Lansana Conté, il y a des officiers généraux de l’armée qui ont commencé à arrêter tous ceux qui pouvaient les empêcher de prendre le pouvoir au cas où le président mourrait’’, rembobine cet ancien parachutiste.

‘’Puisque j’étais du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), avec la popularité dont je jouissais, ils pensaient que je pouvais les empêcher de prendre le pouvoir. C’est pourquoi, on m’a arrêté le 14 juillet 2003’’, se souvient-il.

A la question de savoir comment il a recouvré sa liberté, Misbaou Sow assure que des hommes en uniforme ont débarqué à la maison centrale pour libérer des détenus parmi lesquels il figurait.

‘’Ils ont ouvert les portes pour nous demander de sortir. Par la suite, on a voulu me contraindre de retourner en prison alors que j’y étais pour rien. Quand j’ai compris cela, j’ai cherché à m’éclipser’’, relate-t-il après plus d’une décennie d’exil au pays de l’Oncle Sam.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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