Le Président Mamadi Doumbouya a compris une leçon profonde de la gouvernance : les décisions prises sur la base d’informations non vérifiées peuvent avoir des conséquences désastreuses. En matière de leadership, une règle mérite d’être retenue : on ne change pas une équipe qui gagne sans raison valable.
La confiance qu’un dirigeant accorde à ses collaborateurs constitue un pilier de la stabilité et de l’efficacité de son action. Lorsqu’il fait confiance à un cadre, il doit savoir distinguer les critiques constructives des discours motivés par des intérêts personnels, l’opportunisme ou des rivalités internes.
Aujourd’hui, le Président Doumbouya confie à M. Djiba Diakité plusieurs responsabilités de haut niveau. Ce choix traduit la confiance qu’il lui accorde. Les gens ont tout dit sur le ministre Djiba Diakité : « Il n’a jamais travaillé dans l’administration publique. Tout le problème du pays, c’est lui. Il n’était qu’un simple banquier. Il est ceci, il est cela… »
Mais, au-delà de ces commentaires, ne savez-vous pas qu’un dirigeant doit évaluer ses collaborateurs sur la base de leurs résultats, de leur intégrité, de leur engagement et de leur capacité à assumer les responsabilités qui leur sont confiées ?
Un chef ne devrait pas juger ses cadres uniquement à partir de ce qu’on lui rapporte. Il doit écouter, vérifier les faits, confronter les points de vue et prendre ses décisions avec discernement.
Si j’étais Président de la République, je préférerais un cadre jugé moins compétent par ses détracteurs, mais loyal et sincère, à un cadre compétent, mais méchant, hypocrite, manipulateur et infidèle. Je ne connais pas personnellement le ministre Djiba Diakité et nous ne nous sommes jamais salués. Mais j’estime qu’il a toujours fait preuve de loyauté et de fidélité envers le Chef de l’État. Quant à son bilan, chacun est libre de l’apprécier selon ses propres critères, à la lumière des résultats obtenus et des responsabilités qui lui sont confiées.
L’histoire de la défaite de Napoléon est une belle leçon pour tous les dirigeants et chefs d’aujourd’hui. Les généraux français de Napoléon avaient une dent contre l’un de ses stratèges, qui était russe. Ils ont tout fait pour écarter cet homme sur la base de faux récits. Napoléon n’a pas compris la situation et a écarté ce Russe sans aucune preuve fiable. Cet homme est finalement retourné dans son pays, où il a été nommé parmi les chefs militaires. Fort de son expérience, il a élaboré des stratégies de guerre impeccables pour écraser l’armée de Napoléon. Vous connaissez la suite.
La leçon à retenir est donc la suivante : écarter un collaborateur expérimenté sur la base d’informations insuffisamment vérifiées peut fragiliser une équipe et compromettre des objectifs majeurs.
En politique comme dans la gestion des institutions, la loyauté ne doit pas être confondue avec l’absence d’esprit critique. Un collaborateur fidèle doit pouvoir être évalué objectivement, tandis que les accusations portées contre lui doivent être examinées avec impartialité. La confiance n’exclut pas le contrôle ; elle exige, au contraire, la transparence, la responsabilité et le respect des faits.
Un leader doit se souvenir de celles et ceux qui l’ont accompagné dans les moments difficiles, avant son accession au pouvoir. Mais la fidélité ne dispense personne de rendre compte de ses actes, pas plus que les critiques ne constituent, à elles seules, une preuve de faute.
La véritable force d’un leader réside dans sa capacité à protéger ses collaborateurs contre les accusations infondées, sans jamais les soustraire à l’exigence de responsabilité. C’est ainsi qu’il préserve la cohésion de son équipe, la confiance de ses partenaires et la crédibilité de son action.
Depuis le 5 septembre 2021, le Président Mamadi Doumbouya s’appuie sur des hommes et des femmes qui l’accompagnent dans la conduite de son projet politique. La continuité de cette collaboration, comme celle de toute équipe dirigeante, doit reposer sur un équilibre fonctionnel : la confiance, la loyauté, la compétence et les résultats.
Au sommet de l’État, les décisions les plus importantes ne doivent jamais être dictées par les rumeurs, les rivalités ou les intérêts particuliers, mais par les faits, la raison et l’intérêt général.
Un chef qui veut aller de l’avant doit savoir distinguer ceux qui profitent de sa confiance de ceux qui lui sont sincèrement loyaux. En revanche, un chef qui dénigre, humilie ou sacrifie ses proches collaborateurs dans le seul but de plaire aux opportunistes finit souvent par en payer le prix.
Tous mes respects au Chef de l’État, le Président Mamadi Doumbouya, pour cette constance dans la confiance accordée à ses proches collaborateurs.
Dr Karamo Kaba
Pharmacien | Enseignant | Auteur | Spécialiste en gestion des services de santé
Tatakaba66@gmail.com