Le départ d’Aladji Cellou Camara de la direction générale de l’Office guinéen de publicité (OGP) continue de susciter des réactions et des interrogations. Après seulement dix-huit mois à la tête de cette entreprise publique, son limogeage intervient malgré un bilan financier et administratif présenté comme l’un des plus significatifs de ces dernières années au sein de cette régie.
À son arrivée aux commandes de l’OGP, l’entreprise était confrontée à une situation financière particulièrement difficile. Le passif était alors estimé à près de 80 milliards de francs guinéens, auxquels s’ajoutaient six mois d’arriérés de salaires. Une situation qui pesait lourdement sur la trésorerie de l’office, son fonctionnement quotidien et le moral des travailleurs.
Dix-huit mois plus tard, la situation financière de l’entreprise s’est considérablement améliorée. Les dettes ont été ramenées à 14 milliards de francs guinéens, correspondant essentiellement à des engagements contractés avant l’arrivée d’Aladji Cellou Camara à la tête de l’institution.
Durant cette période, l’OGP a versé 14 milliards de francs guinéens de taxes à l’État, réglé environ 35 milliards de francs guinéens de salaires, sans enregistrer de nouveaux arriérés et sans contracter de nouvelles dettes.
Au 30 juin 2026, l’Office guinéen de publicité disposait de 13 milliards de francs guinéens dans ses caisses, alors que son capital social est estimé à 2 milliards de francs guinéens.
Au-delà des résultats financiers, la gestion d’Aladji Cellou Camara a également été marquée par plusieurs réformes structurelles.
Pour la première fois depuis la création de l’OGP en 1986, l’ensemble des panneaux publicitaires installés sur le territoire national a fait l’objet d’un recensement exhaustif, d’une géolocalisation et d’une digitalisation.
Cette opération a permis à l’institution de disposer d’une cartographie fiable du patrimoine publicitaire national, afin d’améliorer le suivi des installations, renforcer le contrôle et optimiser le recouvrement des redevances.
Dans la même dynamique, une cinquantaine de motos ont été acquises et réparties entre les différentes agences de l’office. Une initiative destinée à renforcer la mobilité des agents sur le terrain et à améliorer l’efficacité des opérations de recouvrement.
Sur le plan social, l’OGP a connu une période de stabilité. Aucun licenciement n’a été enregistré durant les dix-huit mois de son passage à la tête de l’OGP. Aucune réduction de salaire n’a été appliquée aux travailleurs, tandis que les loyers des locaux de la direction générale et des différentes agences ont été régulièrement pris en charge.
Malgré ces résultats, le départ d’Aladji Cellou Camara de la tête de l’OGP n’a pas été évité. Selon plusieurs sources proches du dossier, les tensions avec son adjoint ont contribué à fragiliser les relations au sein de la direction générale.
Jean-Marie Soriba Coumbassa, directeur général adjoint de l’Office guinéen de publicité (OGP), avait été suspendu de ses fonctions jusqu’à nouvel ordre, selon une décision administrative prise le 22 janvier 2026.
La décision évoquait des manquements aux obligations professionnelles, malgré un avertissement qui lui avait été adressé par courrier le 3 novembre 2025.
Il était également reproché à Jean-Marie Soriba Coumbassa d’avoir tenu, dans une vidéo diffusée sur Facebook le 22 janvier 2026, des propos qualifiés de diffamatoires à l’encontre de hautes personnalités publiques, allant jusqu’à mettre en cause la famille du préésident de la République.
Dans la décision portant son rétablissement dans ses fonctions, en date du 9 février, la hiérarchie indique que ‘’l’intéressé a cessé tout comportement susceptible de porter atteinte à l’image et à l’honneur des personnalités publiques’’.
Toutefois, l’ancien numéro 2 de l’OGP avait été sommé de ‘’se retirer intégralement et sans condition de l’ensemble des réseaux sociaux, notamment Facebook, TikTok, Instagram et Snapchat, et ce jusqu’à nouvel ordre’’.
Selon des sources proches du dossier, la poursuite de ses activités sur les réseaux sociaux, notamment à travers des directs, en dépit de cette injonction, a contribué à alimenter les tensions au sein de l’OGP et à fragiliser l’autorité d’Aladji Cellou Camara à la tête de l’institution.
Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info
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