A la veille du cinquième anniversaire de la disparition de Yuan Longping, célèbre agronome chinois surnommé le « père du riz hybride », son épouse Deng Ze a reçu un cadeau chargé de symbole en provenance de Guinée : un sac de riz hybride cultivé sur le sol guinéen.
Sur le sac, le Premier ministre Bah Oury a manuscrit : ‘’Ce riz est le symbole parfait de la coopération entre la Chine et la Guinée. Vaincre la faim !’’.
Invité sur le plateau de CGTN, le chef du gouvernement guinéen est revenu sur la genèse de cette initiative et sur les perspectives qu’offre, selon lui, le développement du riz hybride pour la transformation agricole de la Guinée.
Bah Oury a expliqué que cette démarche trouve son origine dans une visite effectuée à Koba, en avril dernier, à l’occasion du lancement de la campagne agricole. Sur place, il dit avoir découvert une unité de transformation agricole où le riz cultivé localement était traité, conditionné et stocké grâce à une technologie accessible.
‘’J’étais à Koba, dans le cadre de lancement de la campagne agricole au mois d’avril dernier. Ça a été une occasion pour moi de visiter une unité de transformation agricole parce que dans cette unité il y avait le riz qui était cultivé, il y avait le riz qui était stocké et mis dans des sacs. Et j’ai été fortement impressionné par la technologie qui était utilisée qui est une technologie à portée de main. Cela veut dire que ce n’est pas une technologie sophistiquée’’, a-t-il témoigné.
Le Premier ministre a indiqué avoir échangé avec le personnel chinois présent sur le site afin de mieux comprendre l’origine de cette technologie et la portée du travail réalisé par Yuan Longping. Selon lui, l’agronome chinois avait développé le riz hybride avec l’ambition de permettre aux pays confrontés à des défis alimentaires d’améliorer significativement leur production.
‘’Ils m’ont expliqué que l’académicien avait développé ce riz hybride et sa volonté pour la restauration de sa mémoire, c’est de faire en sorte que les pays qui en ont le plus besoin puissent en profiter. Parce que le rendement est extrêmement important et ça peut permettre de nourrir des populations, de combattre la faim’’, a-t-il souligné.
C’est dans cet esprit qu’il a choisi de transmettre un sac de riz hybride à l’épouse de l’ancien chercheur chinois, afin de lui témoigner de la diffusion de cet héritage scientifique au-delà des frontières chinoises.
‘’C’est à cette occasion qu’ils m’ont présenté un sac de riz à la primature. Et j’ai en profité pour écrire un message à l’épouse de l’académicien pour lui montrer que l’héritage de son époux est en train de se propager un peu partout à travers le monde’’, a-t-il poursuivi.
Pour Bah Oury, l’expérience doit désormais être étendue à une plus grande échelle en Guinée. Le chef du gouvernement entend exploiter cette opportunité afin de faire du riz hybride un outil d’amélioration des rendements agricoles et de soutien aux producteurs.
‘’Nous allons explorer et exploiter cette initiative pour que le riz hybride soit développé sur une bonne partie du territoire national parce que cela peut nous permettre dans une large mesure de permettre à nos paysans d’avoir un rendement supérieur, de ne pas avoir des travaux champêtres avec un faible rendement’’, a-t-il annoncé.
Il reste convaincu que les conditions naturelles dont dispose la Guinée constituent un avantage majeur pour atteindre cette ambition. ‘’La Guinée, de par son potentiel agricole, c’est le pays qui est le plus arrosé par des fleuves en Afrique de l’Ouest, on a des terres fertiles. On va développer ce riz hybride avec des rendements élevés qui permettra à la Guinée d’être sur le plan agricole un pays qui peut nourrir une bonne partie de l’Ouest africain », a-t-il affirmé.
La Guinée importe chaque année d’importantes quantités de riz pour satisfaire la demande nationale. Une situation que Bah Oury souhaite progressivement inverser grâce à une hausse de la production locale.. ‘’Aujourd’hui, nous sommes dans une phase où nous importons à peu près de 300 à 400 000 tonnes de riz par an. Nous voulons inverser la donne pour que dans les années à venir, la Guinée puisse être un pays exportateur de riz’’, a indiqué le locataire du palais de la Colombe.
Il assure que cette stratégie agricole va permettre de ‘’combattre la faim, nourrir les populations et à côté de nous, des populations paysannes qui sont déboussolées, qui sont gangrénées par la pauvreté, les jeunes qui ont perdu des perspectives dans le Sahel vers cette initiative. Nous allons redonner de l’espoir aux populations, redonner de l’espoir aux jeunes. Nous leur montrerons qu’on regarde le ciel en disant : Dieu donne-nous le paradis, alors que le paradis est sous nos pieds’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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