Avec les 15% de l’Etat dans Simandou, selon Ousmane Gaoual, ‘’on va atteindre en moins de 10 ans ce que la CBG nous a donné en 63 ans’’
Lors d’une conférence de presse, ce mercredi 26 novembre, le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a tenu à répondre aux critiques concernant la participation de 15% de l’État guinéen dans le mégaprojet minier de Simandou.
Face aux médias, Ousmane Gaoual Diallo est revenu sur l’histoire de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), en soulignant qu’en 1963, dans la concession de la CBG, ‘’l’État guinéen a obtenu 49% des parts de la compagnie. Mais ces 49%, c’est le coût du financement du chemin de fer Kamsar-Sangarédi, le coût du financement de la cité, le coût du financement des infrastructures du port de Kamsar’’.
Il précise que ‘’ce sont des dettes qu’on a données à la Guinée. C’est pour cela que la contribution de la CBG dans notre budget est très faible, mais ça ne veut pas dire que les 49% nous rapportent beaucoup. Les 49%, c’est une dette qu’on continue de rembourser. C’est-à-dire qu’on a acheté ces infrastructures avec ce capital’’.
Concernant Simandou, le porte-parole du gouvernement fait remarquer qu’il existe quatre blocs. ‘’Il y a les blocs 1 et 2 qui appartiennent à Winning Consortium Simandou et dont la concession est basée sur le dernier Code minier qui dit que chaque fois que l’État guinéen cède ou concède une concession de cette nature, l’État récupère 15% de la valeur du capital de l’entreprise à laquelle on a concédé. Donc c’est l’application mécanique de la loi qui a permis d’avoir les 15 % des blocs 1 et 2 du Simandou’’.
Il note que ‘’Rio Tinto avait les blocs 3 et 4 qui ont été obtenus au moment où ce Code minier n’était pas en vigueur. Donc l’application automatique de 15% n’existait pas’’, avant de souligner que ‘’la performance du comité Simandou, c’est d’avoir réussi à demander, dans la négociation, à ce que Rio Tinto s’aligne sur une loi qui est venue après la concession. C’est comme si on disait aujourd’hui à la CBG d’accepter de redonner 15% de plus pour appliquer une loi qui est entrée en vigueur après la concession. Donc, c’est une grande performance, une grande négociation qui a amené Rio Tinto à accepter aussi de donner 15 %. Ce qui fait que sur les blocs 1 et 2, on a hérité de 15% avec une application mécanique de la loi et 15% sur les blocs 3 et 4 obtenus par la négociation. Ça ne mérite d’être mis en avant et c’est facilement vérifiable’’.
‘’L’autre aspect des acquis du projet Simandou, ce sont les chemins de fer. Toutes les infrastructures héritées de la CBG sont des dettes. Sauf que nous, on a fait 650 kilomètres de chemin de fer sans aucune dette de l’État. Mieux, l’État récupère 15 % de la valeur, tout en sachant que dans 30 ans, à l’issue de la fin de la concession actuelle, tout ceci revient à l’État, le port et le chemin de fer’’, explique Ousmane Gaoual Diallo.
Il assure que ‘’cela est quand même très différent de dire : ‘vous prenez une dette et puis 50 ans après, vous avez fini de rembourser, ça vous revient’ ou : ‘vous ne prenez aucune dette, vous touchez 15 % et, 30 ans après, ça vous revient’. Il y a quand même une différence assez fondamentale. Ça montre que ceux qui prennent la parole publique ne sont pas forcément les plus avertis quant aux mécanismes qui ont conduit à l’obtention de ces 15 %. C’est pour cela qu’ils se permettent de banaliser’’.
Il dit à qui veut l’entendre que ‘’quand vous avez 15 % d’un milliard, vous gagnez beaucoup plus d’argent que quand vous avez 50 % de 100 millions. Donc ces parallèles sont assez comparables. C’est ce qui fait que sur la durée de la concession de la CBG, on est autour de 5 milliards d’euros en 63 ans d’exploitation alors que la première année d’exploitation de Simandou, c’est 650 millions de dollars qui sont attendus. Ça veut dire qu’en moins de 10 ans, on va atteindre ce que la CBG nous a donné dans notre économie en 63 ans’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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