L’adjudant Cécé Raphaël Haba, garde du corps de Toumba Diakité va recouvrer sa liberté après 14 ans de détention à la maison centrale de Conakry. Le tribunal criminel de Dixinn l’a déclaré, ce mercredi 31 juillet, non coupable des faits à lui reprochés dans l’affaire du 28 septembre.
Interrogé par VisionGuinee, Maitre Malick Diakité, de Cécé Raphaël Haba, s’est réjoui du verdict du jour. Il déclare que ‘’c’est un sentiment de joie et de satisfaction qui m’anime. Lorsque votre client qui subissait l’injustice, recouvre la liberté ou lorsque la justice qui a commis l’injustice, se rattrape, c’est un sentiment de joie. Pour Cécé Raphaël Haba, la date du 31 juillet 2024 restera gravée dans sa mémoire. C’est le meilleur jour de sa vie’’.
L’homme de droit soutient que ‘’lorsqu’un individu est mis en détention, qu’il se trouve qu’il n’a pas commis les faits qui lui sont reprochés et qu’il a fait un certain nombre d’années en prison gratuitement, l’Etat doit normalement le dédommager. Parce que c’est l’Etat qui a fait l’erreur de le placer en détention’’.
Il assure que ‘’le temps que Cécé Raphael Haba a fait en prison, il aurait pu faire faire beaucoup de choses. Il aurait pu s’enrichir, avoir des promotions et être colonel aujourd’hui. S’il était libre, ses enfants auraient pu étudier à l’extérieur. Tout cela a été rate pendant 14 ans. Il s’est plutôt appauvri. Donc, l’Etat doit le dédommager’’.
Après le prononcé du verdict, Maitre Diakité entend ‘’attirer l’attention de l’Etat en écrivant à qui de droit pour demander ce que Cécé Raphaël Haba soit dédommagé. Il a passé 14 ans en prison alors qu’il n’est pas coupable des faits qui lui sont reprochés. Si l’Etat nous entend, ça sera bien, à défaut, on sera obligés d’aller de saisir un tribunal pour fait valoir les droits de Cécé Raphaël Haba. On espère ne pas en arriver là. Il faut que l’Etat comprenne qu’il a fait du tort à notre client qui doit être dédommagé’’.
Selon l’avocat, ‘’beaucoup étaient au stade 28 septembre. Ceux qui ont commis les actes, c’est-à-dire les auteurs des viols, de bastonnades ou de tueries, n’ont pas été arrêtés. Ce ne sont pas eux qui ont été condamnés. Donc, les victimes ne doivent pas être satisfaites en principe. Les victimes demandent réparation de tout ce qui s’est passé. Les pertes en vie humaine, les viols, les blessures et les disparitions. C’est tout ce que recherchent les victimes. On n’a pas arrêté ceux qui ont commis effectivement les infractions au stade’’.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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