[dropcap]L[/dropcap]es avocats des leaders du Front national pour la défense de la constitution (FNDC) n’ont pas cessé de répéter que leurs clients sont poursuivis sur la base d’un dossier vide. Le jeudi 28 novembre, Abdourahamane Sanoh, meneur de la lutte contre un 3e mandat d’Alpha Condé et plusieurs de ses lieutenants ont été mis en liberté en plus d’un mois et demi de détention à la maison centrale de Conakry.
Lors de l’audience qui s’est déroulée, en présence de l’ambassadeur d’Allemagne, à la cour d’appel de Conakry, les avocats du FNDC ont révélé des failles dans les procès en première instance à Dixinn et Mafanco qui se sont soldés par la condamnation de leurs clients.
Sur le cas spécifique d’Abdourahamane Sanoh, de Sékou Koundouno, de Bill de Sam, de Bailo Barry et d’Ibrahima Diallo, le collectif des avocats parle d’une mauvaise qualification des faits, tout en dénonçant un ‘’colmatage’’ du dossier.
Evoquant les faits d’attroupement non armé reprochés à leurs clients, les avocats ont indiqué au juge de la cour d’appel de Conakry qu’il n’en a pas été tout au long de la procédure au tribunal de première instance de Dixinn. Ils ont dénoncé l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir pour régler les comptes aux opposants à un éventuel troisième mandat d’Alpha Condé.
Dans l’affaire Elie Kamano et Ibrahim Keita, la défense a souligné des contradictions dans les faits à eux reprochés. Ils ont assuré que l’artiste, reconverti en politique, a toujours contesté l’accusation selon laquelle il a fait appel à une manifestation, avant de rappeler que le juge a l’obligation de fonder son jugement sur les faits.
Les hommes en robe noire ont dénoncé ce qu’ils qualifient de dysfonctionnement au tribunal de première instance de Mafanco. Selon eux, le juge Ibrahima Sory Touré, nommé à Boffa, s’est retrouvé à Mafanco lors de ce procès.
Quant à l’affaire Badra Koné, Abdoulaye Bangoura et Aboubacar Sylla, les avocats ont estimé que le dossier est vide. Sur le motif de l’interpellation de Badra Koné, adjoint au maire de Matam, on parle de déclarations faites dans une vidéo dont leur client dit ignorer le contenu.
Tous ont plaidé à tour de rôle pour la libération des leaders du FNDC, condamnés à des peines d’emprisonnement allant de six mois à trois ans. Le procureur général a accédé à la requête formulée par la défense. Après avoir entendu les deux parties, le juge a pris la décision de mise en liberté des accusés.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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