Des riverains de la décharge de Dar-es-salam interpellent le colonel Doumbouya : ‘’Nous sommes en danger…la situation est très critique’’
Dar-es-salam, un quartier situé dans la banlieue de Conakry, abrite l’une des plus grandes décharges d’ordures de la capitale guinéenne. Les habitants de cette zone de la commune de Ratoma sont exposés à des risques de maladies pulmonaires et d’éboulement en saison hivernale. Livrés à eux-mêmes, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Ils appellent les nouvelles autorités àà se pencher sur leur situation.
C’est une montagne d’ordures qui surplombe depuis des années les habitants de Dar-es-salam, dans la commune de Ratoma. Dans cette zone, les citoyens inhalent régulièrement de la fumée et respirent des odeurs nauséabondes provenant des d’ordures déversées à la décharge.
Selon le chef de quartier de Dar-es-salam 2, plus d’une centaine de pneus sont brulés par semaine dans cette décharge. Face à cette situation de détresse qui perdure, des habitants continuent d’exprimer leurs inquiétudes. Impuissants, ils interpellent les nouvelles autorités du pays.
‘’C’est une situation catastrophique qui se trouve à la décharge de Dar-es-salam. C’est une question qui doit interpeller tout un chacun, surtout les autorités afin de régler la situation cette décharge qui est au cœur de la ville de Conakry’’, indique M. Boubacar Bah, habitant du quartier
‘’Il y a des habitants qui vivent dans des conditions vraiment pénibles avec une fumée qui pollue en permanence, un feu qui ne s’éteint jamais et avec une poussière qui ne dit pas son nom. Cette fumée cause des dégâts sanitaires à la population, notamment des infections pulmonaires et autres maladies’’, ajoute-t-il.
Assis au bord de la route, partiellement obscurcie par la fumée et la poussière, une vendeuse qui a préféré garder l’anonymat, attire notre attention. ‘’On est dans ce quartier depuis plus de 20 ans. Chaque année, la fumée s’intensifie. On a du mal à respirer ici. C’est invivable. Nous n’avons pas les moyens d’aller ailleurs. On a peur pour notre santé. A chaque fois, il y a quelqu’un qui est malade dans la famille’’, souligne-t-elle.
Ces citoyens confrontés à cette situation, ne sachant plus à quel saint se vouer, exhortent les nouvelles autorités du pays à leur venir en aide.
‘’La santé des habitants d’ici est menacée par cette décharge. Nous sommes en danger. Les autorités sont invitées à trouver une solution pour que la population de Dar-es-salam puisse vivre sainement et dans des conditions sanitaires acceptables’’, sollicite notre interlocuteur.
‘’C’est une décharge de la mort parce que la situation est très critique. D’où l’interpellation des médias et des nouvelles autorités dont le CNRD et son gouvernement. Nous interpellons les spécialistes parce qu’actuellement, il y a Conakry et le grand Conakry. Donc Conakry est devenue une très grande ville. Nous nous estimons que cette décharge n’a plus sa raison d’être en plein coeur de la capitale’’, conclut-il.
En 2017, un éboulement à la décharge de Dar-es-salam avait fait neuf morts dont une femme enceinte. Une opération de déguerpissement avait été lancée à l’époque par les autorités. Malgré tout, ce quartier populaire de Conakry continue d’être habitée par des centaines de familles.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee. Info
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