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Dissolution de 40 partis : Cellou Dalein Diallo dénonce une “dictature sanglante en Guinée”

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Soutra

Invité sur France 24 ce dimanche 14 mars, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a réagi à la dissolution de plusieurs partis politiques par les autorités guinéennes. L’opposant, en exil, dénonce une décision visant à éliminer les principales forces de l’opposition et accuse le régime du général Mamadi Doumbouya d’avoir instauré une dictature dans le pays.

Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a exprimé son indignation après la dissolution de plusieurs formations politiques, dont son parti, par les autorités de transition dirigées par le général Mamadi Doumbouya.

Interrogé par France 24, l’ancien Premier ministre affirme ne pas être surpris par cette décision.

“Je suis indigné, mais je ne suis pas surpris, parce que les autorités guinéennes se sont illustrées dans la restriction des libertés publiques et dans la violation des droits humains. Ce n’est pas une première. Lorsqu’ils ont pris le pouvoir, ils avaient tenu un discours rassurant, promettant aux citoyens guinéens qu’ils pourraient choisir librement leurs dirigeants et exercer pleinement leurs droits et libertés. Mais la réalité est tout autre”, a-t-il déclaré.

Il conteste toute légitimité au pouvoir actuel, malgré l’élection présidentielle organisée en décembre 2025. “Mamadi Doumbouya n’a aucune légitimité. Il a violé son serment d’officier. Il avait juré de ne pas se présenter, lui et ses compagnons, aux élections organisées dans le cadre du retour à l’ordre constitutionnel. Il a commis un parjure pour modifier cet engagement et se maintenir au pouvoir. Le jour du scrutin, les gens ne sont même pas sortis. Les résultats étaient préparés d’avance et proclamés sans refléter la réalité du vote. Tous les guinéens le savent”, a-t-il soutenu.

Pour Cellou Dalein Diallo, la situation politique actuelle en Guinée s’apparente désormais à un régime autoritaire. “La Guinée est une dictature. Depuis son arrivée au pouvoir, le régime a pris des décisions pour restreindre les libertés publiques et violer les droits humains. Les manifestations ont été interdites, des radios critiques ont vu leurs équipements démantelés et leurs agréments retirés. Plus de soixante jeunes ont été tués alors qu’ils tentaient de manifester, alors même que la charte de la transition garantissait ce droit”, a-t-il dénoncé.

L’opposant évoque également plusieurs cas qu’il qualifie de graves violations des droits humains. “On parle aujourd’hui moins de Foniké Mengué, de Billo Bah ou encore de Marouane Camara. Il y a aussi l’assassinat, dans des conditions atroces, du général Sadiba Koulibaly, qui militait simplement pour le respect des engagements pris, notamment l’organisation rapide d’élections et le retour de l’armée dans les casernes. Beaucoup d’autres cadres et activistes de la société civile sont également visés”, a-t-il fait remarquer.

Le leader de l’UFDG assure qu’en Guinée, “il n’y a pas de justice indépendante. La justice est au service de Doumbouya et de sa dictature. Comme il considère l’UFDG comme l’adversaire numéro un à abattre, je ne peux pas rentrer (…). Mais dès qu’il y aura une justice indépendante, je serai prêt à me défendre. D’ailleurs, je compte saisir la Cour de justice de la CEDEAO pour un certain nombre d’accusations portées contre moi”, a-t-il indiqué.

Il estime que les prochaines élections législatives et communales annoncées par les autorités ne permettront pas une véritable compétition politique.

“Dès l’annonce de ces élections, ils ont dissous les partis les plus représentatifs du pays : l’UFDG, le RPG Arc-en-ciel et l’Union des forces républicaines. Pourtant, ces formations ont totalisé à elles seules près de 95 % des suffrages lors des scrutins organisés entre 2010 et 2020. Mamadi Doumbouya est en train de créer un parti-État et il ne veut pas de concurrents capables de lui faire de l’ombre”, a-t-il accusé.

Selon lui, la dissolution de ces partis vise à empêcher toute opposition crédible face au pouvoir en place. “En 2010, j’avais obtenu 43,76 % des voix, Alpha Condé 18 % et Sidya Touré 16 %. Aujourd’hui, ces trois partis sont éliminés parce que le régime ne supporte pas la compétition politique”, a-t-il conclu.

Salimatou Baldé, pour VisionGuinee.Info

00224 662 78 58 57/ salimbalde91@gmail.com

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