Tout en soulignant que le bilan de son département ne se limite pas uniquement aux performances du Syli national, le ministre Bogola Haba met en avant plusieurs réalisations significatives dans le domaine sportif en Guinée au cours des dernières années.
‘’C’est la meilleure année pour notre ministère, en termes de bilan. Cela a créé beaucoup de débats au sein du public, parce que le guinéen a été éduqué, a été formé pour dire que le sport se résume au football, et pas seulement au football, mais à l’équipe nationale senior, c’est quand le Syli gagne qu’on est bon. Quand le Syli ne gagne pas, nous ne sommes pas bons. Alors que le sport, c’est plus de 80 disciplines, et nous avons plus de 50 qui sont des disciplines pratiquées par notre pays. Donc oui, en 2025 comme en 2026, nous allons continuer à investir dans les autres disciplines’’, indique le ministre des sports.
Des résultats…
‘’Au Nimba d’or, en septembre, sous les quatre dernières années, nous avons fait des innovations extrêmement importantes. Hier, c’était uniquement les journalistes sportifs qui faisaient le Nimba d’or. Mais cette fois-ci, le jury était composé, non seulement des journalistes sportifs, qui sont les initiateurs du Nimba d’or, mais aussi des cadres du ministère en charge du développement du sport, mais aussi du comité national olympique. Et donc, les jurys, nous leur avons demandé de nous faire un classement des fédérations, en fonction de leurs activités. Et ça, c’est important’’, estime Bogola Haba.
Mais, poursuit-il, ‘’dans l’opinion, c’est vrai que le football est le sport roi, c’est le sport le plus pratiqué par la population, où les règles sont accessibles à tous, et que tous les jeunes peuvent le jouer (…). Et je comprends le public de vouloir mesurer le résultat du ministère du sport par le résultat du football. Donc, c’est un travail d’éducation que nous avons commencé, pour dire au public que non, évidemment, le travail du ministère du sport ne se résume pas uniquement au résultat du Syli national du football. Il y a d’autres disciplines’’.
Cette année, fait-il remarquer, ‘’le handball, on en parle moins, mais en Coupe d’Afrique, le senior à Kigali, nos athlètes sont là-bas. On n’en parle pas trop. Mais nous sommes l’une des meilleures équipes en Afrique en termes de handball. Du côté du basketball, nous avons l’une des meilleures équipes. Nous avons participé à toutes les compétitions africaines en 2025 ; aussi bien féminine que masculine. La natation, c’est la même chose. Nous avons organisé pour la première fois la Coupe d’Afrique des nations de natation en eau libre. Et ça a été un grand succès. Le sport de combat, c’est la même chose. Le judo, nous sommes 3èmes en Afrique, le Karaté 4ème. Donc, nous faisons tout pour faire la promotion de toutes les disciplines de combat. Le taekwondo, la lutte traditionnelle, nous faisons de très bons résultats mais on n’en parle pas trop. Aussi, nous avons développé de nouvelles disciplines, telles que l’e-sport, le mini football, où nous sommes 4èmes. Et vous avez le petit poteau, où nous sommes vice-champions d’Afrique’’.
Investissements dans le sport…
C’est pourquoi, insiste-t-il, ‘’nous disons que c’est notre meilleure année de sport, surtout en termes d’investissements. Il y a les grands stades comme Nongo et le 28 septembre. Il y a aussi le grand stade de Kansoya. Et ça, ce sont des investissements que l’État n’avait jamais faits. C’est-à-dire que l’État n’avait jamais mis son argent dans le BND pour pouvoir construire les stades. Même les stades de proximité, ça n’avait jamais été fait. Maintenant, à Conakry seulement, nous avons plus de douze qui sont en cours de livraison. A l’intérieur du pays, dans des villes comme Nzérékoré où le 3 avril a commencé, Mamou, déjà, nous avons deux stades qui sont en construction. À Labé, le stade préfectoral est en construction. A Kankan, le stade Karfamoria, et à Siguiri, nous avons lancé deux stades en construction. Boffa, nous avons lancé le stade préfectoral. À Kindia, le stade de Fodé Fissa, qui a pris un petit coup, nous avons changé de fournisseur. Tout ça, c’est le Budget national de développement. On n’avait jamais eu ça’’.
Et, poursuit-il, ‘’tous ces chantiers-là étaient en arrêt. Et si vous calculez tous ces investissements, nous pouvons aller vers les 2500 à 3000 milliards GNF d’investissements uniquement sur les infrastructures. Et, nous pouvons continuer avec chaque année, au moins 2000 milliards GNF d’investissements pour que nous puissions aller faire des piscines olympiques, construire des arénas, développer les terrains de basket, de handball sur tout le territoire, dans toutes les préfectures’’.
Donc, souligne-t-il, ‘’l’État a commencé à mettre de l’argent. Mais le résultat ne peut pas venir immédiatement parce qu’il faut développer. Et on peut facilement construire les infrastructures, mais le développement d’un athlète prend du temps. Il faut d’abord de la vocation. Ceux qui acceptent d’adhérer à ces disciplines, il faut du temps de développement. Il faut des entraîneurs, des arbitres pour les développer dans les écoles, dans les garnisons militaires, dans les communes. Et tout ce déploiement-là, vous pouvez voir le résultat. Et vous pouvez détecter des talents, ils vont grandir avec l’âge (…). C’est pourquoi, nous appelons à la patience et l’implication de tous les acteurs pour qu’ensemble, sur la chaîne de développement, chacun puisse contribuer au développement du sport. D’ailleurs, c’est pour ça que nous avons créé une Direction nationale du développement des disciplines sportives qui va passer de la gouvernance, par la résolution des crises au sein des fédérations’’.
‘’C’était l’un des points faibles de notre système, parce qu’il y avait énormément de crises de personnes. Mais à la date d’aujourd’hui, par la grâce de Dieu et l’effort de tout un chacun, d’abord, nous avons pu pousser l’autorité du ministère sur les fédérations. Ce qui n’était pas le cas, parce que les fédérations pensaient qu’elles étaient indépendantes. D’autres pensaient qu’elles étaient au-dessus de l’État, parce que l’État ne faisait rien (…). Maintenant, nous avons la gouvernance normative, un État qui commence à être un État fort. Et un État fort, c’est un État qui investit. Et ça, c’est la première fois que nous avons ce taux d’investissement, et nous voulons que ça continue’’, affirme le ministre Bogola.
Il rassure que ‘’l’Etat commence à assumer. Et c’est pourquoi, c’est la meilleure année. Et nous voulons que cela continue en termes d’investissement. Et le public doit comprendre qu’effectivement, un ministre ne se mesure pas par le résultat sportif des joueurs, mais il doit se mesurer par sa capacité à trouver des budgets pour son ministère, sa capacité à pouvoir pousser, à avoir une vision qui pousse les acteurs à se développer et à ne pas être subjectifs’’.
Des ministres menacés pour des résultats du Syli…
Avant, se souvient M. Haba, ‘’des ministres ont été menacés, on disait qu’il fallait les enlever parce que le Syli n’a pas gagné. Quand le ministre vient, alors tout son problème, c’est comment se battre pour que le Syli gagne. Pourtant, ce n’est pas ça son travail. C’est le travail de la fédération, des ateliers, des entraîneurs. Le travail du ministre, c’est de trouver de l’argent pour pouvoir former les entraîneurs, pour pouvoir former les arbitres, pour pouvoir mettre des infrastructures, pour pouvoir organiser des événements. C’est ça le travail du ministère pour développer le sport. Maintenant, si le travail est bien fait, forcément le résultat sportif va suivre. Parce qu’il y aura beaucoup de talents’’.
‘’Oui, nous développons plusieurs disciplines. Oui, nous sommes focalisés à tirer des investissements dans le secteur en compétition avec d’autres secteurs. Au moment où je vous parle, l’eau est prioritaire, la route est prioritaire, l’électricité est prioritaire, la défense est prioritaire, l’agriculture. Comment faire pour que le sport soit une priorité de l’État ? Il s’agit du travail d’un ministre. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. Et nous voulons que cela continue pour les 5 années à venir pour pouvoir construire cette fois-ci. La pression populaire va continuer, mais il ne faudra pas céder à cette pression pour encore aller chercher du superficiel. Il faut aller en profondeur pour résoudre le problème à la base’’, conclut-il.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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