Le 21 septembre 2025, la Guinée se tiendra à la croisée des chemins. Ce jour-là, nous serons appelés à décider, par notre vote, du sort de la nouvelle Constitution proposée par les autorités de la transition. Il ne s’agira pas simplement de voter un texte juridique, mais de choisir entre deux voies : celle de la continuité de l’instabilité ou celle d’un retour assumé à l’ordre constitutionnel. Pour ma part, je voterai OUI. Et voici pourquoi.
Voter OUI, c’est sortir de la transition et reconstruire l’État
Depuis un peu plus de quatre ans, notre pays est dans une transition politique dirigée par le Président de la Transition le Général Mamadi Doumbouya. Le référendum est l’outil légal et pacifique pour mettre fin à cette période exceptionnelle. En votant OUI, nous envoyons un message fort : le peuple veut tourner la page, reprendre sa souveraineté et construire des institutions solides et durables.
Voter OUI, c’est choisir la réforme et l’inclusion
La nouvelle Constitution proposée introduit des innovations majeures : un Parlement bicaméral, pour mieux représenter nos diversités territoriales et sociales ; une éducation obligatoire jusqu’à 17 ans, pour donner une chance à chaque enfant guinéen ; une décentralisation renforcée, pour rapprocher l’État des citoyens ; des garde-fous pour éviter les dérives autoritaires du passé.
Contrairement à ce que prétendent certains, cette Constitution n’est pas celle d’un homme ou d’un régime : c’est un texte pour l’avenir, pensé pour empêcher les abus du passé et donner à chacun une place dans la République.
Voter OUI, c’est répondre aux attentes du peuple et du monde
La Guinée ne vit pas en vase clos. Nos partenaires africains (Union Africaine, CEDEAO) et internationaux (Nations-Unies, Union Européenne, États-Unis d’Amérique) attendent de nous un signal clair : celui de la stabilité, de la démocratie, de la responsabilité et de la maturité politique. En adoptant une nouvelle Constitution, nous ouvrons la voie aux élections générales dans un cadre légitime et rassurant.
Un NON, en revanche, serait perçu comme un refus d’avancer, un blocage inutile, voire un saut vers l’inconnu. Cela ne ferait que prolonger la transition, accentuer la méfiance et mettre en péril les acquis du CNRD obtenus depuis 2021.
Voter OUI, ce n’est pas dire oui à un régime, mais oui à la Guinée
Il est important de rappeler que ce référendum ne vise pas à élire un président, ni à reconduire le CNRD. Il s’agit d’adopter un texte fondamental qui servira à organiser la vie politique, sociale et institutionnelle de notre pays dans les années à venir.
Il ne s’agit pas de faire plaisir aux autorités transitoires ou de céder à la peur. Il s’agit de saisir une chance historique de refonder notre République sur des bases claires, modernes et équilibrées. Et si, demain, le pouvoir abuse, c’est cette Constitution qui permettra au peuple de le sanctionner.
Le 21 septembre, un choix clair s’impose : Voter OUI
Je respecte celles et ceux qui doutent, qui hésitent ou qui appellent à voter NON. C’est leur droit. Mais ce que je leur demande, c’est de regarder plus loin que les discours partisans : où nous mènera un rejet du texte ? À une nouvelle Constitution dans deux ans ? À un vide juridique ? À une transition encore plus longue ? Le pays n’en a plus les moyens.
Je voterai OUI, parce que j’aime mon pays.
Je voterai OUI, parce que je crois en la République.
Je voterai OUI, parce qu’il est temps de bâtir, ensemble, un avenir digne et stable.
Alpha Oumar Baldé
Analyste Politique

