[dropcap]I[/dropcap]l se dit moralement et physiquement atteint un an après les pires moments de sa vie. Devant sa cour à Koloma, un des quartiers chauds de l’axe, Bobo Bah qui a reçu le 28 octobre deux balles dans le ventre, garde encore les séquelles de sa mésaventure.
‘’Moralement, je suis encore trop blessé. Physiquement, on n’en parle pas parce qu’on m’a interdit de prendre des objets lourds. Ce qui m’empêche de travailler’’, Bobo Bah, la vingtaine d’âge, rencontré samedi à la mosquée turque de Bambeto.
Un an après ses blessures, ce chauffeur de profession dit ressentir d’énormes douleurs au niveau de l’abdomen. ‘’Je me soigne sur fonds propres. Je n’ai bénéficié d’aucune aide pour continuer à suivre mon traitement de façon régulière’’, souligne-t-il.
Une nouvelle intervention chirurgicale est nécessaire pour le sortir de cette situation. Mais Bobo ne dispose pas de moyens financiers pouvant prendre charge une évacuation sanitaire à l’étranger.
‘’Mon médecin me dit qu’une nouvelle opération est nécessaire. C’est pourquoi, je demande aux bonnes volontés de m’aider afin que je puisse être réopéré parce qu’aujourd’hui, c’est la seule solution qui pourrait mettre fin à mes douleurs. Aidez-moi, je ne sais pas vers qui me tourner aujourd’hui. Je suis issu d’une famille où tout n’est pas rose et je ne dispose pas de moyens pour supporter les charges d’une opération qui va coûter entre 30 et 50 millions GNF’’, lance-t-il.
Amené à revenir sur les circonstances dans lesquelles il a été blessé par balles, Bobo affirme que ‘’c’est après le scrutin du 18 octobre, alors que des citoyens de l’axe manifestaient leur joie suite à l’auto-proclamation de Cellou Dalein Diallo comme président, une descente musclée des forces de l’ordre est intervenue au cours de laquelle deux agents nous ont trouvés derrière notre cour. Le temps pour nous de fuir, ils ont tiré à bout portant sur nous. Je me suis retrouvé avec deux balles dans l’abdomen. Ils étaient habillés en tenue de gendarme’’.
‘’Beaucoup de personnes l’axe ont vécu ma situation que moi sur l’axe. Je compatis à leurs douleurs. Quand tu te retrouves dans l’incapacité d’exercer ton métier alors que c’est en travaillant que tu peux subvenir aux besoins de ta famille, c’est très difficile. Je suis tenu obligé de sortir parfois pour tenter de joindre les deux bouts’’, ajoute-t-il.
A l’appel au pardon lancé à moult reprises par la junte militaire à l’endroit des victimes des exactions, Bobo répond que ‘’nous ne pouvons parler de pardon avant que justice ne soit rendue. Il faut que les responsabilités soient situées, que les auteurs des crimes soient jugés et punis conformément à la loi’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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