Le ministre Aboubacar Camara annonce un ‘’besoin global de 2,4 milliards d’euros’’ dans le secteur de l’eau en Guinée
Alors que le monde célèbre la 34ᵉ Journée mondiale de l’eau, instituée par l’Organisation des Nations unies en 1992, le ministre de l’assainissement, de l’hydraulique et des hydrocarbures, Aboubacar Camara, souligne que le défi reste énorme pour la Guinée.
‘’Aujourd’hui, le défi n’est pas seulement technique, il est profondément économique. Le besoin global d’investissement dans le secteur de l’eau est estimé à date à peu près à 2,4 milliards d’euros. Et pendant que les besoins augmentent, malheureusement, les ressources, elles, se raréfient. Les investissements internationaux dans le secteur de l’eau diminuent, principalement à raison d’une perception persistante depuis des années, le faible retour sur investissement’’, indique le ministre.
Il explique que, selon de nombreux analystes, ‘’l’eau doit payer l’eau. Sans cela, aucun investissement ne sera viable. Cela est une réalité, mais permettez-moi de poser une question simple. Quel est le véritable retour sur investissement de l’eau ? Est-ce qu’un taux financier ? Ou est-ce que la santé d’un peuple ? Ou est-ce que la stabilité d’un pays ? Ou la dignité d’une nation ? C’est pour cela que nous avons décidé de changer de paradigme, et cela a constitué une nécessité absolue. C’est vrai que l’eau est un produit social, mais elle ne peut plus être pensée uniquement comme une charge publique. Elle doit devenir un secteur structuré, attractif et durable’’.
Tout en rappelant que sous Mamadi Doumbouya, ‘’il y a eu des avancées concrètes et visibles’’, Aboubacar Camara précise que « nous avons franchi l’année dernière une autre étape majeure. Des villes comme Fria, comme Koubia et Beyla, qui n’avaient jamais connu d’infrastructure hydraulique à la taille des besoins des populations, verront très prochainement le démarrage effectif des travaux de leur infrastructure hydraulique. Et dans le cadre du programme Simandou 2040, l’eau est identifiée comme une priorité stratégique nationale. Cela traduit clairement la volonté du gouvernement de résoudre durablement la question de la nécessité d’accès à l’eau potable’’.
Il attire également l’attention sur la nécessité de lutter contre le gaspillage. ‘’Au-delà des infrastructures, il y a un combat plus profond, le combat contre le gaspillage. Dans nos rues, des conduites percées laissent couler l’eau, et trop souvent, nous passons à côté sans réagir. Chaque goutte perdue aujourd’hui est une crise que nous préparons demain’’, souligne-t-il.
Il fait remarquer que ‘’nous assistons à une prolifération incontrôlée des forages, qui constitue une menace silencieuse pour nos larves phréatiques. Il y a eu assez de temps perdu. Depuis 20 ans ou une trentaine d’années, l’investissement dans le secteur s’est rarifié’’.
Il révèle qu’un ‘’projet hydraulique qui coûtait 50 millions de dollars en 2016, 10 ans après, c’est-à-dire en 2026, pourrait coûter les 300 millions de dollars. Chaque année réduit notre capacité d’agir. Chaque année, l’inaction multiplie les coûts. Chaque retard réduit notre capacité de faire face aux déficits. Voilà pourquoi une nouvelle stratégie de mobilisation voit le jour’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11/boussourtiou.bah@visionguinee.info

